Stratégie & management

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K2010 : la green attitude

Au salon K 2010, la Green attitude s'affichait en grand au travers des mots Bio et Green. Mais qu'est- ce que ces deux mots signifient réellement? Est-ce un simple effet de mode? Qu'elles sont les futures tendances dans le domaine de l'éco-acceptable? Qu'elles sont les démarches mises en place par les acteurs de la plasturgie pour répondre au véritable tsunami vert qui submerge notre époque industrielle actuelle?

Au salon K 2010, la Green attitude s'affichait en grand au travers des mots Bio et Green. Mais qu'est- ce que ces deux mots signifient réellement? Est-ce un simple effet de mode? Qu'elles sont les futures tendances dans le domaine de l'éco-acceptable? Qu'elles sont les démarches mises en place par les acteurs de la plasturgie pour répondre au véritable tsunami vert qui submerge notre époque industrielle actuelle ?

Pour les industriels, il n'existe pas de standard "vert" universel qui permette de répondre à la logique purement environnementale que doivent intégrer les produits à l'heure actuelle. La notion de "produit vert" est, indépendamment du standard environnemental que l'on essaye de normaliser par des règles, ce que les clients ont besoin de trouver au niveau des produits qu'ils consomment quotidiennement en adéquation avec leurs propres principes d'éco-responsabilité.
Face à la diversité éco-responsable, tout l'enjeu marketing de nombreux industriels est de présenter une "green" attitude permettant de répondre, en tenant compte de cette diversité, à la demande du marché. Cette diversité éco-responsable entraine une diversité dans la réponse des industriels, réponse qui peut être uniquement dictée par un facteur purement économique ou par une démarche intégrée dans un processus global d'éco-conception. Ce que nous définissons réellement par vert n'existe pas encore dans le monde de la plasturgie mais de nombreux acteurs de la plasturgie font appel à ce mot dans la définition marketing de leurs produits.

La demande du marché pour les produits à connotation écologique est en pleine croissance et certaines marques n'hésitent plus à communiquer de manière très prononcée sur les attraits environnementaux de leurs produits. C'est pourquoi les développements de nouveaux produits intègrent de plus en plus le facteur Vert, et ceci dans tous les secteurs de l'industrie. Pour de nombreux industriels, associer le mot Vert à leur produit signifie simplement être en accord avec l'environnement.
Dans l'industrie chimique aussi, notamment dans la formulation des résines, le développement de nouveaux produits est de plus en plus affecté par les exigences dictées par les lois environnementales. La prise de conscience de la part des consommateurs pour l'écologiquement correct accélère la tendance vers des solutions en matières plastiques, "amies" de l'environnement. La démarche verte ne se fait pas uniquement ressentir au niveau des matières mais également dans les procédés de transformation et par l'organisation de filières de recyclage. Les fabricants de machines et de matériels travaillent de plus en plus sur l'impact environnemental de leurs produits aussi bien en conception par une optimisation du choix des matériaux qui minimise l'impact sur l'environnement, qu'en utilisation par une diminution des coûts énergétiques et des rejets de polluants.
La filière recyclage est source de nombreuses améliorations technologiques qui sont à l'origine de l'attrait de plus en plus significatif pour les matières recyclées dont les caractéristiques techniques de rapprochent de celles des matières vierges. Certains grands noms de la formulation n'hésitent plus à communiquer sur l'intérêt et les performances des matières recyclées par la commercialisation de produits basés sur une matière mixte résine vierge-résine recyclée. Les techniques de tri et de valorisation des matières plastiques en fin de vie se font elles aussi plus responsable de l'environnement en diminuant de manière significative la consommation d'eau et le volume d'eau de lavage à traiter.
 

