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Rencontres Nationales de la sous-traitance Industrielle : l’état des lieux

Les Rencontres nationales de la sous-traitance industrielle se sont tenues du 22 au 23 janvier 2014 à Lyon (Cité des Entreprises). Elles rassemblaient des dirigeants d'entreprises de production de toute la France pour partager des réflexions et dessiner le cadre d'un nouveau projet industriel français, dont la sous-traitance demeure une composante essentielle.
Alors que la notion juridique de « bon père de famille » [bonus pater familias] n’a désormais plus sa place dans la législation française, remplacée par celle de gestion « raisonnable », les 2èmes rencontres nationales de la sous-traitance industrielle qui se tenait à Lyon, les 22 et 23 janvier 2014, se sont ouvertes sur la nécessité d’un approfondissement des liens entre client « donneur d’ordre » et fournisseur.

Il est temps en effet qu'on redevienne durablement raisonnable au lieu de s'entêter à s’opposer. Toutefois, l’ampleur de la défiance régnant entre les acteurs, que la crise n’a fait qu’accentuer notamment à propos des délais de paiement, nous renseigne sur l’intensité des efforts qui devront être consentis pour crédibiliser le nouveau « pacte de confiance » prôner par le médiateur des relations inter-entreprises, Pierre Pelouzet.  

Si les clés pour faire basculer la confrontation en travail collaboratif ne manquent pas grâce notamment aux missions curatives, à travers des médiations individuelles, collectives ou de branche, et aux missions préventives destinées à faire évoluer les comportements sur le long terme, via la Charte et le Label « Relations fournisseurs responsables », le chemin est encore long [environ 450 signataires de la Charte et seulement une quinzaine du Label !]. A cet égard, le verbatim des rencontres a permis, une fois encore, de cibler les raisons d’insatisfaction des fournisseurs vis-à-vis des acheteurs et ainsi de faire émerger leur ressenti spontané. Pour les uns, s’il s’agit bien de « répondre aux besoins des donneurs d'ordres », on ne saurait céder pour autant « à leurs désirs » ! Pour les autres, le parti pris qui consiste à substituer la notion de « co-traitance » [plus valorisante] à celle de « sous-traitance » [péjorative] ne doit pas conduire les parties à s’exonérer des notions juridiques protectrices des intérêts du sous-traitant. Il importe de ne pas lâcher la loi pour l'ombre et, par méconnaissance, on peut facilement tomber dans le piège du « sous-traitant bashing ».

Au-delà d’un discours parfois convenu, le risque de déclassement industriel de la France, dénoncé dès l’ouverture des assises par la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (Dgcis), est un moteur suffisant pour décréter l’état d’urgence sur les chantiers à venir : l’emploi, l’apprentissage, l’international, la performance industrielle, l’innovation, le financement du développement et de l’investissement.  Reste que l’agilité stratégique des PMI sous-traitantes au sein des chaînes de valeur passe nécessairement par un changement culturel, que chacun appel de ses vœux, et une remise en cause des méthodes du passé. Et bien que certaines tentatives n’aient pas donné des résultats très concluants dans la longue saga des lois éphémères de la tentative de régulation des relations interentreprises [dont le projet de loi Hamon relatif à la consommation est l’ultime péripétie], en tout état de cause les relations commerciales devront s’établir sur une base de considération réciproque.

Pour en savoir plus : Thierry Charles
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