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12 octobre 2018

Le Rhin à court d’eau

On le sait depuis plusieurs mois : le niveau de l’eau du Rhin est extrêmement bas, si bien que les bateaux ne peuvent plus franchir certains passages. Certaines portions du fleuve ont d’ailleurs atteint leur niveau le plus critique depuis vingt ans.

La plupart des barges sont contraintes de transporter moins de marchandises depuis plusieurs mois. Cela se traduit notamment par une explosion des coûts logistiques ainsi que par de graves difficultés d’approvisionnement tout le long de la chaîne de production pétrochimique. Non seulement les bateaux sont insuffisamment nombreux, mais les camions le sont aussi.

Comme ce fut le cas durant l’été 2017, la saison estivale 2018 a également souffert d’une importante pénurie des transports routiers. Cette tendance, désormais bien installée, va perdurer cet automne, et les plasturgistes ne sont pas les seuls à devoir absorber une hausse des coûts pour ce poste en particulier.

La sécheresse observée depuis plusieurs mois dans la région rhénane est si sévère que les raffineurs se disent désormais prêts à payer « n’importe quel » prix afin de s’assurer que leurs produits soient bien expédiés.

Le niveau de l’eau estimé à 56 centimètres autour de Düsseldorf et de Kaub, en Allemagne. Ces deux villes constituent des points clés pour l’acheminement des produits pétrochimiques dans la région. Ils sont désormais difficilement praticables. Selon l’Autorité Fédérale de l’Eau, un niveau de l’eau à 100 centimètres suscite déjà des problèmes techniques, la norme se trouvant à deux mètres.

Tous les marchés pétrochimiques, dont celui des polymères, sont touchés. De nombreux volumes sont actuellement coincés entre Antwerp, Amsterdam et Rotterdam. Il est effectivement très difficile d’accéder à la première d’entre elles, ce qui génère d’importants bouchons dans les chaînes d’approvisionnement de certains fournisseurs.

Solvay explique notamment avoir de plus en plus de difficultés à s’approvisionner en adiponitrile (ADN). Cet intermédiaire, indispensable à la fabrication de PA6.6, n’est produit que sur un seul site en Europe : celui de Butachimie, en France. Les péniches qui transportent la production du site ne peuvent être chargées qu’à 50%.

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