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13 novembre 2019

Allizé’Day 2019 : Qu’avez-vous manqué ?

Jeudi 10 octobre dernier se tenait l’édition 2019 de l’Allizé’Day. Chaque année l’Allizé’Day réunit les industriels de la filière plasturgie et composites pour un temps de prise de recul, d’échanges et de partages d’expériences. Il s’est articulé autour de deux temps forts : la matinale technologique et la plénière. En parallèle, les apprentis du Cirfap ont été mis à l’honneur à l’occasion d’une cérémonie de remise de diplômes organisée pour la deuxième année consécutive.

La matinale technologique

Organisée au sein de la plateforme technique de formation du CFP/Cirfap, la matinale technologique représente une véritable vitrine des dernières innovations technologiques. Avec plus de 300 participants, cette édition de la matinale confirme l’intérêt des professionnels de la filière pour la découverte des tendances du marché.

Nous avons donné la parole à des partenaires aux expertises diverses et complémentaires. Ainsi, à travers des conférences complétées par des démonstrations en atelier, ce sont 14 entreprises partenaires qui se sont exprimées sur des thèmes aussi variés que les technologies composites, l’instrumentation des outillages, le scanner 3D, le nettoyage cryogénique, la fabrication additive ou encore la présentation de machines/équipements en amont du salon K à Düsseldorf (presse verticale, MES, etc.).

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Cérémonie de remise des diplômes

En fin de matinée, la cérémonie de remise des diplômes aux apprentis du Cirfap s’est tenue au siège d’Allizé-Plasturgie. Ce sont plus d'une centaine d'apprentis des promotions 2019 qui ont été célébrés.

Ils ont ainsi reçu leur diplôme en présence de leurs professeurs, leurs tuteurs, leurs proches et les administrateurs d’Allizé-Plasturgie : une belle opportunité pour valoriser la réussite et le travail de cette future génération d’industriels.

La plénière

La journée s’est poursuivie au Matmut Stadium de Gerland avec la plénière « un savoir-faire à faire savoir » dédiée aux fonctions communication, marketing, ventes.

L’objection de cette édition était d’attirer l’attention sur des fonctions parfois sous-estimées, voire méconnues, des industriels. L’ambition affichée était d’apporter un éclairage sur les leviers disponibles pour valoriser ses activités et accroître son développement. Des points de vue d’experts et des témoignages de dirigeants d’entreprises se sont succédés pour nourrir la réflexion des 550 industriels présents. Les prises de paroles ont permis de (re)mettre l’accent sur une notion centrale : le client est au cœur du business.

Comme l’a indiqué Flavie Salha, consultante chez Elixir Conseil et chargée d’enseignement à HEC en Executive Education : « entendre l’utilisateur final nous donne du pouvoir, on peut le conseiller ». Selon Flavie Salha, une écoute client axée sur l’identification des problèmes, et non tournée vers la vente, permet de faire émerger les besoins latents et les opportunités. Cela permet d’adapter l’offre et de mettre en avant les avantages apportés par un produit/service. Nous passons ainsi d’un discours auparavant axé sur le produit à un discours axé sur l’avantage client. Présenter son offre en terme de création de valeur constitue un levier pour passer de « simple fournisseur » à partenaire privilégié et construire une relation de collaboration plus équilibrée.

Karim Bouras, fondateur de l’agence d’inbound marketing Nile, partage cette vision lorsqu’il souligne l’importance de la satisfaction client. En effet, parmi les plus grands facteurs d'influence sur le processus d'achat nous comptons les recommandations et le bouche-à-oreille : « 74% des clients considèrent le bouche à oreille comme l’élément le plus influent dans leur décision d’achat » (Ogilvy). Dans l’industrie, le cycle inbound contribue à transformer les clients en ambassadeurs ; il s’articule autour de trois temps :

  • attirer : ajouter de la valeur avant d’en extraire
  • engager : rendre facile le fait de faire du business avec vous
  • satisfaire : le succès du client avant votre propre succès.

Le cycle inbound fonctionne comme un cercle vertueux.

En complément de ces leviers marketing et communication, nous ne pouvions pas faire l’impasse sur les problématiques de « plastic bashing » auxquelles l’ensemble de la filière est confronté. Olivier Cimelière, directeur adjoint de l’ESJ Pro, est intervenu pour décrypter cette situation et apporter des pistes de réflexion.
Le constat est simple : la perception des plastiques change. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce renversement : une sensibilité citoyenne accrue, une défiance envers les industries, la médiatisation des scandales sanitaires et l’activisme croissant des ONG avec l’émergence des réseaux sociaux.
Face à cette situation, Olivier Cimelière souligne l’importance pour la filière plasturgie de maintenir et retisser des liens avec la société civile, et de contrer la désinformation. La force du collectif doit s’inscrire dans la durée : des actions ont d’ores et déjà été initiées (rencontres avec des élus, décideurs et journalistes, publication de tribunes, réalisation d’argumentaires, visites d’usines, etc.) et la contribution de chaque acteur peut aider à rectifier les perceptions de la société. Il apparaît nécessaire de se réunir pour être capable de prendre la parole, d’accepter la conversation et de favoriser la concertation.