Les matériaux plastiques se mettent au vert
 

Au niveau des résines, le taux de composés organiques volatiles contenus dans les produits et les matières vierges est certainement l'indicateur le plus important pour dire combien un produit est Vert. Cependant, les formulateurs de résines doivent toujours s'interroger sur quelles exigences doivent être respectées dans le développement d'un système environnementalement acceptable, que les matières premières soient particulièrement adaptées pour être en adéquation avec ces exigences, et où ces matières peuvent être procurées au mieux pour l'environnement et l'être humain. Les formulateurs de résines veulent être certain également que le fait qu'une matière soit environnementalement acceptable n'entraine pas un impact technologique défavorable sur le produit final. Pour de nombreux acteurs de la plasturgie, qualité technique et compatibilité environnementale ne sont pas des notions aussi antagonistes que cela. Bien au contraire, c'est pourquoi le nombre de produits ou de technologies alliant à la fois qualité technique et compatibilité environnementale, était si important sur le salon K 2010. Pour l'essentiel, les résines plastiques à forte connotation environnementale, ou bioplastiques, sont essentiellement formulées à partir de matières renouvelables issues de l'agriculture et de matières d'origine végétale ou animale. Pour certaines matières, le facteur environnemental est abordé par le biais du recyclage avec des matières plastiques recyclées intégrées à des taux variables dans les résines commercialisées. En fonction de la démarche environnementale du formulateur, la résine qu'il commercialise, peut être formulée intégralement ou partiellement à partir de matières plastiques recyclées.

La société BIOSPHERE, entreprise spécialisée dans le développement et la synthèse de biorésines, développe et commercialise la gamme de résines Bioplast. A ce jour, le développement d'applications techniques et industrielles lui permet de mettre en avant le potentiel technologique de ses formulations par la réalisation de pièces plastiques rigides aussi bien dans le domaine de l'injection (pieux de sol, couverts, bacs à fleurs, tee de golf) que dans le domaine du thermoformage avec des produits pouvant être en contact alimentaire (barquettes alimentaires, barquettes pour l'horticulture). Les produits fabriqués sur la base des résines Bioplast sont biodégradables et compostables selon la norme EN 13432 : 2000.

La société EVONIK INDUSTRIES développe et fabrique des polymères à haute performance pour les marchés de l'automobile, de la mode, de la santé et de l'agroalimentaire. Dernièrement, elle a notamment développée les polyamides VESTAMID Terra, qui sont des polyamides intégralement ou partiellement basés sur une matière première renouvelable. Les deux monomères rentrant dans la formulation de base sont extrait de l'huile de castor. Afin de vérifier l'impact environnemental de ses résines par rapport à des produits plus traditionnels qu'elle possède également en gamme, elle a réalisé une analyse de cycle de vie de ses produits en s'appuyant sur le logiciel GaBi qui met en avant un bénéfice environnemental.

La société TEIJIN commercialise un bioplastique sous la marque Biofront qui est un PLA (Acide polylactique) avec une HDT fonction du grade du matériau comprise entre 60 et 190°C et qui est supérieure à celle des PLA plus conventionnels. Par rapport au PLA standard, le Biofront montre une meilleure stabilité à l'hydrolyse, un taux de cristallinité supérieur de 25% et un temps de cycle divisé par deux. Ce matériau montre tout son intérêt pour des applications de moulage par injection. PANASONIC l'utilise dans ses nouveaux produits de téléphonie mobile.

La société TEKNOR APEX propose de nouveaux additifs pour le PLA. Des additifs modificateurs d'impact permettent d'améliorer les propriétés à l'impact du PLA qui est à la base, un matériau au comportement fragile et ceci  pour des niveaux d'impacts de faible intensité. Des additifs jouent le rôle d'agents démoulant et facilite par la même, la transformation du PLA. D'autres additifs permettent d'augmenter la résistance à la force de traction qui peut être appliquée sur le matériau dans certains procédés de transformation comme le thermoformage ou l'extrusion. La société TEKNOR APEX est à même de préparer des formulations spécifiques qui prennent en compte les besoins spécifiques du procédé de transformation, les paramètres désirés de transformation de la matière et les performances requises du produit fini.

La société MIREL PLASTICS a développé un bioplastiques sous la marque commerciale Mirel bioplastics qui est un PHA (Polyhydroxyalkanoate) qui a pour fonction de remplacer le polypropylène dans les emballages de produits cosmétiques. L'avantage de ce matériau, en plus d'être biodégradable est qu'il s'intègre parfaitement dans les procédés de transformation utilisés pour le polypropylène sans modifications des outillages. Les caractéristiques techniques des produits obtenus avec le PHA sont comparables à celles obtenues avec des polymères plus conventionnels issus de la pétrochimie. Ce matériau est un polyester semi-cristallin formulé pour la technique de moulage par injection qui peut également facilement être coloré par l'ajout d'additifs sans que ces derniers ne modifient les caractéristiques techniques et la biodégradabilité du matériau.

