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Interview Benoit Hennaut, Président du STR-PVC

05 juillet 2019

Interview Benoit Hennaut, Président du STR-PVC

Pouvez-vous présenter le STR-PVC en quelques mots ?

B Hennaut : Le Syndicat des Tubes et raccords en PVC (STR-PVC) que je préside depuis avril 2014, compte plus de 50 ans d’existence. Cette organisation professionnelle a, en effet, été créée en novembre 1962.

Après la Seconde guerre mondiale, les progrès accomplis à la fois par l’industrie chimique et par les procédés industriels, ont d’abord permis de produire en très grande quantité des canalisations en polychlorure de vinyle (PVC).

Solides, légères et d’un excellent rapport qualité prix, les canalisations (tubes et raccords) offrent des propriétés mécaniques qu’aucun autre matériau ne parvient, encore aujourd’hui, à concurrencer. Gage de qualité, elles ont offert à chaque français le droit d’accéder à l’eau potable à l’intérieur de leur habitation.

Dans les années 60, les premiers fabricants français ont décidé de s’unir pour mettre en place des marques de qualité et ainsi prouver que leurs produits affichaient des performances incomparables.Matériau « fait par l’homme, pour l’homme », le PVC a ainsi su évoluer grâce au savoir-faire de la filière industrielle française.

Depuis, notre syndicat, à travers ses adhérents et ses différents présidents, continue à porter haut la qualité, tant du matériau que de ses produits.
Chez les professionnels concernés (distributeurs, installateurs, collectivités), comme dans le grand public, le PVC a su s’imposer comme une solution pertinente au service du bâtiment et des infrastructures. Le Syndicat des Tubes et Raccords en PVC réunit la quasi-totalité des fabricants français de tubes et raccords en PVC, soit plus de 80% du marché national.
Aujourd’hui, l’organisation professionnelle assure la représentation de la profession auprès des pouvoirs publics, accompagne le développement et veille au respect des réglementations. De plus, elle informe sur les nombreuses qualités des réseaux en PVC.
Les entreprises du STR-PVC relèvent au quotidien le défi d’une fabrication française en employant environ 2 600 personnes dans leurs usines. Les entreprises adhérentes sont DYKA, GIRPI, NICOLL, REHAU et W AVIN.

Comment analysez-vous l’évolution et les tendances du marché de la construction en ce printemps 2019 et plus spécifiquement des réseaux PVC ?

B Hennaut : Le marché de la construction et de la rénovation dans le bâtiment est aujourd’hui porteur, boosté par les aides de l’Etat et la motivation des français à acquérir des logements confortables et durables.

Les infrastructures, essentiellement les réseaux de transports de fluides, pour les tubes et raccords en PVC, constituent maintenant un patrimoine complet mais vieillissant, qui nécessite une rénovation, même si le taux de fuites, pour l’eau potable par exemple, enregistre un taux de fuites inférieur à celui de nombreux voisins européens. Les Assises de l’eau, lancées depuis un an par le gouvernement, ont initié cette dynamique de modernisation et l’ont accompagnée par des aides financières aux collectivités locales, responsables des infrastructures par rapport aux particuliers. Nos canalisations en PVC accompagnent ce changement et font l’objet de mises en oeuvre performantes avec les poseurs, véritables partenaires pour la qualité pérenne de nos produits.

Quels sont les atouts du PVC dans les différentes applications réseaux pour lesquelles on l’utilise ?

B Hennaut : J’ai évoqué l’adduction d’eau potable car c’est, pour la profession que je représente, un enjeu de qualité qui doit perdurer et s’améliorer au quotidien, même si l’eau du robinet atteint plus de 95% de conformité sur le territoire.

Les autres grands domaines d’applications des réseaux en PVC sont l’évacuation des eaux dans le bâtiment et bien sûr pour les infrastructures, l’assainissement des eaux usées et pluviales, pour l’agriculture, l’irrigation et le drainage, ainsi que pour l’électricité et les communications, les gaines et fourreaux.

Nos réseaux en PVC répondent ainsi aux attentes de tous, en contribuant à faciliter la mise en oeuvre, créer de la valeur économique, améliorer la qualité de vie et bien entendu préserver notre milieu ambiant.

Quelles sont selon vous les spécificités des entreprises productrices de tubes et raccord PVC et celles de leurs clients ?

