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10 mars 2017

Printemps 2017 : les fleurs bourgeonnent, les prix des polymères explosent

Constat inévitable du mois de mars : les prix des plastiques s’envolent. Toutes les matières ou presque sont touchées et ces hausses ne sont pas sans rappeler le goût amer de la crise du printemps 2015.

Commodités : des producteurs prêts à tout pour redorer leurs marges

Ils l’avaient dit, ils l’ont fait : les producteurs européens de PE et de PP ont augmenté leurs marges dès la première moitié du mois de février dernier. Tous ne sont cependant pas parvenus à atteindre leurs objectifs du premier coup mais ils peuvent compter sur une pression à la hausse de plus en plus insistante pour réussir.

Les augmentations des prix des polyéthylènes, comprises entre 35 euros/tonne et 70 euros/tonne selon les grades et les producteurs, se sont en général avérées supérieures à la hausse de l’éthylène en février. La demande soutenue des plasturgistes leur permettra sans doute de passer de nouvelles hausses lorsque les multiples maintenances annoncées commenceront. Les producteurs refuseraient d’ailleurs de livrer des quantités supplémentaires afin de permettre aux transformateurs de faire des stocks. La perspective de prochaines augmentations de prix explique cette décision. Dans la mesure où les références de l’éthylène ont encore été tirées à la hausse pour le mois de mars, la situation risque bel et bien de s’empirer pour les acheteurs de PE.

Quant au polypropylène, impossible de sortir du mois de février sans payer plus. Les producteurs ont réussi à reporter l’augmentation des coûts du C3 sur le PP sans trop de difficultés. En effet, l’augmentation de 220 USD/tonne des coûts du propylène produit en Amérique du Nord a  causé un mouvement de panique sur les marchés pétrochimiques globaux. En conséquence, les prix européens ont bondi de 50 euros/tonne par simple effet d’anticipation. Ils ont également profité des tensions sur les disponibilités en grades copolymères pour imposer des hausses plus importantes. Les conditions de marché actuelles étant clairement favorables au camp de l’offre, les producteurs annoncent des hausses supplémentaires comprises entre 70 euros et 80 euros/tonne pour les semaines à venir.

Dérivés du styrène : l’appétit des géants et le désarroi des plasturgistes

La tendance haussière n’a pas épargné les dérivés du styrène. Les acheteurs concernés sont d’ailleurs devenus les principales victimes de la volatilité des prix des polymères observée depuis le début de l’année. En effet, les augmentations des prix du styrène, qui a pris pas moins de 575 euros/tonne depuis le mois de novembre 2016, a fait l’effet d’un véritable raz-de-marée.

La conséquence ? Les prix du PS et du PS-E ont notamment flambé jusqu’à atteindre leur plus haut niveau en février dernier. Cette explosion des prix inédite, qualifiée de « dramatique » par Industrievereinigung Kunststoffverpackungen (IK, organisation professionnelle représentant les spécialistes allemands des emballages en plastique), serait causée par les maintenances entamées en Asie et en Amérique du Nord plutôt que par le cours du pétrole. Au-delà des aléas du marché, c’est désormais la survie des transformateurs de ces matières qui est en jeu. Bien souvent confrontés à des clients refusant de comprendre que ces augmentations de prix sont indépendantes de leur volonté, ils sont contraints de réduire leurs marges.

Elix Polymers, Ineos Styrolution, Trinseo et consorts n’ont pas épargné les marché de  l’ABS et du SAN, en imposant des augmentations successives généralement comprises entre 100 et 220 euros/tonne depuis le mois de janvier. Les acheteurs d’ABS sont notamment victimes de deux tempêtes, respectivement nommées styrène et butadiène. Ces dernières n’étant pas prêtes de s’essouffler, de nombreuses entreprises sont confrontées à d’insoutenables difficultés d’approvisionnement. Le marché de l’emballage n’est donc pas le seul à être touché : les industries automobile et médical pourraient également pâtir de l’envolée des prix des plastiques.

Le marché des polyamides frappé par une véritable onde de choc

Le marché européen des polyamides n’a pas échappé à l’orage, et a même fini par prendre la foudre.  Les prix du PA ont récemment grimpé en flèche et ne sont pas prêts de retrouver leur stabilité habituelle puisque de nouvelles hausses à trois chiffres sont attendues dans les semaines à venir. Cette catastrophe a révélé la nervosité des plasturgistes et de leurs clients qui tentent tant bien que mal d’effectuer des commandes à des prix raisonnables pour satisfaire la demande croissance du secteur automobile.

On notera entre autres l’exemple de BASF qui a augmenté ses prix sur le PA 6 de 550 euros/tonne et ceux du PA 6.6 de 350 euros/tonne en mars. Lanxess et DSM, un peu plus modestes, se sont contentés de hausses comprises entre 200 et 250 euros/tonne. Les  augmentations de février, appliquées ce mois-ci, seront vraisemblablement les premières d’une longue liste amenée à se dérouler au cours des semaines et mois à venir.
 
Face à de telles augmentations, toutes matières confondues et étalées sur plus d’un trimestre, les plasturgistes les mieux préparés peuvent peut-être affronter l’orage et s’en sortir sans trop de dégâts. Mais pour encore combien de temps ? Et surtout, quid des autres ?

Les dernières Mercuriales peuvent être consultées ici.

Vous pouvez également lire des articles sur l'augmentation des prix des dérivés du styrène et des polyamides.

Nous vous invitons à contacter le Service Intelligence Economique d'Allizé-Plasturgie pour toute question sur les prix des polymères ou le Baromètre des Matières Plastiques.
 
Cet article a été rédigé à l'aide des informations collectées dans le cadre de la veille stratégie du Service Intelligence Economique d'Allizé-Plasturgie.