La société NOVAMONT présente deux gammes de bioplastiques. La gamme MATER-Bi, qui sont des matériaux plastiques biodégradables formulés à partir de composants végétaux comme l'amidon, la cellulose. La politique de la société NOVAMONT est de faire que ces produits ne soient pas issus de récoltes à vocation alimentaire. Les matériaux Mater-Bi peuvent être transformés avec les technologies traditionnelles et trouvent des applications dans différents secteurs de l'industrie en étant intégrés dans la conception de nombreux biens de consommation. La gamme ORIGO-BI qui fait partie de la famille des polyesters, est formulée à partir d'huiles végétales. Cette gamme de bioplastique permet de couvrir les principaux procédés de transformation traditionnels.

La société FKUR KUNSTSTOFF a développé en partenariat avec l'institut FRAUNHOFER les gammes de produits Bio-Flex et Biograde. La gamme Bio-Flex est un mélange sur base principale co-polyester contenant un grand pourcentage de composés issus des ressources naturelles. Ces matériaux ont des propriétés mécaniques comparables à celles des plastiques de commodités tout en associant des propriétés barrières supérieures. Ces matériaux qui peuvent être facilement mis en forme et facilement colorables, sont principalement utilisés pour des applications de packaging. La gamme Biograde dont la formulation est basée sur un composé cellulosique est spécifiquement élaborée pour les applications de moulage par injection.

Pour 2012, la société ARKEMA souhaite réaliser 10% de son chiffre d'affaires avec des produits issus de ressources renouvelables. Par ressources renouvelables, la société ARKEMA s'est fixée comme objectif d'utiliser des ressources non concurrentes des ressources alimentaires et n'entrainant pas un impact négatif sur l'environnement comme la déforestation. En alternative au polyamide 12 issu des ressources pétrolières, la société ARKEMA propose le polyamide 11 commercialisé sous la marque RILSAN, un polymère d'origine 100% renouvelable dérivé de l'huile de ricin.

La société DUPONT propose également plusieurs solutions de produits verts : Un polyester contenant 20% de dérivés du maïs commercialisé sous la marque SORONA, la gamme d'élastomère HYTREL à base d'ester issu de ressources renouvelables et des polyamides 10.10 e 6.10 dérivés de l'huile de ricin.

Dans sa démarche d'offrir des produits verts, RODHIA commercialise également un polyamide 6.10 dérivé de l'huile de ricin.

D'autres comme la société WELLS PLASTICS LIMITED abordent la question GREEN de leurs produits en jouant la carte des oxo-biodégradables. Les produits REVERTE sont des mélanges maitres à base d'additifs oxo-biodégradables développés pour une large gamme de polymères et montrent toute leur utilité dans l'emballage. Les solutions de la société WELLS PLASTICS LIMITED se différencient des autres par un plus grand contrôle et une meilleure prédictibilité de la dégradation des matières plastiques et ceci à de faibles pourcentages. Ces additifs présentent l'avantage de conserver les propriétés physiques et optiques des matériaux plastiques et d'être approuvés pour les applications alimentaires.

Certains acteurs de la plasturgie essayent d'adopter la green attitude en donnant une image environnementalement plus positive de leurs produits par l'ajout de fibres naturelles dans les matières plastiques. Par cette solution technique, les industriels démontre l'écologiquement correct de leur produit en essayant d'appliquer l'équation suivante qui est de dire : moins de plastique = moins de pétrole = plus écologique.

La société CHUAN DURN PLASTIC INDUSTRIE réalisait des démonstrations d'extrusion de profilé et d'injection de pièces plastiques avec des polyéthylènes chargés de fibres de bois pour démontrer le potentiel technique de sa gamme EcoTech. Les matériaux de la gamme EcoTech sont des matériaux composites à base de fibres de bois qui servent pour des applications dans le bâtiment et l'automobile.

La société BEOLOGIC NV, pionnière européenne dans les composites à fibres naturelles depuis le début les années 2000, réalise des formulations basées sur différents types de fibres naturelles et de résines polymères. La société développe des formulations en adéquation avec les procédés industriels comme l'extrusion et l'injection, mais également des formulations spécifiques pour la coextrusion, le rotomoulage et la fabrication de mousses techniques. Les matières plastiques standards sont le PVC, le PP et le PE.
Mais la société est à même de développer des formulations à partir de PS, d'ABS et de biopolymères comme le PLA. Le choix des fibres, leur longueur et leur pourcentage est fonction de la demande du client. La société BEOLOGIC NV se différencie de ses concurrentes par le fait qu'elle offre à ses clients un véritable partenariat dans le développement de leurs produits en mettant à leur disposition un support technique et un service de réalisation des outillages. Son service de support technique est là pour démontrer la faisabilité des projets par l'accompagnement dans la conception et la mise à disposition d'une ligne de fabrication afin de réaliser les prototypes. Le département outillage apporte aux clients tout son savoir-faire dans la conception d'outillages pour l'extrusion de matières chargées de fibres naturelles.

