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Lettre ouverte de la Plasturgie au Premier Ministre

La Fédération de la Plasturgie, par la voix de sa Présidente Florence Poivey, s'alarme des mesures fiscales annoncées
Levallois, le 10 octobre 2012

Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-moi d’attirer très fortement votre attention sur l’inquiétude extrême que les mesures fiscales que vous avez annoncées suscitent dans la Profession.

Je voudrais pointer votre attention sur l’une d’entre elles, très en particulier, due à la structure singulièrement atomisée de notre secteur. Avec 3 800 entreprises employant 140 000 salariés, soit une moyenne de 36 salariés par entreprise, notre branche professionnelle nécessitera une recomposition
rapidement. A titre de comparaison, nos confrères allemands et néanmoins nos compétiteurs, sont eux à une moyenne de 90 salariés.

Cette recomposition passera très probablement par des alliances commerciales et techniques mais aussi nécessairement par une concentration ou des regroupements de différentes natures de nos entreprises.

Ces voies stratégiques permettront d’atteindre des tailles critiques économiques et donc de répondre à la fois aux impératifs de défense de nos marchés, mais aussi au besoin d’une dynamique de conquête reposant sur l’exportation et l’innovation.

Bien évidemment, ces évolutions ne pourront se faire que dans un cadre législatif approprié : acquisition, fusion et traitement des successions sont les maîtres mots d’une telle restructuration. Le régime fiscal du traitement des plus-values est l’arme principale d’un tel mouvement. Il peut tout bloquer ou tout accélérer.

C’est uniquement au prix d’un cadre fiscal favorable à ce type de transaction qu’un secteur industriel comme la Plasturgie, aujourd’hui véritable moteur d’innovation présent dans toutes les filières d’avenir, pourra faire émerger dans un temps relativement court des PME atteignant une taille critique et par là-même capables de gagner les enjeux de R&D et de compétitivité.

Au-delà de l’effort de solidarité pour renforcer la position de la France qui n’est pas discutable, les projets actuels du gouvernement en matière fiscale vont à l’encontre à moyen et à long termes de cette recomposition nécessaire de la Plasturgie, et sûrement d’autres secteurs industriels très voisins du nôtre.

Monsieur le Premier Ministre, notre désaccord total avec les nouvelles dispositions gouvernementales est à prendre en compte.

La précipitation d’objectifs à très court terme dans laquelle elles ont été prises ne pourra que retarder la restructuration de la Plasturgie, aujourd’hui en grand danger. En effet, nos incertitudes en termes d’approvisionnement de nos matières premières et de notre non-compétitivité sont de taille, vous le
savez.

Malgré la crise, les Plasturgistes ont réussi à ce jour à préserver l’emploi mais pour combien de temps encore !

Monsieur le Premier Ministre, nous comptons sur votre clairvoyance et votre volonté affichée d’une Industrie française revitalisée et fer de lance d’une confiance retrouvée pour offrir aux entrepreneurs que nous sommes des passerelles d’avenir et non des freins.

Nous appelons de nos voeux de pouvoir construire et améliorer ensemble ces passerelles d’avenir.

Florence POIVEY
Présidente de la Fédération de la Plasturgie
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