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Les sous-traitants devraient rester sous pression en 2016

Les départements achats des entreprises françaises devraient continuer à exiger des réductions de coûts de leurs fournisseurs, même si elles pensent faire davantage d’efforts pour mieux respecter les délais de paiement, selon une importante étude venant d’être publiée.
Le Cabinet de Conseil en Achats AgileBuyer et l’Association des acheteurs polytechniciens X-Achats viennent de publier une étude intitulée « Les Priorités des Départements Achats en 2016 – ou la manière dont seront gérés les sous-traitants en 2016 ».

Cette étude a été réalisée à partir d’un questionnaire administré électroniquement à un panel ciblé d’acheteurs dans de nombreux domaines de l’industrie. Près de 500 réponses ont été assimilées à cette étude.

Les principaux enseignements pour notre filière sont les suivants :

1- La réduction des coûts est plus que jamais l’objectif numéro 1 des acheteurs, et ce quelque soit le secteur considéré.

Ainsi, 82% des professionnels des achats interrogés affirment que leur objectif premier pour l’année 2016 sera la réduction des coûts. Ce chiffre augmente de 5 points par rapport à 2015.

Le secteur chimie caoutchouc et plastique (auquel sont rattachés le bois, le papier et l’imprimerie pour les besoins de l’étude) est dans la norme (83 %).

Le secteur de l’automobile et de l’aéronautique voit quant à lui cet objectif bondir de 12 points par rapport à 2015, passant ainsi à 92 % en 2016.

2- 40% des sondés estiment que leurs relations fournisseurs se sont tendues au cours des trois précédentes années. (34 % pour le secteur chimie caoutchouc et plastique, 44 % pour le secteur de l’automobile et de l’aéronautique)

Pour 65 % des sondés, la première des causes à l’origine de ces tensions serait liée à l’augmentation des objectifs de réductions de coûts des achats fixés par les directions des entreprises concernées.

Parmi les autres causes mises en avant par les professionnels des achats sondés, on peut citer les réponses suivantes :
- « les réclamations financières, dans un sens comme dans l’autre, sont de plus en plus nombreuses » (33 %),
- « notre politique Qualité se durcit et met les fournisseurs face à leurs responsabilités » (31 %),
- « les fournisseurs mettent les acheteurs sous pression pour faire passer des augmentations tarifaires » (29 %),
- « nos conditions contractuelles types se sont durcies et les fournisseurs ne veulent pas les accepter sans contrepartie financière » (26 %),
- « les fournisseurs jouent sur des rapports de force qui sont en train de s’inverser en leur faveur » (18 %),
- « le prix des matières premières en augmentation a tendu la relation » (17 %).

Il ne fait nul doute que certaines de ces réponses ne manqueront pas de surprendre les sous-traitants…

3- Les achats « made in France » n’ont toujours pas la côte, même s’ils progressent.

Seuls 16 % des sondés ont des objectifs achats « Made in France » pour 2016 (contre 14 % pour 2015 et 13 % pour 2014).

Ainsi, malgré une promotion médiatique importante ces dernières années, le « Made in France » peine à prendre de l’essor. Ce fait est d’autant plus troublant qu’une écrasante majorité de sondés (70 %) déclare en parallèle ne rencontrer aucun frein à leur démarche d’achats « Made in France » : ni trop difficile, ni trop cher.

Comme le relève cette étude, il convient cependant de garder à l’esprit que « le rôle de l’acheteur est in fine de trouver l’offre la mieux adaptée aux besoins quelle qu’en soit sa provenance ».

En parallèle, 58% des sondés déclarent qu’acheter dans les pays à bas coûts n’est pas un axe de travail, en dépit des objectifs de réduction des coûts.

4 – Les achats sont davantage objectivés sur le respect des délais de paiements fournisseurs.

En effet, 65% des sondés prétendent que le respect des délais de paiement fera parti de leurs objectifs en 2016, chiffre en augmentation de 9 points par rapport à 2015.

On ne peut s’empêcher de relever qu’a contrario, le respect des délais de paiements fournisseurs n’est pas un objectif pour 35 % des sondés….

L’étude attribue cette hausse aux nouvelles mesures mises en place par Emmanuel Macron pour lutter contre les retards en matière de délais de paiement (renforcement des contrôles par la DGCCRF, augmentation des sanctions financières, publication du nom des entreprises sanctionnées, etc.).

Tels sont les principaux enseignements de cette étude, susceptibles d’intéresser les professionnels de notre filière.

Vous pouvez retrouver cette étude dans son intégralité sur le site internet du Cabinet Agile Buyer.

Pour toute question relative à cette étude, vous pouvez contacter Jérôme Vitré du Service juridique d’Allizé-Plasturgie.
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