La société FKUR KUNSTSTOFF a développé sous la gamme FIBROLON, des résines chargées de fibres naturelles qui peuvent être facilement injectées ou extrudées sur des outillages standards. Les taux de charges en fibres naturelles sont de 50 % pour des résines de type PLA, PP et PE. Ces produits sont appliqués dans l'automobile, dans l'agroalimentaire et  dans le bâtiment.

Un des axes de recherche du Centre de Recherche Technique de Finlande (VTT) est le développement des bio-composites. Selon le VTT, depuis ces dix dernières années, de nombreux contrats de recherche ont concerné les fibres naturelles et les bio-composites. Ces matériaux sont mêmes devenus un axe de développement prioritaire pour le gouvernement Finlandais, ceci peut se comprendre par les opportunités économiques et le potentiel de ressource en fibres naturelles qu'offre la forêt finlandaise.
Le VTT mène des recherches sur les possibilités de combinaison entre les fibres de bois et les polymères biosourcés comme le PLA et le PA 11. Afin d'optimiser l'effet renfort, le centre procède également à des essais de fonctionnalisation de la surface de fibres naturelles, et ceci avec deux principaux objectifs qui sont de favoriser l'adhésion entre les fibres et la matière plastique et de pouvoir développer des produits pour le médicale et la cosmétique. Pour les bio composites, ces deux marchés seront envisageables avec cette technologie, car le traitement de surface permet de sécuriser l'enrobage et l'accrochage des fibres dans la matière plastique, contrainte nécessaire pour ces deux secteurs d'activité ou l'on doit éviter toute migration de particules. Ces recherches portent non seulement sur les matériaux mais également sur les procédés de transformations.

Les matières plastiques peuvent également jouer la fibre environnementale en intervenant dans la conception de produits non pas par leur nature chimique mais par l'avantage technique qu'elles peuvent engendrer par rapport à des matériaux plus traditionnels comme les métaux ou le verre. Ainsi, la société SABIC IP développe des applications où les matériaux plastiques permettront de réduire la consommation d'énergie. L'idée est de remplacer les matériaux métalliques et le verre respectivement par le NORYL et le LEXAN dans des applications automobiles, ce qui permettra un allégement et par la même une réduction de la consommation de carburant.
Les polyamides 6 chargés de fibres de verre de la société A SCHULMAN permettent un gain en densité de 9% par rapport à un polyamide standard et donc de réaliser à volume équivalent des pièces plus légères. Le composite Evolite développé par RHODIA est un préimprégné constitué d’une matrice polyamide renforcée avec des tissus de fibres continues, qui se met en œuvre par thermocompression. Ce composite permet de remplacer le métal en apportant réduction de poids, réduction de coût et amélioration des possibilités de design et de mise en œuvre. Il trouve applications dans les secteurs des transports, de la construction et du sport et loisirs. L'aéroplane à énergie solaire, Solar Impulse, a bénéficié du savoir-faire conjugué de BAYER et de SOLVAY pour démontrer que les matières plastiques peuvent permettre d'alléger les structures tout en conservant des performances techniques. 
 

Les procédés comme éco-acteurs
 

Les solutions réduisant l'emploi de produits toxiques sont un autre axe de développement pour rendre les matières plastiques écologiquement acceptables. Les formulateurs d'additifs, de colorants et de charges mettent à disposition des transformateurs des produits contenant de faibles teneurs en produits toxiques. Certaines charges comme les nanomatériaux permettent en apportant des fonctionnalités aux matières plastiques d'éviter des post-traitements souvent générateurs de rejets polluants pour l'environnement.
Ainsi, l'ajout de nanoparticules conductrices comme les nanotubes de carbone directement dans la matrice polymère lors de la phase de mise en forme évite d'avoir recours à des traitements de surface et à l'application d'un revêtement conducteur sur la pièce plastique en sortie d'outillage. Les retardateurs de flamme sont sans produits halogénés. Le mélange d''ABS et de PA commercialisé par A SCHULMAN est un produit qui présente une excellente qualité de surface en sortie de moule, dispensant ainsi de l'application de peinture sur les pièces. De même, et avec l'idée de réduire l'émission de polluants, le traitement par plasma atmosphérique est une alternative intéressante au traitement chimique pour l'activation de surface des matières plastiques en vu d'améliorer leur mouillabilité (peinture) et l'adhésion (collage). La société ACXYS TECHNOLOGIES propose toute une gamme de solutions de traitement par plasma atmosphérique adaptables directement sur les lignes de production existantes.

