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Tendances des prix du plastique 2019

07 janvier 2019

Polymères : les grandes tendances de prix du plastique pour 2019

Le 1er janvier dernier a marqué pour le prix des polymères le début d’une nouvelle année. Celle-ci sera sans doute pleine de rebondissements pour le marché européen des matières plastiques. Une chose est sûre : certains phénomènes observés en 2018 perdureront en 2019 et des tendances aujourd’hui naissantes finiront par s’imposer.

2018 fut une année fascinante pour les acheteurs de polymères, et pas toujours dans le bon sens du terme. Guerre commerciale, crise du PA 6.6, sécheresse catastrophique du Rhin et la guerre contre les emballages plastiques à usage unique ont tous fait les gros titres de la presse spécialisée.

S’il est impossible d’établir des prévisions exactes, le Service Intelligence Economique d’Allizé-Plasturgie vous propose dans cet article sa vision des événements qui risquent de marquer les douze mois à venir.

Rhin : une problématique structurelle qui affecte le coût des polymères

L’été 2018 a été marquée par une importante sécheresse de la région rhénane qui a provoqué l’assèchement du Rhin. Le fleuve constitue un élément clé des approvisionnements européens en polymères et son avenir est donc capital pour la filière.

Si les pluies sont enfin revenues en décembre dernier et se sont avérées suffisantes pour permettre aux barges et aux péniches de circuler à nouveau, il est fort probable que la situation dégénère d’ici quelques mois. 

S’il est peu envisageable que le niveau de l’eau dépasse 640 centimètres au passage de Kaub, soit la hauteur à partir de laquelle les navires de transport de marchandises ne sont plus autorisés à circuler, on peut craindre qu’il ne commence à s’abaisser dès le printemps.

Les pétrochimistes qui dépendent du Rhin risquent donc d’être confrontés aux mêmes problèmes que l’année passée. Pour les plasturgistes, cela pourrait se traduire par une hausse des coûts associés aux livraisons : la réduction de l’offre en transports fluviaux entraînera forcément une augmentation des prix pratiqués, et les fournisseurs devraient logiquement chercher à la reporter sur leurs clients en aval. Il faudra également s’attendre à des délais de livraison, parfois de plusieurs semaines, pour les matériaux produits dans la région rhénane.

Certains producteurs pourraient également déclarer des cas de Force Majeure si une crise comparable à celle de 2018 venait à se produire. Leurs propres approvisionnements en feedstocks pourraient en effet être compromis, les contraignant à réduire leurs volumes de production.

Le réchauffement climatique risque indéniablement de faire perdurer cette crise structurelle, et pourrait même causer des problèmes comparables ailleurs en Europe, notamment au niveau du Danube. Les transports routiers et ferroviaires ne sont pour l’instant pas capables d’absorber la demande émanant du Rhin. Les délais et les difficultés d’approvisionnement engendrées par l’assèchement de ce dernier ne trouveront vraisemblablement pas de solution réelle en 2019, et probablement pas avant plusieurs années.

Oléfines et dérivés : prudence avant tout

Les producteurs européens d’oléfines s’attendaient à profiter d’une année 2018 prospère. Celle-ci ne s’est pourtant pas déroulée comme ils l’attendaient en raison de facteurs externes au marché.

Les prévisions pour 2019 se basent avant tout sur le calendrier des maintenances des oléfines qui ont déjà été annoncées. Il faudra cependant tenir compte des rebondissements possibles de la guerre commerciale en vigueur entre les Etats-Unis et la Chine afin de mieux comprendre comment fonctionnent les rouages de ce marché bien particulier.

On s’enthousiasmait début 2018 de la bonne santé de la demande européenne, des perspectives de retour de la croissance économique sur le Vieux Continent et des ajouts de capacités massifs à venir aux Etats-Unis. Les affres de la guerre commerciale et la sécheresse du Rhin ont depuis contrecarré les prévisions des fabricants d’oléfines.

Les divers épisodes de la guerre commerciale sino-américaine ont généré une grande incertitude sur les marchés pétrochimiques, y compris en Europe. Les retombées économiques de ce conflit auront en effet des conséquences en dehors des deux Etats instigateurs.

Ces perspectives pessimistes, conjuguées aux difficultés d’approvisionnement liées à la situation de la région rhénane, ont entraîné une chute sensible de la demande, notamment pour l’éthylène. Le cours de ce dernier, remarquablement bas, s’est largement bien reporté sur les prix du PE. Certains adhérents nous ont par exemple confié acheter leurs polyéthylènes au prix du monomère au mois de mai 2018.

La trêve convenue entre les Etats-Unis et la Chine, mise à mal par l’affaire Huawei, ne suffit pas à effacer les incertitudes. L’amélioration du niveau de l’eau du Rhin a en revanche apaisé une partie des tensions du marché européen des oléfines. L’offre demeure toutefois supérieure à la demande.

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