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Tendances de prix second semestre 2017 : une seule certitude, celle de prix volatiles

S’il n’est jamais possible de prévoir avec justesse les ordres de prix des matières plastiques, quelques éléments conjoncturels peuvent toutefois permettre aux plasturgistes de se faire une idée de ce qui les attend.

Un été 2017 sous le signe de la douceur




Le second semestre 2017 démarrera avec la période estivale. C’est en général à ce moment-là que les producteurs entament leurs manœuvres de déstockage, notamment sur les matières de commodités (les PE, PP, PS, PVC, et aux yeux de certains les ABS et PA). L’offre va donc augmenter, et les prix vont baisser. Cela est d’autant plus vrai que de nombreuses usines européennes vont fermer quelques semaines, le temps des vacances. Les acheteurs devraient donc en profiter pour refaire leurs stocks et se préparer à des temps plus difficiles.

Il faudra cependant tenir compte de la période du Ramadan, censée démarrer fin mai. Son occurrence entraîne chaque année des baisses sensibles de la production pétrolière au Moyen-Orient. A cela s’ajoute l’accord récemment signé par Moscou et Riyad dans le but de réduire la production de pétrole. Les Etats-Unis et l’Iran continueront toutefois d’inonder le marché, mais le baril pourrait tout de même connaître quelques variations à la hausse si l'on estime que les prix actuels, les plus bas de cette année, constituent un plancher. Cela pourrait entraîner l’augmentation des coûts de l’éthylène, du propylène et du styrène, que les grands producteurs n’hésiteront pas à reporter sur les dérivés pour préserver leurs marges.

 
 

Attention au climat social




S’il est des cigales, il vaudra mieux être fourmi à la rentrée. L’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la France risque en effet de causer de fortes perturbations dès cet été et plus encore en septembre. Pour rappel, la Loi Travail avait provoqué d’importantes grèves au sein de nombreuses raffineries en mai 2016. Sa deuxième version, que le Président souhaite imposer par ordonnance dès cet été, provoquera sans doute la colère des travailleurs des transports et de la pétrochimie. Les plasturgistes doivent donc impérativement se préparer à de graves difficultés d’approvisionnement.

Les acheteurs pourront peut-être tirer profit du redressement de la zone euro. La monnaie européenne a atteint son plus haut niveau depuis l’élection de Donald Trump la semaine dernière. Un euro fort signifie que le Vieux Continent est attractif pour les exportateurs de résines basés à l’étranger. Ils pourraient donc venir soulager le marché européen en venant renflouer l’offre locale si jamais celle-ci venait à se tarir. Dans tous les cas, les plasturgistes peuvent s’attendre à des niveaux de prix assez hauts.


 

L’espoir venu d’ailleurs




Le fait que l’offre soit largement excédentaire à l’échelle mondiale, en particulier parce que l’Asie investit massivement dans ses capacités de production, ne peut garantir la sécurité aux plasturgistes européens. La premier semestre 2017 l’a bien montré. Les prix des feedstocks sont particulièrement volatiles, et les raisons de leurs envolées sont parfois difficilement identifiables. L’explosion des coûts du styrène, qui a provoqué de fortes augmentations des prix des PS et des ABS autour du mois de mars dernier en est l’exemple. Certains plasturgistes ont été confrontés à des hausses successives à trois chiffres, sur un trimestre. Depuis, les prix du styrène chutent, mais ceux de ses dérivés baissent moins rapidement.

Des matières connues pour leur stabilité, comme les polyamides, n’y ont pas échappé. Les difficultés d’approvisionnement des producteurs de PA en caprolactam, causées par des Forces Majeures, ont provoqué une onde de choc sur le marché européen avec de très fortes augmentations. Ce marché particulier n’est pas près de voir sa situation s’améliorer puisque les producteurs ont tendance à se concentrer toujours plus.


Les plasturgistes ont donc tout intérêt à diversifier leurs sources d’approvisionnement. Il leur faut faire homologuer plusieurs grades de matières par leurs clients, et de préférence multiplier les fournisseurs lorsque cela est possible. Ils peuvent également acheter à l’étranger, si leurs conditions de production le leur permettent, notamment en Asie où les prix sont globalement moins élevés. La volatilité des prix des matières demeure une garantie en Europe. Pour s’y adapter, les acheteurs devront faire preuve de toujours plus de réactivité et d’inventivité.

La prochaine enquête du Baromètre des Matières Plastiques aura lieu du mardi 30 mai au mercredi 7 juin 2017.
Pour vous y inscrire, vous pouvez contacter Bibiane Arnaud-Barbaza.

Pour rappel, cette enquête n'est destinées qu'aux adhérents des syndicats de la Fédération de la Plasturgie et des Composites. Seuls les répondants ayant fourni un questionnaire dont les données sont exploitables reçoivent la synthèse. Les données sont traitées de façon strictement anonyme.

Cet article a été régidé à partir de la veille du Service d'Intelligence Economique d'Allizé-Plasturgie et des données d'agences de notation.
 
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