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Croissance de l’affacturage en France : décryptage

Le chiffre d’affaires des sociétés d’affacturage a de nouveau progressé de 8,9% en 2012 et les encours de financement sont en hausse de 2,2% sur un an, à 25,3 milliards d’euros. En parallèle, l’encours de crédit mobilisés auprès des banques est en très légère baisse sur les 18 derniers mois. Ces 2 tendances opposées traduisent la pression de plus en forte exercée par les banques pour financer les entreprises via des solutions d’affacturage.

Le chef d’entreprise a-t-il vraiment le choix ?
 
La Banque de France vient de publier une étude sur les sociétés d’affacturage, mettant en exergue les délais de paiement et le financement des PME au cœur des préoccupations économiques.

L’enquête s’inscrit dans un contexte général où de nombreux baromètres et études font état de difficultés accrues pour certaines entreprises -en particulier les TPE et PME- dans l’accès au crédit bancaire de court terme, tandis que leurs besoins de financement d’exploitation, nés de la persistance de délais de paiement élevés, ont atteint en 2012 un nouveau pic depuis 2009.

Face à la persistance de ces délais de paiement élevés qui est perçue comme un frein à la croissance de l’économie, l’affacturage est aujourd’hui devenu le deuxième moyen de financement bancaire court terme des entreprises derrière le découvert bancaire.

 

Principaux enseignements :



Dans un contexte économique difficile, le marché est en forte croissance (+8,9% en 2012 après +13,3% en 2011).
 
  • La croissance de ce marché est très supérieure à l’évolution des autres métiers du financement. La part des encours d’affacturage représentent 13,9% de l’ensemble des concours court terme (contre 12,6% en 2010).
  • Le crédit interentreprises constitue le premier mode de financement (5 fois plus important que les crédits bancaires à court terme).
  • Les délais de paiement entre les entreprises tendent à nouveau à s’allonger, générant des tensions de trésorerie et annihilant les effets de la LME. Les pratiques de contournements de la loi sont en recrudescence.

Selon le cabinet Altares, une défaillance d’entreprises sur 4 en 2012 est liée à des retards de paiement et un manque de vigilance sur les comportements de paiement de leurs clients. Souvent dans pareil cas, l’alternative au manque de trésorerie est le crédit interentreprises. Les reports de paiement constituent un indicateur privilégié du risque de défaillance.


 

Solution choisie ou subie ?



Le marché français de l’affacturage est très concentré : les 6 premiers intervenants concentrent 90% de part de marché.

Le marché de l’affacturage français étant très majoritairement dominé par des filiales de groupes bancaires (79 % de part de marché), l’accès au financement des entreprises ne serait pas efficient : en effet, les entreprises recourant à l’affactureur du groupe bancaire où sont domiciliés leurs comptes, le financement octroyé par voie d’affacturage prendrait essentiellement la forme d’un financement de substitution plutôt que d’un financement additionnel, à la place d’un financement de court terme qu’aurait accordé la banque.

L'offre de solutions évolue pour répondre aux besoins des grands comptes

 

 

Situation contrastée selon la cotation BDF



Les sociétés bien notées (3++, 3+ et3) sont en progression grâce à un effet volume généré par la clientèle de grands comptes
  • Les notations intermédiaires (4+ et 4) sont en baisse au profit des notations plus péjoratives (cotes 5 et suivantes).


 




Frédéric BEAU
Conseil en Financement - Allizé-Plasturgie
f.beau@allize-plasturgie.com

 
Sources
Banque de France : Sociétés d’affacturage – Octobre 2013
Altarès : Analyse 3ème trimestre 2013
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