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Le Baromètre des Matières Plastiques fait sa rentrée !

La baisse des cours du styrène n’empêche pas les prix de l’ABS d’augmenter, tandis que le marché européen du PE se prépare à de nouvelles augmentations… La rentrée s’annonce plutôt mouvementée pour les plasturgistes. Ces derniers peuvent témoigner dans le BMP, afin de donner des armes à la Fédération de la Plasturgie et des Composites.
 

Mais à quoi sert le Baromètre des Matières Plastiques ?




Cette enquête bimestrielle et anonyme a pour objectif de fournir aux plasturgistes et à la profession une photographie de la situation du marché français des matières plastiques à un instant T. Elle donne aux transformateurs l’occasion de signaler toute Force Majeure, tout retard ou erreur de livraison et tout problème d’approvisionnement qu’ils ont rencontré pendant la période étudiée.

Les répondants, s’ils veulent recevoir la synthèse, doivent indiquer les prix pratiqués sur les matériaux qu’ils achètent. Cela permet à la Fédération de la Plasturgie et des Composites de faire une moyenne pour plusieurs plastiques : les PE, les PP, les PS, les ABS, les PA, le PU, le PC, le PMMA, le POM

Ces moyennes, qui s’accompagnent de prévisions à mois+1 et mois +2, peuvent ensuite servir de référence pour un travail de benchmark de la part des plasturgistes. Ces derniers peuvent alors comparer leurs prix à ceux affichés par le BMP, et savoir s’ils payent leurs matériaux trop cher par rapport au reste des répondants. Les prévisions, accompagnées de commentaires anonymes, de la part des répondants, fournissent quant à elle un outil d’anticipation.

L’ensemble de ces données, traitées de façon scrupuleusement anonyme afin que l’anonymat des acheteurs et de leurs entreprises soit conservé, servira de levier pour les actions de lobbying de la Fédération de la Plasturgie et des Composites, comme cela a déjà été le cas lors de la crise de 2015. Il est donc particulièrement important de réunir un nombre maximum de répondants afin de préserver la crédibilité de cette enquête.

Pour rappel, l'enquête s'est ouverte le mardi 3 octobre et sera clôturée le 10. Il n'est donc pas trop tard pour vous y inscrire ! Pour ce faire, veuillez contacter Bibiane Arnaud-Barbaza, votre Délégué Territorial Allizé-Plasturgie ou bien un autre syndicat représentatif de la profession auquel vous adhérez.

Attention toutefois, le BMP n'est destiné qu'aux adhérents des syndicats de la Fédération de la Plasturgie et des Composites. Seuls les répondants ayant fourni des données exploitables recevront la synthèse de l'enquête.



 

Baisse des cours du styrène et volatilité maîtrisée




La tendance baissière des prix spots européens du styrène devrait en principe continuer encore quelques temps. Le marché asiatique, connu pour influencer celui du Vieux Continent, affiche des prix bas. Les stocks y sont toutefois peu importants et la méfiance est donc de mise. Un phénomène d’exportation de la production européenne pourrait apparaître et faire repartir les prix européens à la hausse.

Les producteurs européens affirment maîtriser la volatilité du monomère. Selon eux, la situation n’est en rien comparable à celle de 2001, qui avait été marquée par une instabilité extrême. Les prix des dérivés sont en tout cas grandement influencés par la courbe du styrène, et cette volatilité-là est difficilement gérable pour les plasturgistes, qui peuvent en témoigner dans l’édition Septembre-Octobre du BMP.


 

ABS : les coûts sont constants mais les prix augmentent




Le marché européen de l’ABS a enregistré une hausse estimée à 120 euros/tonne en octobre, alors que les coûts de production sont plutôt stables. Si les cours du butadiène ont fortement augmenté, ceux du styrène baissent et maintiennent donc un certain équilibre.

Le butadiène est en effet passé de 125 euros/tonne à 900 euros/tonne, mais il ne représente que 18% de la constitution des coûts du polymère, contre 58% pour le styrène et 25% pour l’acrylonitrile selon le Platts. Les coûts doivent donc demeurer stables, malgré l’anticipation d’une hausse de ceux de l’acrylonitrile pour la fin du mois. Le sursaut des prix spots de l’ABS, qui ont presque atteint leur plus haut niveau depuis trois ans ce mois-ci, s’expliquerait par une forte demande.
 
 

Polyéthylène : les producteurs maintiennent un large spread




Les prix spots du polyéthylène se négocient actuellement dans le cadre d’un spread plutôt large. ICIS a constaté que le marché européen du PEHD pour injection soufflage est celui qui maintient le spread le plus important. Les plasturgistes qui utilisent ces grades sont en effet contraints de respecter les homologations de leurs clients, ce qui ne leur laisse que peu de marge de manœuvre lorsque les disponibilités sont réduites, comme c’est le cas aujourd’hui.

Les conséquences de l’ouragan Harvey se font d’ailleurs encore sentir. Les transformateurs basés aux Etats-Unis sont actuellement en situation de pénurie sur ces matériaux, et sont préparés à payer plus que les plasturgistes européens pour en obtenir. Les hausses sont toutefois limitées par la réticence des acheteurs européens qui comptent encore sur leurs stocks, remplis aux mois de juillet et d’août, pour alimenter leurs usines.

 

MMA et PMMA : la situation de l’offre est catastrophique




L’offre européenne en MMA connait actuellement des réductions extrêmes, au point que la European Petrochemical Association a décidé d’en faire l’un des thèmes principaux de 51ème réunion annuelle.

Lucite International a en effet déclaré un cas de Force Majeure sur son site de Cassel à la suite d’un problème technique, portant un nouveau coup à un marché déjà en situation de pénurie. L’impact de cette Force Majeure n’a pas tardé à se faire sentir, puisqu’un mouvement de panique a été observé du côté des traders.

Les plasturgistes attendent donc avec impatience le démarrage de la nouvelle unité de production de MMA et de PMMA de SAMAC, fruit d’une joint-venture entre Mitsubishi Rayon et Sabic. Ce site, basé au Moyen-Orient, devrait commencer à produire au cours du dernier trimestre 2017. Les volumes ainsi produits ne devraient toutefois pas immédiatement soulager le marché puisque les Etats-Unis sont également très demandeurs suite aux dégâts causés par l’ouragan Harvey.
 
*Cette article a été rédigé à l'aide de données obtenues dans le cadre de la veille stratégique et de bases de données du Service Intelligence Economique d'Allizé-Plasturgie.
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