Economie

| Economie

Transports : risque de paralysie sur un marché en situation de pénurie

Manque de chauffeurs, difficultés à trouver des camions, blocage de la voie ferroviaire au niveau de Rastatt… De nombreux adhérents nous ont signalé la situation catastrophique du marché des transports. Les grèves annoncées par FO et la CGT vont bientôt faire empirer les choses. 
Plusieurs plasturgistes sont alarmistes. La situation du marché français du transport routier est en effet peu enviable. Souvent confrontés à des difficultés d’approvisionnement en matières premières, les transformateurs doivent également redoubler d’efforts pour trouver des camions prêts à leurs livrer leurs matériaux ou à expédier les commandes de leurs clients. Si les problèmes sont bel et bien structurels, de nombreux facteurs conjoncturels n’ont fait qu’empirer les choses au cours des derniers mois.
 
 

Des chauffeurs en nombre insuffisant pour couvrir les besoins

 

Selon l’Union Transport et Logistique de France, ce marché connait une forte croissance depuis 2014. Or, la filière accuse un manque de près de 20 000 chauffeurs. Cette pénurie s’est largement fait ressentir au cours de l’été dernier, où la situation s’est avérée catastrophique. Les chauffeurs étrangers ne parviennent pas à combler l’écart existant entre l’offre et la demande. Ces derniers ont d’ailleurs tendance à quitter le marché français.

Les créations d’entreprises se multiplient et les offres de recrutement se font logiquement plus nombreuses. La réforme du code du travail, qui provoque justement la colère des chauffeurs routiers, ne risque pas d’arranger l’attractivité de ces postes qui ne trouvent pas preneurs. La fragilisation des contrats de travail et les facilités de procédure pour les licenciements économiques sont notamment dans la ligne de syndicats comme la CFDT et la CFTC. Le secteur se prépare donc à une aggravation de la pénurie de chauffeurs.

Les transporteurs, incapables de couvrir l’ensemble de la demande, se permettent donc de refuser les courses qu’ils ne jugent pas assez rentables. Certains plasturgistes nous signalent d’ailleurs des prix multipliés par deux sur certaines de leurs commandes habituelles. La solution offerte par les plateformes de transport ne s’avère pas toujours optimale. Les prix sont spot, et peuvent donc augmenter fortement en période de demande soutenue.
 
 
 

Allemagne : condensation des difficultés suite à la fermeture de la ligne ferroviaire du Rhin

 


Un tunnel s’effondrait le 12 août dernier près de Rastatt, en Allemagne, sur les voies ferroviaires du European Rail Freight Corridor 1. L’incident, causé par une montée des eaux, a provoqué la fermeture de cette ligne reliant le Rhin aux Alpes et où sont habituellement acheminées des marchandises. Si la Deutsche Bahn prévoit la réouverture des voies le 2 octobre au plus tôt, le mal est déjà fait.

La fermeture de cette ligne empêche le passage de plus d’une centaine de trains chaque jour. Les transporteurs n’ont pas toujours pu trouver des alternatives et de nombreuses livraisons ont été retardées. Les plasturgistes en ont particulièrement pâti pour tous leurs approvisionnements en matières premières en provenance de l’Allemagne.

Seuls 25% des volumes habituellement échangés entre la France, l’Autriche et l’Allemagne peuvent actuellement être transportés par voie ferroviaire. Le transport routier s’est donc substitué aux trains pour limiter les dégâts. Ce sont actuellement près de 350 camions qui effectuent les livraisons normalement acheminées par voies ferroviaires. Les routes ne sont cependant pas toutes fiables. Plusieurs transporteurs signalent en effet d’importants travaux sur plusieurs axes routiers censés relier ces différentes régions. Les retards s’accumulent donc et il faudra sans doute compter plusieurs semaines avant un retour à la normale, et ce malgré la réouverture anticipée de la ligne de fret.
 


 

Loi Travail : annonces de grèves très suivies le lundi 25 septembre

 


Les syndicats routiers de FO et de la CFDT et le gouvernement Philippe se rencontraient mercredi dernier pour échanger sur le contenu de la réforme du code du travail. Les négociations se sont soldées par un « échec », poussant les premiers à appeler à la grève généralisée le lundi 25 septembre prochain. Une « mobilisation massive » est promise.

Si les actions des routiers n’ont pas encore été clairement définies, on peut tout de même s’attendre au blocage des péages et des stations d’essence, ainsi qu’au ciblage des bases logistiques et des zones industrielles. Les plasturgistes doivent donc se préparer à un aggravement de la situation des transports dans les jours à venir. Il est en effet probable que ces grèves soient reconduites pendant l’automne.




 

Pas d’amélioration de la situation générale en perspective

 


Les plasturgistes et les industriels en général ne peuvent s’attendre à une amélioration de la situation au cours des mois, voire des années à venir. Le problème n’est pas uniquement français, il est également européen, notamment en termes de fret ferroviaire.

Les sources de difficultés sont multiples et bien souvent structurelles. Les trains dédiés au transport de marchandises en Union Européenne ne sont pas assez nombreux pour répondre à la demande. Les stations de transport intermodal ne suffisent pas ou alors sont mal organisées. Les Etats-membres ne fournissent pas un réel effort de coordination dans leurs projets de construction ou de réhabilitation des infrastructures. Enfin, les entreprises de transport et de logistique ne parviennent pas à recruter des chauffeurs en nombre suffisant, et leurs flottes ne sont pas assez développées.

Les plasturgistes sont donc contraints d’être inventifs pour pouvoir optimiser leurs supply chains et livrer leurs clients en temps et en heure. Certains ont évoqué la possibilité de négocier avec d’autres industriels avec qui ils ont des clients ou fournisseurs non-stratégiques en commun afin d’organiser ensemble leurs livraisons. D’autres envisagent de s’adresser directement à leurs clients pour trouver des solutions. Enfin, des transformateurs pensent, sérieusement ou non, à acheter des camions et recruter leurs propres chauffeurs.
 


 

Le Baromètre des Matières Plastiques fait bientôt sa rentrée

 



N’oubliez pas que le Baromètre des Matières Plastiques est l’occasion de faire remonter vos problèmes relatifs aux transports à la Fédération de la Plasturgie et des Composites ! Les données fournies seront notamment exploitées à des fins de lobbying pour défendre vos intérêts.
Pour rappel, la prochaine enquête approche. Elle sera ouverte mardi 3 octobre prochain et clôturée le 10. Il n'est donc pas trop tard pour vous y inscrire ! Pour ce faire, veuillez contacter Bibiane Arnaud-Barbaza, votre Délégué Territorial Allizé-Plasturgie ou bien un autre syndicat représentatif de la profession auquel vous adhérez.
 
Le BMP n'est destiné qu'aux adhérents des syndicats de la Fédération de la Plasturgie et des Composites. Seuls les répondants ayant fourni des données exploitables recevront la synthèse de l'enquête. Le traitement des réponses est effectué de façon scrupuleusement confidentielle, afin que l'anonymat des acheteurs et de leurs entreprises soit conservé.
 
 
*Cette article a été rédigé à l'aide de données obtenues dans le cadre de la veille stratégique et de bases de données du Service Intelligence Economique d'Allizé-Plasturgie.
Imprimer
Articles similaires