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27 novembre 2017

Les pétrochimistes se lancent en masse dans l’impression 3D

De plus en plus d’entreprises s’intéressent à la fabrication additive, qu’il s’agisse de plasturgistes ou de fabricants de machines. Une nouvelle tendance pointe désormais à l’horizon : les géants de pétrochimie se lancent à leur tour dans le filon.

L’enjeu de se positionner comme leader sur un marché de plus en plus porteur

Plusieurs pétrochimistes majeurs, dont Arkema, DSM, Lubrizol et Perstorp, s’engagent plus avant dans l’impression 3D. Ils parient sur le fait que la diversification de l’offre en matériaux pour cette technologie lui permettra de décoller à l’échelle industrielle.

DSM vient par exemple de créer une nouvelle division, baptisée DSM Additive Manufacturing, dans le cadre de sa stratégie d’élargissement de son offre en fabrication additive. La société compte en effet aller au-delà la stéréolithographie ; le seul segment de marché qu’elle occupait jusqu’ici et où elle occupe encore une position de leader. DSM cherche désormais à offrir tout un éventail de grades pour d’autres techniques d’impression 3D, avec un focus sur la fabrication à fils fondus (FFF).

DSM a donc profité du salon allemand Formnext 2017, qui s’est tenu au cours de la troisième semaine de novembre, pour présenter deux nouvelles résines pour la FFF. La première est un polyamide destiné à des applications industrielles, telles que les armoires à fusibles, les habitacles pour appareils électroniques, et les connecteurs. La seconde est un copolyester élastomère thermoplastique dont la résistance à la chaleur et aux produits chimiques est très élevée. Ce matériau est destiné aux pièces automobiles sous capot moteur.  

HP, un partenaire capital

Le pétrochimiste a également fait l’acquisition d’un kit de développement de matériaux auprès de HP, qui travaille actuellement sur une technologie de fabrication additive à grande vitesse nommée  Multi Jet Fusion. Ce kit permettra à DSM de tester la compatibilité de ses résines avec les précédents de HP. Dow Chemical en a également acheté un. 

Plusieurs géants de la pétrochimie s’adressent en fait à HP pour développer de nouveaux matériaux. Lubrizol a par exemple signé un accord pour participer au programme d’innovation du fabricant d’imprimantes au début du mois de novembre, rejoignant ainsi Evonik, BASF et Arkema. Ces derniers testent actuellement de nouveaux matériaux dans le laboratoire d’HP à Corvallis, en Oregon (Etats-Unis). Lubrizol en profitera pour tester prochainement ses TPU de la gamme Estane.


HP s’impose donc comme un partenaire privilégié pour les fabricants de matériaux. L’entreprise a d’ailleurs présenté une nouvelle machine, la Jet Fusion 3D, lors du salon Formnext auquel participait également DSM. Cette imprimante est censée fabriquer des pièces à moindre prix. Leur coût de revient serait en effet 65% moins important que si les pièces étaient produites à l’aide d’autres procédés.


La Jet Fusion 3D veut également s’imposer comme une innovation de rupture sur le marché. Elle n’a pas été conçue pour le prototypage et les productions de petites séries. Cette imprimante peut produire jusqu’à 110 000 pièces en demeurant moins coûteuse que l’injection plastique.

La collaboration nécessaire avec les fabricants d’imprimantes 3D pour maîtriser les procédés

En plus de sa collaboration avec HP, Arkema travaille également avec EOS, une entreprise allemande dont les imprimantes 3D produisent des pièces par frittage laser. Le pétrochimiste a donc développé un grade spécial de PEKK pour les machines EOS, un matériau destiné à remplacer les métaux. Perstorp s’est allié à 3D4Markers, un fabricant de filaments pour développer la gamme Facilan pour la FFF. Si le type de matériau n’a pas encore été révélé, Perstorp est connu pour utiliser du caprolactam.

La multiplication de ces collaborations tend à prouver l'attrait de cette technologie pour les producteurs, qui espèrent créer de nouveaux débouchés en développant leurs offres. Cette stratégie, ainsi que la volonté des acteurs publics de financer le développement de la fabrication additive en milieu industriel, comme le prouve l'investissement de plus de 9 millions d'euros de la région Auvergne Rhône-Alpes, doit pousser les plasturgistes, et particulièrement les spécialistes de l'injection, à anticiper la prise de parts de marché potentielle de cette technologie. 
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Le BMP n'est destiné qu'aux adhérents des syndicats de la Fédération de la Plasturgie et des Composites. Seuls les répondants ayant fourni des données exploitables recevront la synthèse de l'enquête. Le traitement des réponses est effectué de façon scrupuleusement confidentielle, afin que l'anonymat des acheteurs et de leurs entreprises soit conservé.
 
 *Cet article a été rédigé à l'aide de données obtenues dans le cadre de la veille stratégique et de bases de données du Service Intelligence Economique d'Allizé-Plasturgie