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Conjoncture dans la plasturgie : chanson d'automne

Les sanglots longs des violons de l’économie française sont bien monotones…Avec une croissance molle année après année (+1.1% en 2015), le pays semble même relativement isolé d’un contexte mondial en constante évolution. Ainsi, le ralentissement chinois, souvent anticipé, est bel et bien là, forçant le FMI à abaisser ses prévisions de croissance pour 2015 (+3.1%) et 2016 (+3.6%) tout en n’excluant pas un atterrissage brutal de la deuxième économie mondiale.
Autres tendances structurantes, les grands pays émergents souffrent également d’un accès de faiblesse et les USA devraient – un jour – relever leurs taux d’intérêt. Cela pousse les investisseurs à rapatrier leurs capitaux dans les pays développés et, en lien avec ce mouvement, l’économie américaine va croître de +2.6% en 2015 et la zone euro de +1.6%.

En toile de fond, l’impact de facteurs à fort potentiel de déstabilisation comme l’afflux de liquidités gigantesques déversées sur les marchés financiers, la crise des migrants, la géopolitique du baril et celle des régions en conflit (Moyen-Orient, Ukraine), est très difficile à prévoir.

Malgré cet environnement plus qu’incertain, le climat des affaires dans l’industrie française est légèrement positif, et atteint même un plus haut depuis 1 an. L’économie française bénéficie en effet toujours d’une configuration astrale favorable : le taux de change euro/dollar est à un niveau faible et pourrait baisser à nouveau, favorisant ainsi l’export et limitant l’import de biens industriels; le prix du baril devrait se maintenir à son niveau actuel, ce qui va soutenir la consommation des ménages et abaisser le coût du transport de marchandises; les taux d’intérêt de la zone euro sont appelés à friser le 0% sur les prochaines années, ce qui facilite le financement des entreprises…pour celles que les banquiers acceptent de financer.

La volonté des dirigeants industriels français est donc forte, mais les indicateurs ne reflètent pas (encore ?) cette foi en l’avenir : la production industrielle a chuté de 0,8% en juillet, l’INSEE n’anticipe qu’une accélération modeste de l'investissement des entreprises en 2015 (+2,1% pour l’industrie manufacturière), et les taux d'utilisation des capacités de production sont toujours inférieurs aux moyennes historiques. Les mesures gouvernementales tardent à porter leurs effets, que ce soit le Pacte de Responsabilité qui est repoussé d’un trimestre pour cause de jonglerie budgétaire, le CICE dont les bénéfices sont encore flous et seraient trop faibles à l’échelle d’une entreprise,  et le dispositif de suramortissement dont le principe est pertinent mais la connaissance par les entreprises est perfectible.

 

L'été indien dans la plasturgie ?

 


La situation semble se décrisper progressivement pour les plasturgistes. L’enquête Conjoncture Plasturgie révèle de nombreux potentiels de croissance et d’activités soutenues. Si l’indicateur de comparaison mensuelle est biaisé par la faible activité du mois d’août, celui en comparaison annuelle illustre clairement l’amélioration de l’activité dans la plasturgie en 2015 : depuis le lancement de l’enquête, il n’y a jamais eu aussi peu de dirigeants constatant une dégradation de l’activité.



L’optimisme des dirigeants va de pair avec cette amélioration d’activité. Le solde d’opinion concernant les prévisions pour les mois suivants n’a jamais été aussi favorable en juillet, et là aussi le nombre de dirigeants anticipant une baisse d’activité pour les prochains mois n’a jamais été aussi bas.

La prochaine enquête permettra de vérifier si cet optimisme était justifié : les premiers retours terrain sont très hétérogènes, entre entreprises qui sont sur des marchés en croissance structurelle (nouveaux marchés du plastique), et celles qui revivent la même situation qu’en 2014 : un bon début d’année, suivi d’un second semestre plus tendu.En juillet, la crise matière impactait toujours l’activité de certains plasturgistes, « pris en otage » entre les fournisseurs d’un côté et les clients de l’autre qui fixent leur attention sur le prix du baril. En septembre, les prix sont logiquement repartis à la baisse (cf. Mercuriales des Prix de la Fédération), mais les producteurs maintiennent toujours un niveau de marge confortable. Plus largement, à l’heure où BASF annonce réduire ses programmes d’investissement en Europe, la profession se questionne sur l’avenir de la pétrochimie européenne.

Pour tout renseignement complémentaire n'hésitez pas à joindre le service d'Intelligence Economique.
 
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