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28 novembre 2018

Bac pro Plastiques et composites en alternance, et si c'était à refaire ?

En plus de vingt ans d’existence, le Cirfap a formé des centaines d’apprentis qui sont entrés dans la vie active avec un bagage technique acquis d’abord grâce à l’obtention du Bac Pro Plastiques et Composites. Ces anciens sont aujourd’hui des professionnels de la Plasturgie et, des années après l’obtention de leur diplôme, certains ont accepté pour nous de revenir sur leur parcours.

Le Bac Pro a été créé en 1985 principalement pour faire face à une montée en qualification des emplois dans l’industrie. Il fallait donc former des ouvriers toujours plus qualifiés. Et même si l’offre de formation n’a cessé de croître afin de s’adapter à l’évolution de la filière, Le Bac Pro répond toujours à un besoin en recrutement grandissant des industriels.

Aux fils des visites en entreprise, il n’est pas rare de rencontrer des anciens apprentis Bac Pro passés par le Cirfap. Ces rencontres sont l’occasion de se remémorer leurs années de formations et de mesurer le chemin parcouru depuis l’obtention de leur diplôme, il y a parfois fort longtemps... Il est toujours intéressant de savoir ce qu’ils sont devenus et qu’ils sont aujourd’hui épanouis dans leur carrière professionnelle.

Raphaël Roux, directeur commercial de la société Farpi-France à Saint-Bonnet-de- Mure (69), Nicolas Coiffier, responsable méthodes et industrialisation au sein de l’entreprise APM (Automotive Performance Materials) à Fontaine-Lès-Dijon (21) et William Ribes, chef d’atelier chez Bobitech à Saint-Julien-Chapteuil (43) ont accepté de revenir pour nous sur ce que le Bac Pro en apprentissage leur a apporté et ce que représente pour eux la formation professionnelle par apprentissage.

Leurs parcours sont tous différents et les raisons pour lesquelles ils ont connu et choisi la Plasturgie sont diverses. Pourtant, tous ont ce point commun : une volonté d’acquérir une expérience professionnelle et de mettre un pied dans le monde de l’entreprise.

« l’apprentissage c’était pour moi le moyen de rentrer dans le monde du travail progressivement et avec des connaissances réelles du métier »
William Ribes 

Il est arrivé en Bac Pro Plastiques et Composites suite à un échec au Bac STI en 2006. Il ne voulait pas poursuivre dans cette voix mais ne savait pas quelles autres options s’offraient à lui. Il s’est tourné vers la Mission Locale de sa ville qui lui a parlé des métiers de la Plasturgie. Puis il a rencontré Jérôme Dumas, formateur au Cirfap, qui l’a convaincu de s’orienter dans cette filière. Il ne connaissait pas cette industrie et a d’abord été séduit par l’idée de l’alternance qui lui permettrait de pratiquer et d’apprendre un métier plus rapidement. La proximité du lieu de formation et de son entreprise ont été également des facteurs importants dans sa décision d’intégrer le Bac Pro Plastiques et Composites.

Quant à Raphaël Roux, qui a baigné dans le domaine depuis petit avec l’entreprise familiale (Ets Pierre Roux basée dans la Loire), le Bac Pro lui a permis de découvrir « la Plasturgie au sens large » en étudiant les autres procédés de transformation. L’apprentissage est pour lui « le meilleur moyen d’appréhender en douceur le monde réel ». S’il avait d’ailleurs un conseil à donner aux jeunes qui hésitent à franchir le pas de l’alternance, il leur dirait que « cela leur permettra, grâce à leur maîtrise du terrain et leurs compétences techniques, d’atteindre les postes qu’ils souhaitent… même les plus hauts ! ».

En ce qui concerne William Ribes, l’apprentissage lui a permis de poursuivre ses études et d’obtenir un BTS Plasturgie en alternance. Il a ensuite évolué au sein de l’entreprise qui l’a formé et dans laquelle il est toujours en poste aujourd’hui, dix ans après l’obtention de son Bac Pro Plastiques et Composites. A la question « et si c’était à refaire ? », il nous répond « Je le referais sans hésiter ! » et ajoute « j’aurais même aimé être informé avant de l’existence de ce métier, cela m’aurait permis de gagner quatre années en m’orientant plus tôt vers cette formation ».

Si William Ribes devait donner envie aux jeunes de s’orienter vers l’apprentissage en Plasturgie, il leur conseillerait de ne « jamais dire non sans connaitre et ne pas rester sur des a priori. Il faut être curieux. Pour ma part, je n’aurais jamais pensé travailler dans ce domaine et pourtant j’ai découvert un secteur intéressant et innovant où l’on ne s’ennuie jamais. Cela nécessite beaucoup de connaissances techniques et tout évolue très rapidement : les machines, les robots, les méthodes… On fabrique du concret, de la conception à la réalisation des produits. Il y a aussi le côté relation humaine et le travail d’équipe qui sont partie intégrante de notre activité ».