Les procédés de transformation interviennent également dans le bilan environnemental d'un produit. L'impact d'un procédé de transformation peut être réduit au travers des caractéristiques techniques de l'outillage et des caractéristiques de transformation de la matière à mettre en forme. La démarche de la société TECHNOCOMPOUND est de travailler sur les caractéristiques de transformation des matières qu'elle formule tout en maintenant les caractéristiques techniques.
Elle a élaboré un nouveau PET qui se met en œuvre dans un outillage à 90°C au lieu de 130°C pour des applications équivalentes. Sur un autre registre, la société RHODIA renforce le partenariat avec ses clients en leur mettant à disposition son outil de prédiction, le logiciel MMI Confident Design, qui permet de dimensionner les pièces et de simuler le moulage par injection. D'après RHODIA, ce logiciel permet dans sa fonction première, de faciliter le  développement de pièces en plastiques, mais et surtout d’optimiser les coûts, les temps de développement, la réduction de poids, la résistance mécanique, l’impact environnemental et l’intégration de fonctions. Les fabricants d'outillages travaillent sur la conception en optimisant la circulation des fluides au plus proche de la surface des pièces, permettant de réduire les temps de cycle. La conception des outillages intègre une démarche d'éco-conception par le choix des matériaux et les méthodes de fabrication.
 

Le recyclage, un outil environnemental en développement
 

Parmi les différentes voies qui sont actuellement exploitées pour proposer des solutions ayant un faible impact sur l’environnement, le recyclage des matériaux plastiques est source de nombreux programme de développement. Pour de nombreux acteurs de la plasturgie et notamment les fabricants de matières premières, développer le recyclage et la filière recyclage est une stratégie beaucoup plus porteuse pour l'image des plastiques que les matériaux biosourcés.

Dans sa stratégie de développement de matériaux verts, SOLVAY communique en faisant référence aux actions de l’American Chemistry Council qui, aux Etats Unis, veut agir sur la perception du grand public vis à vis des plastiques par la promotion du recyclage, solution considérée comme l’une des solutions clés dans les années à venir.

Concernant les matériaux recyclés, trois grandes tendances se dégagent avec le recyclage mécanique des rebuts de production, le recyclage mécanique des produits en fin de vie et le recyclage par voie chimique permettant de revenir aux constituants de base. Les matières issues d'un recyclage mécanique sont dans la plupart des cas, mixées avec des matières vierges afin que le produit final conserve de bonnes propriétés. Le recyclage par voie chimique permet quant à lui d'obtenir des matières ayant des propriétés comparables à celles des matières vierges et ces dernières peuvent être utilisées non mixées dans la conception d'un produit.

La Société RHODIA promeut le recyclage par la mise en place de partenariats avec ses clients afin de favoriser la récupération des matières provenant de produits en fin de vie. Elle  communique notamment sur sa collaboration avec la société MILLET qui est un fabricant d’équipements de montagne et qui se préoccupe de par son secteur d'activité de la préservation de l’environnement.  Cette collaboration se concrétise par la mise en place d'une filière de collecte des cordes de montagne usagées dans les magasins commercialisant les matériels de montagne de la marque. Rhodia utilise cette source d'approvisionnement pour générer des polyamides après broyage et reformulation. Ces polyamides sont ensuite revendus à la Société MILLET pour être intégrés dans de nouveaux produits. Au vu du succès de cette collaboration, la Société RHODIA envisage de développer d'avantage ce type de partenariat avec d’autres clients.

