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Le tournant de la robolution

Jeudi dernier se tenait à l’Hôtel de Région de Lyon une journée organisée par l’ARDI Rhône-Alpes sur la robotique et les applications industrielles (projet Rhône-alpin Robot Start PME). Durant la manifestation, les diverses interventions permettaient de comprendre à la fois les moyens techniques à disposition des industriels, et les solutions d’accompagnement (financier, compétences, etc.). Pour Elisabeth Ducotet (PDG de Thuane, fabricant de dispositifs médicaux) « l’industrie est la colonne vertébrale de la France et aucune entreprise ne peut échapper à la transition vers le numérique et la robotique ». L’ère numérique et interconnectée devrait obliger les industries à transformer leurs outils de production, la France ne doit pas manquer ce train.

L’usine du futur, l’industrie 4.0, la « robolution », cette thématique commence à imprégner l’actualité et à l’heure où l’innovation est le mot d’ordre des dirigeants politiques, des précisions sont nécessaires afin de comprendre avant d’agir.
 

Des solutions innovantes pour optimiser la productivité


Automatisation, capteur de mouvement, micro tête chercheuse à ventouse, détecteur de défaut de fabrication qui sépare les produits, la liste est encore longue pour les innovations prêtes à bouleverser les usines. Désormais une machine qui rencontre une panne ou détecte une anomalie sur la ligne de production peut avertir le responsable par SMS, attendre l’intervention humaine puis reprendre le travail. L’interface homme/machine est donc un des piliers de cette robolution : aujourd’hui on peut commander sa maison depuis son smartphone, il serait donc normal dans l’avenir de pouvoir diriger son usine de la même manière.

Ainsi, des solutions permettent d’optimiser l’espace de production et de programmer des actions entre les différents postes de travail. Certains intervenants proposent des systèmes qui s’intègrent dans toutes les usines permettant de connecter les machines entre elles.
Selon plusieurs intervenants (dont Pascal Bultel, Digilac) la robotique est une bonne solution pour diminuer le coût de production d’un produit et serait aussi efficace que l’Homme.

 

Pourquoi et comment franchir le cap ?


Robotiser n’est pas compliqué, il faut bien analyser ses besoins afin d’apporter la solution sur mesure la mieux adaptée à son usine. D’ailleurs depuis une quinzaine de mois les plasturgistes britanniques enregistrent de plus en plus de demandes concernant la robotisation des machines. Le constructeur Sumitumo Demag et le spécialiste français de la robotique Sepro (partenaires en Grande-Bretagne) annoncent une hausse de 20% en 2013 des ventes de machines comportant des innovations robotiques.

En France, le projet Robot Start PME est justement là pour accompagner les entreprises dans leur démarche, en les mettant en relation avec des professionnels de la robotique, dont beaucoup d’acteurs et de start-up sont basés en France.

Autre aspect important et non négligeable : quel est le coût et le financement d’une telle mise à jour ? Il est évident que le prix est assez élevé, mais certaines aides régionales existent. De plus, la loi d’amortissement pour 2014 vient d’inclure des robots multifonction pour les industries, soit un amortissement pour des machines achetées jusqu’en 2015, autant d’éléments qui peuvent aider les entreprises à oser franchir le cap.
 

Et la question de l’emploi ?


Si un robot peut remplacer un homme, que devient ce dernier ? Tout porte à croire que l’homme sera un jour chassé des sites de production et qu’un ballet de machines travaillera sans arrêt et avec efficacité. Pourtant d’après les dires des intervenants, l’usine du futur n’a rien à voir avec le scénario catastrophe de Terminator. Bien au contraire la robotique ne remplace pas l’homme, mais lui rend un service. Il n’y a pas réellement de pertes d’emplois, les ouvriers peuvent évoluer et prendre en charge de nouvelles fonctions. C’est le cas de l’entreprise Georges Pernoud SA, mouliste pour la plasturgie, qui dès 2001 a investi dans des robots qui chargent les machines. Cela a permis d’améliorer les conditions de travail, mais surtout, alors que dans le même temps la moitié des moulistes disparaissaient,  l’entreprise a vu ses effectifs passer de 30 à 75 personnes.

Bien qu’un peu utopiste, cette vision reflète une part de vérité, car de nouveaux robots impliquent de nouvelles compétences, des solutions de maintenance, une démarche d’amélioration continue, etc. Les entreprises industrielles vont devoir actualiser leurs méthodes de production et se détacher du rapport ouvrier/machine classique afin d’aller vers une industrie moderne interconnectée où règnent les interfaces collaboratives homme/machine.
 

Un vent nouveau pour l’industrie


Ainsi tout semble se mettre en place pour franchir le pas et aller vers l’usine du futur. L’industrie française se trouve face un tournant décisif, et il ne faudrait pas le manquer. De plus, certains experts évoquent une relocalisation ; car de tels investissements peuvent optimiser la compétitivité et ainsi justifier le retour en métropole de certains sites de production.

Cette thématique sera au cœur du prochain Allizé-Day le 30 octobre prochain.

Contact : Aurélien HERZ

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