Même constat du côté de Raphaël Roux qui juge que « la transmission est primordiale. Malgré l’arrivée de nouvelles technologies et du digital, demain plus que jamais les jeunes auront besoin de l’expérience du terrain pour comprendre les contraintes de l’ensemble des parties prenantes ». Pour toutes les raisons invoquées, ils ont tous deux fait le choix de former à leur tour des apprentis. Pour Raphaël Roux, sur des activités de commerce et de marketing en lien avec son poste actuel. Quant à William Ribes, il est à son tour maitre d’apprentissage d’une apprentie en Bac pro Plastiques et Composites qui a débuté à la rentrée de septembre au sein du Cirfap sur le site de Monistrol-sur-Loire. Son entreprise accompagne également quatre salariés formés pour une durée d’un an au sein de l’entreprise Bobitech en partenariat avec le CFP. Il est convaincu que par le biais de cette formation, les jeunes trouveront facilement du travail

« le Bac Pro m’a apporté un emploi et, surtout, j’exerce actuellement un métier qui me plait beaucoup et dans lequel je ne m’ennuie pas car il qui évolue sans cesse ».

Raphaël Roux garde pour sa part un excellent souvenir de ses années Bac Pro et particulièrement de la bonne ambiance qui régnait au sein du Cirfap de Lyon entre les apprentis et les formateurs. Et même s’il s’est orienté par la suite vers une profession de commercial, il a poursuivi son cursus en alternance. Le Bac Pro Plastiques et Composites lui a permis d’acquérir des bases techniques qui lui servent quotidiennement et font la différence dans son poste actuel auprès de son employeur mais aussi de ses clients. Ils ne regrettent pas les choix qui les ont amenés à intégrer le Bac Pro Plastiques et Composites qui a contribué à faire les professionnels qu’ils sont devenus. Ils sont aujourd’hui fiers de leur carrière et d’avoir participé au développement de leurs entreprises respectives et par extension de celle de la filière plasturgie.

Raphaël Roux a par exemple réalisé avec succès le lancement en France d’une marque de presse 100% électrique qui compte aujourd’hui plus de 500 machines sur le territoire français, ce qui reste à ce jour sa plus belle réussite professionnelle.

Témoignage de Nicolas COIFFIER

Responsable Méthode et Industrialisation
APM, Fontaine-lès-Dijon

J’ai intégré la 1ère section de Bac Pro Plasturgie en apprentissage à Dijon en 1998 par pur hasard. En effet, je cherchais à l’époque une entreprise pour préparer un Bac Pro en électrotechnique, en vain. L’alternance était une évidence pour moi, le système scolaire classique ne me correspondait pas et j’avais besoin de faire beaucoup de pratique.
A l’époque François REBSAMEN, l’actuel maire de Dijon, était délégué à Dijon V, le canton où j’habitais, et il y tenait une permanence tous les jeudis. Donc tous les jeudis, j’étais dans son bureau pour qu’il m’aide à trouver un employeur. Au fur et à mesure, nous avons commencé à sympathiser. Un jour, au cours d’une réunion avec un responsable de l’apprentissage au conseil régional, il a parlé de moi et ce responsable m’a contacté pour me dire qu’une nouvelle formation ouvrait, qu’il restait une place et une entreprise en recherche. J’ai donc visité l’entreprise, je me suis dit que cela pouvait me plaire et je me suis lancé. 
Ce que cette formation m’a apporté ? C’est simple : un métier. Un vrai métier. Une formation courte, professionnalisante et qui mène rapidement à l’emploi. L’entreprise dans laquelle j’ai préparé mo bac pro était à 50 kms de chez moi, j’y suis allé tous les jours en mobylette pendant 2 ans, je suis assez fier d’avoir tenu car les conditions n’étaient pas faciles. En tant que professionnel, ma plus grande fierté, c’est d’avoir commencé à travailler avec un Bac Pro en poche et d’avoir pu évoluer à un poste de niveau d’ingénieur. Aujourd’hui, mes interlocuteurs ont généralement un diplôme d’ingénieur ou un doctorat et je suis fier de pouvoir être reconnu alors que je n’ai « qu’un Bac Pro ».
J’aime à dire que je suis passé par la fenêtre et pas par la grande porte ! Ce n’est pas toujours facile car quand on découvre que je ne suis pas ingénieur, le regard peut changer et je dois sans cesse prouver que je suis légitime et apte à converser avec des personnes plus diplômées que moi. Depuis un an, je suis tuteur d’un apprenti Bac Pro. Les jeunes qui sont accueillis dans cette formation ont souvent des parcours peu linéaires, voire chaotiques pour certains et ma plus grande satisfaction est d’aider un jeune à trouver sa voie et apprendre notre métier. Je suis convaincu du bienfait de cette formation car il est évident que les débouchés en termes d’emploi sont nombreux et qu’avec la formation adéquate et un peu d’expérience, les salaires sont plus que corrects.
Si je devais en parler à des jeunes, je leur dirais que se faire plaisir au travail, ce n’est pas forcément être manager ou porter un costume/cravate et avoir une voiture de fonction mais que la richesse de notre quotidien est de pouvoir travailler sur des projets techniques variés. Si c’était à refaire, je ne sais pas si je suivrais le même parcours. Si j’avais poursuivi mes études après le Bac, j’aurais certainement gagné du temps pour monter en compétences et en responsabilité. Mais aujourd’hui, je suis reconnu et respecté grâce aux compétences que j’ai développées tout au long de mon parcours, pour mon savoir-faire acquis par l’expérience et je n’aurais certainement pas eu cette reconnaissance de mes pairs autrement. Et finalement, n’est-ce pas là l’essentiel ?

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