La société LANXESS affiche ses ambitions "green" au travers du slogan "Polymères pour un futur durable". Elle commercialise un mélange PBT / PET dont le PET est issu des bouteilles en fin de vie. Mais, vu la disponibilité des nombreuses sources de bouteilles usagées, la qualité du produit final équivalente à un PBT classique est obtenue par la mise en place de critères de sélection des paillettes de PET. Au final, le mélange PBT/PET est vendu à des niveaux de prix équivalent au PBT classique, mais il permet ainsi de répondre aux demandes de plus en plus importantes du marché pour les "produits verts".
Le mélange trouve aujourd’hui des applications dans les équipements domotiques de l’habitat, mais la société envisage de développer d’autres applications sur d'autres secteurs. Dans une démarche similaire, LANXESS, avec l'objectif de recycler les rebuts de production interne, essaye de commercialiser un polyamide 6.6 chargé en fibres verre dont 20% est issu du recyclage interne. Le produit connait une phase de commercialisation difficile car il est vendu à un prix comparable à celui d'un polyamide 66 chargé fibres de verre classique pour des performances techniques inférieures. La baisse de performance mécanique estimée à 10% est imputable à la réduction de la longueur moyenne des fibres de verre, conséquence de l'opération de broyage subit par le polyamide recyclé. De même, LANXESS envisage dans un avenir très proche et dans une première phase de test de mettre en place aux Etats-Unis une filière de recyclage des moquettes usagées. Pourquoi les Etats-Unis ? Parce que le volume de moquettes usagées y est très important et que c'est une source de produits en fin de vie qui permet d'obtenir de polyamide de qualités techniques très intéressantes.

Pour la société A.SCHULMAN, les axes "matériaux verts" outre l'utilisation de fibres naturelles concernent l’emploi de matière recyclée par la commercialisation d'un mélange de PBT et PET contenant plus de 40% de PET issu des bouteilles en fin de vie. La société annonce pour ce produit des caractéristiques techniques semblables au PBT classique.

La demande pour l'emploi de matières recyclées dans la conception de produits est croissante selon la société BOREALIS. Elle fait également le constat que les filières de récupération se mettent en place de manière concrète et que le tri des matières plastiques progresse qualitativement et quantitativement, ce qui rend les matières recyclées de plus en plus attractives de par leurs qualités et leurs disponibilités. La société BOREALIS se démarque de ces concurrents dans la manière d'aborder la problématique du recyclage. La stratégie de la société est de développer une matière première vierge à haute valeur ajoutée qui viendra en quelque sorte doper la matière recyclée et permettra d'obtenir au final une matière mélangée présentant des caractéristiques techniques intéressantes. Concrètement, la société a mis au point un polypropylène aux caractéristiques spécifiques élevées sous la dénomination PP4R. Ce polypropylène PP4R peut être mélangé directement sur site par le transformateur et, avec des moyens classiques, à un polypropylène recyclé. Afin de démontrer la faisabilité technique de la solution, la société exposait sur son stand un chariot de supermarché réalisé avec 30% de polypropylène recyclé et un panier à roulettes contenant 75% de matière polypropylène recyclée.

Pour la société TECHNOCOMPOUND, les propriétés techniques des matériaux plastiques mixtes à base de matières recyclées sont tout à fait comparables aux matériaux plastiques classiques. La société présente des produits contenants des recyclés dont du polypropylène avec une partie issue des bouchons de bouteille, du PET avec un pourcentage issu des bouteilles recyclées et du polyamide composé en partie de rebuts de production. Si le prix est comparable voir légèrement inférieur aux matières classiques, ces matières mixtes permettent de répondre aux attentes des donneurs d'ordre sur le sujet environnemental.

Une des alternatives qui se présente dans le recyclage des matières plastiques est le recyclage par voie chimique. La société SABIC IP propose un PBT sous la marque Valox IQ qui est issu des bouteilles de PET en fin de vie. Le PET des bouteilles recyclées est soumis à des actions chimiques de dépolymérisation afin de générer les monomères de base, mêmes monomères qui sont utilisées dans la synthèse du PBT Valox IQ.
Le principal intérêt de cette technique de recyclage par voie chimique est d'obtenir un matériau intégralement issu de produits en fin de vie et ceci sans aucune perte de propriétés due à la procédure de recyclage. L'autre idée majeure de cette technique est de pouvoir envisager de reproduire ce recyclage de manière infinie. La société SABIC IP envisage d'appliquer ce type de recyclage aux polycarbonates mais la difficulté ne réside non pas dans la technique proprement dite mais bien dans les sources de produits en fin de vie à base de polycarbonates qui sont actuellement trop réduites pour envisager une installation de recyclage par voie chimique économiquement rentable.

De même, la société LANXESS a essayé d'appliquer le recyclage par voir chimique au polyamide 6.10, mais cette technique se révèle beaucoup trop couteuse par rapport aux techniques de recyclage mécanique.

