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04 octobre 2018

Iran : quel impact sur le marché européen du polyéthylène ?

Les coûts énergétiques ont fortement augmenté début mai, suite au retrait imprévu des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran. Le Président Trump a indiqué que des sanctions économiques seront de nouveau appliquées. Celles relatives à l’énergie ont été activées immédiatement, bien que les sociétés détenant des contrats sur ce marché aient jusqu’au 4 novembre 2018 pour s’en retirer. Les sanctions secondaires s’appliqueront aux entreprises souhaitant continuer leurs relations avec l’Iran. Ces dernières se verront exclues du système bancaire étasunien.

Cette limitation des importations du pétrole iranien, semblable à celle exercée entre 2012 et 2015, pourrait avoir un impact majeur sur l’industrie pétrochimique mondiale. L’Iran a notamment investi dans la production de polyéthylène. Ces ajouts de capacité pouvaient potentiellement se traduire par une nouvelle source d’approvisionnement pour l’Europe. Si l’Union Européenne n’a pour l’instant pas annoncé de sanctions contre l’Iran, il est néanmoins possible que l’accès à ces volumes supplémentaires soit compromis.
 
Les ajouts de capacités de polyéthylène prévus en Iran pour 2018 devraient en principe voir le jour. Les sites et les crackers sont en effet déjà construits, ou presque finalisés, et annuler leur démarrage constituerait une véritable perte sur investissement.
 
En revanche, plusieurs autres ajouts de capacités sont prévus jusqu’en 2025. Les projets dont la construction n’a pas encore démarré pourraient bien être annulés en raison des sanctions imposées par les Etats-Unis. Ces dernières risquent d’interférer avec le financement des investissements, qu’on estime à 60 milliards de dollars, et devraient également bloquer des apports technologiques fournis par des entreprises étrangères, notamment par des pétrochimistes.
 
Le Moyen-Orient est actuellement la première région exportatrice de polyéthylène au monde. Cette position aurait dû être renforcée par les lourds investissements iraniens, qui auraient donné naissance à un surplus de production comparable à celui observable aux Etats-Unis. Si la plupart de ces projets sont effectivement annulés, la production du Moyen-Orient pourrait d’ici 2028 être rattrapée par celle des Etats-Unis qui misent sur le gaz de schiste. Cela signifie que ces derniers pourraient s’imposer comme principal exportateur de PE à l’échelle mondiale d’ici 2030.
 
 

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