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Polypropylène

24 mai 2018

Polypropylène : les Etats-Unis à la recherche de nouveaux débouchés pour leurs exportations

La Chine a longtemps été l’épicentre manufacturier du monde. On y importait des matières premières pour ensuite exporter des produits finis vers l’Occident. On observe désormais une évolution du modèle économique chinois. L’Empire du Milieu cherche en effet à devenir plus autonome en termes de production de matières premières. Le polypropylène n’échappe pas à cette tendance.

Trouver des débouchés d’avenir

Si la Chine est encore loin de devenir un exportateur net de polypropylène, il n’empêche que cette nouvelle politique est problématique pour les Etats-Unis. Il s’agit désormais pour ces derniers de trouver de nouveaux débouchés pour les volumes destinés aux exportations, bien que les transformateurs chinois soient encore très demandeurs de polypropylène produit aux pays de l'Oncle Sam. Les données présentées plus bas montrent d’ailleurs que les importations chinoises de PP ont même tendance à augmenter.

D’après la revue Oil & Gas Journal, la production étasunienne de polypropylène est supérieure à la demande domestique depuis près de trente ans. Les marchés à l’export ont traditionnellement absorbé ces surplus de production. Les ajouts de capacités en amont, spécifiés dans un article précédent, ainsi que les projets d’augmentation de capacités de production de polypropylène décrits plus bas, devraient pousser les Etats-Unis à augmenter leurs exportations. La majorité des nouveaux volumes devraient logiquement être envoyés en Chine.

Il est toutefois probable que les pétrochimistes basés aux Etats-Unis réfléchissent déjà à de nouvelles destinations. La politique de Donald Trump pourrait également mettre en jeu l’excédent commercial existant avec le Mexique et le Canada. Les négociations sur la refonte de l’ALENA pourraient en effet provoquer une réduction des exportations de polypropylène vers ces pays. Sans la Chine, ni leurs voisins nord-américains, les Etats-Unis pourraient bien à terme se tourner vers l’Amérique du Sud et l’Europe. Il se peut également qu’ils choisissent de réduire leurs importations de PP, notamment celles provenant du Mexique et du Canada, afin d’absorber les volumes supplémentaires produits domestiquement.

Une faible production en cours d’augmentation

L’Asie est le plus grand producteur mondial de polypropylène, avec quelques 50 millions de tonnes annuelles. Ensuite vient l’Europe et ses capacités de production s’élevant à environ 11,5 millions de tonnes par an. Les Etats-Unis ne se positionnent qu’en troisième place, avec un peu plus de 8,5 millions de tonnes annuelles.

Ces derniers affichent cependant une volonté d’investir pour augmenter leurs capacités de production dans les années à venir. Si les sommes et les ajouts de capacités ne sont pas comparables à ceux prévus en Asie, ils sont suffisamment importants pour influencer le marché mondial du polypropylène. En voici une liste non-exhaustive :

  • Formosa : 500 kilotonnes annuelles à Point Comfort, au Texas, d’ici 2018
  • Braskem : 450 kilotonnes annuelles à LaPorte, au Texas, d’ici 2020
  • ExxonMobil : 450 kilotonnes annuelles à Baton Rouge, en Louisiane, d’ici fin 2021
  • Formosa : + 600 kilotonnes annuelles à Saint James, en Louisiane, d’ici 2022

Evolution des exportations et importations étasuniennes de polypropylène entre 2016 et 2017

Les données récemment publiées par ICIS montrent que les Etats-Unis ont la volonté de réduire leurs importations. Ils cherchent dans le même temps à augmenter les volumes exportés à l’étranger. Les exportations de PP sont ainsi passées de 1 025 000 tonnes en 2016 à 1 168 000 tonnes en 2017, soit une augmentation de près de 14%. Les importations de polypropylène s’élevaient à 291 kilotonnes en 2016, et sont tombées à 227 kilotonne en 2017, soit une chute de 22%. Voici le détail des données :

  • Volumes échangés avec le Mexique : 500 kilotonnes exportés en 2016 contre 599 kilotonnes en 2017. Les importations sont passées de 18 kilotonnes en 2016, contre 13 kilotonnes en 2017.
  • Volumes échangés avec le Canada : 248 kilotonnes exportés en 2016 contre 267 kilotonnes en 2017. Les importations sont restées stables : 23 kilotonnes en 2016 et 2017.
  • Volumes échangés avec les Amériques Centrale et Latine : 103 kilotonnes en 2016, contre 94 kilotonnes en 2017. Les importations ont également chuté : 61 kilotonnes en 2016, contre 42 kilotonnes en 2017.
  • Volumes échangés avec l’Asie du Nord-Est (Chine) : 57 kilotonnes en 2016, contre 98 kilotonnes en 2017. On remarque également une baisse des importations avec 63 kilotonnes en 2016 et 47 kilotonnes en 2017.
  • Volumes échangés avec l’Europe : les exportations vers le Vieux Continent demeurent stables avec 40 kilotonnes en 2016 et 38 kilotonnes en 2017. Les importations ont en revanche légèrement progressé : 25 kilotonnes en 2016, contre 29 kilotonnes en 2017.

L’infographie d’ICIS peut être téléchargée via ce lien.

Attention : l'enquête du BMP du mois de mai 2018 est en cours ! 

La prochaine enquête du BMP a lieu en ce moment-même ! Elle se tiendra jusqu'au mardi 6 juin au soir. Il n'est donc pas trop tard pour vous y inscrire ! Pour ce faire, veuillez contacter Bibiane Arnaud-Barbaza ou votre Délégué Territorial.
 
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