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Conscients des enjeux, certains industriels ont déjà initié des réflexions stratégiques et déployé des plans d’action. Cette plénière a été l’occasion de leur donner la parole pour mettre en lumière leurs actions et recueillir leurs retours d’expériences (facteurs clés de succès, organisation interne, bénéfices tirés, etc.).
Le choix des témoignages s’est volontairement porté sur des secteurs d’activités différents. Ainsi, Valentin Pfaifer, directeur général du groupe Lépine (fabricant de matériel et d’instruments chirurgicaux) a présenté sa stratégie pour devenir un partenaire privilégié du milieu médical, au niveau national et international. Valentin Pfaifer reconnait lui aussi l’importance du client : « on se met à la place du client en lui montrant directement la valeur qu’on peut apporter ». Dans un marché où la communication est régulée, le groupe Lépine a fait le choix du digital. Ce fut l’opportunité pour le groupe de réaffirmer son identité, de travailler son image de marque et de recréer une connexion avec le client pour faire connaitre son savoir-faire.

Deux industriels de la plasturgie sont venus compléter ce témoignage : Antoine Bouillard, président du groupe Anvi (spécialisé dans la transformation des plastiques pour les activités industrielles, l’activité commerciale jardin et l’activité commerciale santé) et Xavier Gaudefroy, dirigeant de l’entreprise Synoxis (spécialisée dans le développement et la fabrication sur-mesure de pièces plastiques pour tous secteurs d’activité). Les deux dirigeants se rejoignent sur la force du collectif.
Xavier Gaudefroy explique l’origine de sa stratégie : « nous avons commencé par mettre nos forces en commun pour créer un groupement amical avec deux autres chefs d’entreprises ». Antoine Bouillard ajoute : « il est nécessaire d’avoir un groupe motivé et favoriser la communication interne. C’est à partir de la communication que l’on créé le changement ».
Ici de nouveau, le client est au cœur des réflexions. Antoine Bouillard souligne qu’il faut adapter la communication pour répondre aux attentes spécifiques de chaque type de client. Par conviction, Xavier Gaudefroy quant à lui a mis en place un processus de co-création : les clients sont invités à créer leur produit avec les équipes de Synoxis. Les actions initiées ont permis aux deux entreprises de gagner en performance.

Après des témoignages riches en enseignements, Emmanuelle Perdrix, présidente d’Allizé-Plasturgie et Benoit Dorsemaine, délégué général d’Allizé-Plasturgie, sont revenus sur les enjeux et perspectives d’Allizé-Plasturgie. Benoit Dorsemaine a présenté les actions qui seront déployées dans le cadre du projet AP2020 :

  • Continuer à communiquer et informer sur l’offre de services en direction des industriels pour la rendre plus lisible ;
  • Poursuivre la démarche d'amélioration continue et de recherche de performance sur les modes de fonctionnement actuels ;
  • Développer les modes de formation alternatifs en complément du présentiel et les synergies entre les équipes formation initiale et formation continue.

Emmanuelle Perdrix s’est ensuite exprimée sur les réflexions en cours entre Plasti-Ouest, Gipco, Allizé-Plasturgie et la Fédération de la Plasturgie et des Composites pour construire une organisation et une représentation des professionnels de la filière plasturgie et composites performante et adaptée à nos enjeux actuels (images des produits, transformation vers une économie circulaire).

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Cette après-midi de conférences s’est conclue par une expérience mêlant magie et psychologie. Laurent Beretta, conférencier et mentaliste, a proposé au public une nouvelle vision de l’expérience client. Sa performance a mis en lumière l’impact des émotions sur les perceptions des individus et donc leur importance dans une relation client.

L’ensemble des temps forts de la journée se sont révélés complémentaires. Les innovations technologiques présentées durant la matinale technologique sont au cœur de l’intérêt des industriels de par leurs impacts sur les activités quotidiennes de production. L’expertise technique et le savoir-faire d’excellence relatifs au secteur sont indéniables. Toutefois, nous espérons que les conférences de la plénière ont pu apporter un autre angle de lecture du métier d’industriel, sensibiliser aux enjeux de communication et marketing et rappeler une notion centrale : le client est centre de la stratégie et des activités.

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