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Products

18 avril 2018

Propylène : les Etats-Unis veulent-ils réduire leur dépendance aux raffineries ?

Enterprise Products avait prévu de démarrer sa nouvelle ligne de déshydrogénation de propane (750 kilotonnes/an) ainsi que ses nouveaux crackers de propylène en novembre 2017. La survenue de l’ouragan Harvey a cependant poussé le pétrochimiste à repousser son projet au premier trimestre 2018. Cet événement climatique a, entre autres, souligné la fragilité des raffineries.

Les Etats-Unis ont en effet souffert d’une pénurie de propylène entre novembre et décembre 2017 en raison de plusieurs arrêts provoqués par l’ouragan tout le long de la côte du Golfe du Mexique.

Le développement des capacités de production de C3 à partir de la déshydrogénation de propane permettrait aux Etats-Unis de réduire leur dépendance aux matériaux issus du raffinage du pétrole, qui représente actuellement 60% de la production locale de propylène. Les effets du réchauffement climatique commençant à se faire sentir avec la multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes, il parait logique pour les Etats-Unis de diversifier leurs moyens de production.

On notera également que plusieurs crackers devant démarrer fin 2017 n’ont pu le faire qu’en 2018, une fois l’ouragan et ses effets passés. Ces crackers se baseront sur l’éthane plutôt que sur le naphta. Cette technologie tend à produire des volumes moins importants de propylène. Les industriels peuvent cependant compter sur le démarrage de plusieurs sites de production d’éthylène. D’après ICIS, ces unités pourraient en parallèle produire plus de 200 000 tonnes annuelles de C3 supplémentaire.

Voici une liste non-exhaustive des crackers de propylène devant démarrer en 2018 :

  • ExxonMobil : 1,5 millions de tonnes annuelles à Baytown, au Texas (1er semestre)
  • Chevron Phillips : 1,5 millions de tonnes annuelles à Cedar Bayou, au Texas (1er semestre)
  • Shintech : 500 kilotonnes annuelles à Plaquemine, en Louisiane (1er semestre)
  • Sasol : 1,5 millions de tonnes annuelles à Lake Charles, en Louisiane (2ème semestre)
  • Lotte-Westlake : 1 million de tonnes annuelles à Saint Charles, en Louisiane (2ème semestre)

Le développement des capacités de production de propylène au programme des Etats-Unis

La volonté des Etats-Unis de s’imposer sur le marché mondial de l’éthylène est désormais bien connue. Les augmentations qui ont déjà eu lieu ont déjà un impact sur les échanges mondiaux, et cette tendance risque bel et bien de se confirmer au cours des années à venir.

Les pétrochimistes du pays de l’Oncle Sam semblent concentrer la plupart de leurs investissements sur le C2. Certains ont toutefois également prévu d’augmenter leurs capacités de production de propylène. Les Etats-Unis concentrent actuellement une capacité de production de C3 supérieure à 24,88 millions de tonnes annuelles. Aucune réduction ou fermeture de site n’étant prévue, les volumes produits devraient donc augmenter d’ici 2022. Voici une liste non-exhaustive des investissements déclarés par les producteurs :

 

  • Indorama : 20 kilotonnes annuelles à Lake Charles, en Louisiane, en 2018
  • Enterprise Products : 750 kilotonnes annuelles à Mont Belvieu, au Texas, en 2018
  • Formosa : 545 kilotonnes annuelles à Point Comfort, au Texas, en 2021
  • Ascend : 1 million de tonnes annuelles à Chocolate Bayou, au Texas, en 2022
  • Formosa : 600 kilotonnes annuelles à Saint James, en Louisiane, en 2022

Regard sur les exportations et importations étasuniennes de C3 en 2016 et 2017

Les données récemment publiées par ICIS démontrent que les Etats-Unis cherchent à augmenter leurs exportations de C3. La majeure partie des volumes exportés le sont vers le Mexique et les Amériques Latine et du Sud. Les Etats-Unis sont en revanche des importateurs nets de propylène vis-à-vis du Canada. On remarque également une légère tendance à l’augmentation des exportations vers l’Europe et l’Asie du Sud-Est d’une année sur l’autre.