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Polyéthylène : une situation économique et géopolitique floue au Moyen-Orient en 2018

03 janvier 2018

Polyéthylène : une situation économique et géopolitique floue au Moyen-Orient en 2018

Le marché du polyéthylène au Moyen-Orient souffre actuellement d’un manque de clarté, ce qui ne permet pas de prédire aisément des tendances de prix pour 2018. L’offre et la demande seront en effet impactées par les éventuelles crises économiques et géopolitiques qui pourraient survenir l’année prochaine.

Le Qatar verrouillé

La nouvelle année débute avec le maintien du conflit avec le Qatar, et ce dernier pourrait s’inscrire dans la durée. Cette crise diplomatique influence négativement les marchés locaux du PE. Le Qatar est en effet l’un des plus importants producteurs de polyéthylène de la région et les sanctions des autres Etats membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG : Arabie Saoudite, Oman, Koweït, Bahreïn et Emirats Arabes Unis) vont forcément continuer à disrupter les échanges commerciaux existants entre eux, ainsi que les prix pratiqués.

La crise en question a éclaté en juin 2017 suite au refus des membres du Conseil d’entretenir des relations diplomatiques avec le Qatar en raison de ses liens présumés avec des organisations terroristes, a brutalement interrompu le trafic maritime avec ce dernier. Les Etats membres du CCG ont donc décidé d’interdire toute entrée de navires en provenance ou à destination du Qatar dans leurs ports respectifs. Cette mesure a brutalement interrompu le trafic maritime vers et depuis ce pays, forçant les acteurs du marché du polyéthylène à déplacer leurs volumes vers d’autres régions du monde, notamment l’Asie, plutôt que vers le Moyen-Orient.

La commercialisation de la production qatarie de polyéthylène a également été interdite sur le territoire des membres du CCG, et les banques ont cessé d’exécuter les paiements relatifs à ces échanges. A cela s’ajoute l’impossibilité d’accoster dans de nombreux ports, qui a provoqué une augmentation des prix des transports ainsi qu’un allongement des délais de livraison. Ces difficultés ont provoqué une dégradation des échanges commerciaux avec l’Asie, le principal débouché international du Qatar. Ce manque à gagner a également impacté les perspectives économiques des Etats membres du Conseil de Coopération du Golfe.

Ni le Qatar, ni le reste du CGC, n’ont modifié leurs positions depuis bientôt plus de six mois. La continuation de ce conflit risque de ralentir considérablement le marché du polyéthylène au Moyen Orient au cours de l’année 2018. Cette crise impactera également l’Asie, qui risque de chercher à s’approvisionner ailleurs si ses besoins ne sont pas comblés. L’Europe pourrait donc être exposée à des pénuries d’intensité indéterminée si les prix asiatiques s’avèrent plus attractifs pour les producteurs locaux, qui pourraient prendre la décision d’exporter pour gonfler leurs marges.

Complications pour cause de TVA

Les acteurs du marché du polyéthylène en provenance du Moyen-orient sont actuellement dans l’attente d’informations supplémentaires au sujet de l’implémentation d’une TVA sur ce matériau. Cette nouvelle taxe doit être imposée par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis à partir du 1er janvier 2018.

Cette taxation devrait en principe impacter sensiblement les échanges en polyéthylène du CCG, puisque la grande majorité de volumes de PE consommés dans la région y sont également produits. Les exportations ne seront quant à elles pas sujettes à cette taxe, ce qui risque d’encourager les producteurs à se tourner vers le reste du monde. 

* Cet article a été rédigé par le Service Intelligence Economique d'Allizé-Plasturgie à l'aide d'articles réunis dans le cadre de sa veille stratégique et d'informations fournies par des bases de données.