La société BREPLAST spécialisée dans la formulation de matière plastique à partir de produits en fin de vie et de rebuts industriels, propose des polyéthylènes basse et haute densité avec des grades pour l'extrusion et l'injection. Ces formulations se font en fonction des besoins du client (fibres, colorants, additifs) et s'utilisent telle quelles sans mixage avec une matière vierge. Ces produits trouvent de nombreuses applications sur des produits aussi divers que des gaines, des tubes à spirales, des membranes géotextiles, des caisses ou des pots de fleurs. Par la mise en place de contrôle qualité et d'une assistance technique en relation directe avec le client, la société cherche à développer de nouvelles applications produits.

La société AGIPLAST formulateur de matières plastiques techniques comme les polyamides, les polyuréthanes et les PVDF, offre maintenant un service recyclage et peut supporter ses clients dans leur démarche de recyclage. La société a signé un partenariat exclusif avec la société ARKEMA permettant d'offrir un service de recyclage des résines Rilsan et Pebax et de les commercialiser sous les marques Rilsan Rcycle et Pebax Rcycle. 

En obtenant la certification "carbon label" pour son produit Axpoly PS13 qui est un polystyrène recyclé, la société AXION POLYMERS démontre toute l'utilité du recyclage dans la réduction de l'impact carbone des matières plastiques sur l'environnement. Pour obtenir ce label, la société a du mettre en place une traçabilité des matières et le contrôle de l'impact carbone tout au long de la chaine de recyclage des produits en fin de vie. Cette organisation permet à la société d'offrir des résines équivalentes en performances à des résines vierges et de s'engager sur un recyclage de ces mêmes matières.

L'efficacité et l'intérêt économique des matières recyclées passent également par une amélioration des procédés de recyclage. Cette amélioration doit permettre d'augmenter l'attrait qualitatif des matières recyclées par une optimisation du tri des matières et une meilleure efficacité dans la procédure de broyage pour que les matières conservent dans la mesure du possible toutes leurs qualités techniques. De nombreuses sociétés exposantes apportent des solutions techniques sur ces deux points.

La société FLOTTWEG innove dans le tri des matières plastiques recyclées par sa technologie SORTICANTER spécialement conçue pour optimiser le tri après la phase de broyage des produits en fin de vie. Le principe repose sur l'application d'une force centrifuge sur une solution eau-granulats. Cette technologie permet d'être plus rapide et plus efficace dans la procédure de séparation qu'avec une technique par simple gravitation. L'autre avantage est que le brassage du mélange par la rotation du système de centrifugation permet également d'optimiser l'élimination des impuretés présentes à la surface des granulats. Le système étant en circuit fermé, cela permet de réduire fortement la consommation d'eau.

La société WIPA propose une technologie similaire basée sur la centrifugation pour le nettoyage des matières. L'avantage de la technique est que les matières peuvent être nettoyées soit en phase liquide, soit à sec. Le principe repose sur un tambour abrasif présentant des perforations. Ces perforations permettent d'évacuer les impuretés sous la simple action de la force centrifuge et de limiter fortement la consommation d'eau.

Utilisant les principes physiques d'un flux d'air turbulent et laminaire dans un réservoir, la technologie de la société TLT permet de séparer en fonction de leur densité les particules de matières après la phase de broyage.

Pour la production de pellets de haute qualité à partir de produits en fin de vie et afin de réduire de 50% les coûts de traitements physiques et chimiques des eaux de lavage, la société PLATO Technology a développé un système de nettoyage à sec. Le nettoyage s'effectue en utilisant la force centrifuge dans un tambour équipé de lames.

HERBOLD MECKESHEIM a mis au point une machine permettant la séparation des étiquettes des produits à recycler. Avec cette machine, il est possible d'enlever les étiquettes en papier des bouteilles en plastique avant leur broyage, et ceci, même sur des bouteilles préalablement pressées. Le principe peut également s'appliquer aux étiquettes en PVC.

La société AUTOMATIK PLASTICS MACHINERY réalisait des démonstrations avec une machine de granulation à partir de matériaux recyclés. L'avantage de cette machine est qu'en sortie de filière, les granulés sont directement transportés vers la centrale de séchage par l'intermédiaire d'un circuit d'eau. Cette technique par rapport aux techniques plus traditionnelles évite que la matière ne se trouve à l'air libre pour des problèmes d'oxydation et ne soit contaminée par des polluants extérieurs. Ainsi, la qualité des matières recyclées en est d'autant meilleure.

