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Avenir du bioplastique

20 août 2020

Quel avenir pour les bioplastiques après un choc pétrolier ?

Les fabricants de plastiques biosourcés ont beau mettre en avant l’impact environnemental faible de leurs solutions, ces matériaux ne représentent pour l’instant que 0.5% de volumes transformés par la plasturgie mondiale. Comment vont-ils survivre au choc pétrolier causé par la pandémie ?

Les bioplastiques ont longtemps pâti de leurs performances techniques limitées. Les travaux de R&D des producteurs ont cependant permis de créer des matériaux aux qualités parfois équivalentes à celles des polymères issus de la pétrochimie. L’engouement croissant des consommateurs pour des produits toujours plus écologiques aurait donc dû leur permettre de gagner des parts de marché. Leur utilisation connait pourtant une croissance relativement faible depuis plusieurs années.

Leur progression est en fait limitée par leurs prix de vente.  Si les consommateurs sont en général prêts à payer un peu plus pour s’offrir des options plus « vertes », cette volonté a des limites. La majorité d’entre nous ne s’opposera pas à payer jusqu’à 5% plus cher si les qualités environnementales du produit sont prouvées. Le pouvoir de séduction des solutions écologiques décroit rapidement si le surcoût dépasse 5%.

Les bioplastiques sont souvent bien plus coûteux à produire que leurs alternatives issues de l’exploitation du pétrole. Ils ne peuvent donc être proposés à des prix compétitifs que lorsque le cours du pétrole est élevé. La hausse continue de ces derniers en 2013 laissait, à l’époque, envisager un avenir brillant pour les plastiques biosourcés. Les choses ont depuis bien changé.

Le cours du pétrole s’est en effet effondré dès 2014, engendrant une crise sans précédent pour cette industrie. Les années suivantes ont vu plusieurs majors de la filière des bioplastiques fermer leurs portes, ou changer de direction. Metabolix a par exemple abandonné son projet de construction d’un site de production de plastiques biosourcés après avoir investi quelques 300 millions de dollars, pour ensuite changer de nom et devenir Yield10Bioscience, une société spécialisée dans les technologies agricoles.