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05 mai 2020

Les prix du PE vont-ils encore baisser ?

Il semblerait que les prix européens du PE s’apprêtent à toucher le fond. Les producteurs d’éthylène ont en effet ralenti leurs rythmes de production et la fin annoncée du confinement dans plusieurs pays laissent planer une lueur d’espoir. Ces perspectives sont toutefois embuées par les incertitudes liées à la pandémie et la forte volatilité des cours des matières premières.

Des prix au plus bas depuis dix ans

 

Le cours européen de l’éthylène chutait de 200 euros/tonne début avril. La plupart des grades polyéthylènes ont suivi cette tendance, avec des baisses de prix en général égales à 100 euros/tonne. Certains matériaux ont enregistré des chutes de prix plus importantes, atteignant parfois 150 euros/tonne, en raison de l’effondrement de la demande. De tels niveaux de prix n’avaient pas été observés depuis 2009.

Tout n’est pourtant pas si noir pour les producteurs de polyéthylène. Certains d’entre eux ont réussi à remplir leurs carnets de commande pour certains grades. Les ventes à destination du secteur de l’emballage flexible. La demande des marchés agroalimentaire, pharmaceutique et de l’hygiène a en effet sensiblement augmenté en raison de la propagation du coronavirus en Europe.

Des difficultés d’approvisionnement sont également survenues pour certains grades PEBD. Cela s’explique encore une fois par la pandémie, qui a provoqué une forte réduction des importations pour ces matériaux, notamment ceux produits aux Etats-Unis.

Toujours est-il que la demande pour les polyéthylènes a, dans sa globalité, sensiblement chuté. Les mesures prises par plusieurs pays européens pour lutter contre le COVID-19 ont contraint plusieurs plasturgistes à fermer momentanément leurs usines.

 

Ralentissement de l’industrie pétrolière

La chute du cours européen de l’éthylène en début de mois, s’est accompagnée de deux records pour les prix du naphta. Le cours asiatique a atteint son plus bas niveau depuis 18 ans, tandis que le cours européen chutait de 179 euros/tonne selon ICIS.
 

L’effondrement des cours mondiaux du pétrole a ainsi poussé les raffineurs à ralentir leurs rythmes de production. Des décisions similaires ont été prises par la plupart des producteurs d’éthylène.  A cela s’ajoute la Force Majeure récemment déclarée par Boralis sur son cracker suédois de Stenungsund. Aucune date prévisionnelle de redémarrage n’a été indiquée.
 

On peut donc s’attendre à une réduction des disponibilités tant pour le naphta que l’éthylène. Des tensions pourraient donc survenir, et faire remonter les prix du monomère, au fur et à mesure que le déconfinement progresse.

La réduction du nombre de nouveaux cas de coronavirus a en effet poussé certains Etats européens à alléger les mesures de prévention qu’ils avaient engagées. Certains secteurs non-essentiels ont ainsi pu entamer la reprise progressive de leurs activités, notamment l’automobile et le BTP. Les producteurs de polyéthylène s’attendent donc à une reprise des commandes, et anticipent donc leurs propres approvisionnements en matières premières.

L’Europe n’est en revanche pas sortie d’affaire, puisque les experts alertent sur la possibilité bien réelle de voir une seconde vague pandémique survenir. Le fait que les cours mondiaux du pétrole aient atteint leur plus bas niveau depuis 18 ans, et ce malgré la réduction de production décidée par l’OPEP+, fait planer le doute sur le marché européen du polyéthylène. Les prix devraient ainsi se stabiliser, mais il est peu probable qu’ils ne repartent franchement à la hausse en 2020.

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