L'institut FRAUNHOFER qui vient de déposer un brevet sur une procédure de recyclage des matières plastiques, la méthode CREASOLV, accorde des licences aux industriels de la plasturgie qui désirent intégrer le recyclage dans leur activité. Cette méthodologie de purification et de séparation des contaminants par dilution dans un solvant spécifique permet d'obtenir une matière recyclée à partir de produits en fin de vie avec des caractéristiques techniques équivalentes à celle des matières vierges. L'intérêt de cette procédure repose sur sa capacité à pouvoir séparer des matières de densité similaire, de séparer les matériaux barrières et les pigments du PET, d'extraire les charges des matières plastiques. Cette procédure s'applique aussi bien aux emballages plastiques qu'aux plastiques industriels. L'institut réalise le transfert de technologie vers l'industrie en adaptant la procédure aux besoins du client et en fonction des produits qu'il sera amené à traiter.
 

La green attitude gagne la Plasturgie
 

Le salon K 2010 démontre que la green attitude se développe de plus en plus dans le monde de la plasturgie. Cette démarche intéresse tous les acteurs de la filière, même si la manière de l'aborder et la perception de cette green attitude sont très différentes en fonction de l'acteur que l'on rencontre. Pour certains, c'est simplement une attitude économique afin de répondre au mieux à la demande de leurs clients ou à la pression VERTE qui s'exerce actuellement dans le milieu de la plasturgie.
Pour d'autres, cette démarche est le fruit d'une longue réflexion sur la minimisation de l'impact de l'homme sur la nature tout en lui laissant l'opportunité de rêver à un monde technologique, source de bonheur et de développement personnel. Il est vrai que la plasturgie par rapport à d'autres secteurs industriels doit travailler sur son image, sur l'image négative que le grand public se représente des produits qu'elle manufacture chaque jour. La tendance générale du K 2010 que ce soit au niveau des matériaux ou de la filière recyclage, est un facteur positif pour la profession et montre que la plasturgie est à la fois capable d'innover et génératrice de bien être pour l'homme tout en étant environnementalement responsable. La green attitude voilà ce qu'il manquait à la plasturgie... pour plastifier en vert notre chère Terre.

Yves SCHMITT - Allizé Plasturgie Bourgogne


Pour information :
Ces informations ont été compilées à l'occasion de la mission de veille réalisée par l'auteur de cet article dans le cadre du CAPéCO Plasturgie Bourgogne.
Cette mission de veille sur le salon K 2010 organisée en partenariat entre la CCIR Bourgogne et Allizé Plasturgie Bourgogne a réuni 14 personnes issues de 8 entreprises bourguignonnes.

L'objectif de cette mission de veille était d'amener des entreprises de la filière plasturgie bourguignonne sur le salon afin que ses dernières puissent s'enquérir des nouvelles évolutions et tendances dans leurs métiers. Aussi dans le but d'optimiser la journée de visite, la mise en place d'un accompagnement amont a permis d'identifier les centres d'intérêts de chaque entreprise, de cibler les exposants correspondants sur le salon et de proposer un circuit personnalisé à chaque entreprise. La visite du salon a eu lieu le 30 novembre 2011 avec l'affrètement d'un avion au départ de DIJON. La collaboration entre la CCIR Bourgogne et Allizé-Plasturgie Bourgogne a permis de faire bénéficier aux entreprises participantes d'une logistique et d'un accès optimisés sur le salon par une gestion efficace du temps.

Les premiers retours de satisfaction des entreprises mettent en valeur la qualité d'accompagnement et la qualité d'organisation de la mission de veille, ainsi que la pertinence des parcours personnalisés. Quant à l'intérêt même de la mission, les entreprises ont pu collecter des informations utiles, voir même de commencer à nouer des relations d'affaires avec des entreprises exposantes. Ces entreprises se disent prêtes à participez à nouveau à ce type d'action et de conseiller les autres entreprises de la filière à en faire de même.

Fort de ce succès, Allizé Plasturgie Bourgogne et la CCIR Bourgogne unissent leurs compétences pour organiser une nouvelle mission de veille sur le salon K 2013 qui se déroulera du 16 au 23 octobre 2013 à Düsseldorf. 

(Source : Plastilien Janvier-Février 2011)

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