B Hennaut : Comme je l’ai précisé précédemment, nos entreprises ont un passé et une fierté de produire des réseaux de qualité, certifiés par des organismes extérieurs.

Les produits que nous commercialisons sont, pour la majeure partie, titulaires de la Marque NF, gage de garanties contrôlées notamment par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment). Depuis la création du STR-PVC, nous attachons une grande attention aux performances techniques de nos tubes et raccords.

Nos clients, essentiellement des distributeurs spécialistes plastiques, nous suivent et nous accompagnent dans cette démarche de qualité, qui ne peut être que bénéfique aux utilisateurs finaux.

Les enjeux d’économie circulaire et d’incorporation de matières plastiques recyclées sont-ils présents dans les préoccupations de vos clients ?

B Hennaut : Depuis octobre 2018, nous déployons une énergie constructive et sans précédents pour lever les freins à la transition vers une économie circulaire, portée par le Gouvernement français. C’est un sujet qui fait, de plus, l’objet d’un large consensus, parmi ceux, Etat, acteurs privés, société civile, consommateurs, dont les intérêts ont souvent tendance à diverger.

L’impérieuse nécessité de se doter d’un modèle économique plus sobre et respectueux de notre environnement nous oblige collectivement à trouver une voie de diminution significative de notre empreinte écologique : l’évolution vers une économie circulaire qui met à l’honneur le tri et le recyclage des déchets produits par l’Homme. Parmi les objectifs fixés : réduire de moitié les déchets mis en décharge et recycler 100 % des plastiques sur le territoire d’ici à 2025, contre seulement 22% aujourd’hui.

Cette ambition est partagée par de nombreux acteurs, comme ceux de la filière française de la plasturgie.

Comment agissez-vous pour développer des pratiques de développement durable ?

B Hennaut : En préambule, je dirais que notre matériau plastique, le PVC, est composé à 57% de sel de mer et pour le reste de pétrole. Rappelons également que la production de plastique ne représente que 4% de la consommation de pétrole à travers le monde.

Depuis le début des années 2000, nous avons souhaité réaffirmer le PVC comme le matériau de progrès par excellence et nous avons pris une série d’engagements ambitieux tant au niveau national que communautaire, avec plusieurs plans d’action européens, afin de faire de la transition vers une économie circulaire notre priorité.

Au titre de précurseurs et grâce à nos efforts combinés, nous sommes déjà ainsi parvenus à l’objectif de recycler 100 % de nos déchets de production.

Avec la Feuille de route de l’Economie circulaire (FREC), l’objectif de la filière est de parvenir à une réutilisation des produits pour permettre un cycle complet d’économie circulaire.

Les produits en PVC rigide sont usuellement recyclés de façon mécanique par broyage granulation ou micronisation. Les pastilles ou poudres ainsi obtenues sont ensuite fondues pour donner vie à de nouveaux objets, soit dans la même application ou dans une autre.

Les déchets de PVC après tri et recyclage, redeviennent une matière de valeur et sont réutilisés pour la production de tubes et de raccords avec des pourcentages de matières premières recyclées en phase avec les marques de qualité de nos produits.

Le STR-PVC contribue aux initiatives et réflexions menées au niveau français et européen pour améliorer en continue la performance environnementale des produits en PVC : les réseaux PVC français participent en effet à l’objectif des 800 000 tonnes de PVC annuellement recyclés en 2020 (programme VinylPlus).

Au niveau national, pour donner suite aux résultats prometteurs d’un pilote expérimental conclu pendant 18 mois par le STR-PVC avec un régénérateur (PAPREC) et un distributeur spécialiste plastiques (PUM), nous avons présenté au gouvernement un Engagement volontaire en juillet dernier. Celui-ci concerne les tubes, raccords, gouttières, drains, gaines, fourreaux et accessoires des réseaux du bâtiment et des infrastructures en thermoplastiques (PVC, PE, PP).

D’ici 2025, nous nous sommes donnés pour ambition, avec des résultats quantifiés, de massifier la collecte de nos produits plastiques arrivés en fin de vie, d’accroitre leur recyclage tout en assurant la qualité des recyclés, d’augmenter le taux de recyclés à travers l’écoconception de nos produits. Un bel avenir pour le bien-être des générations futures !