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10 décembre 2019

Exposition « Matières à créations » : les plastiques à la source d’initiatives créatives

Inaugurée en septembre dernier, l’exposition « Matières à créations, les plastiques de tous les possibles » met à l’honneur des initiatives créatives d’artistes et designers rendues possibles grâce aux matériaux plastiques. Ici place aux processus de création : à travers une scénographie représentant un atelier d’artistes, les visiteurs découvrent comment les artistes et designers ont appréhendé, étudié et travaillé les plastiques pour donner naissance à des œuvres inédites. Zoom sur les créations.

Investir l'avenir

Exposition réalisée dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir The plast to be, bénéficiant du soutien financier de la Région Auvergne Rhône-Alpes et de la Banque des Territoires pour le compte de l’Etat

 

Des centaines de polymères pour des possibilités infinies


L’évolution de la filière plasturgie et composites, des technologies de transformation et les efforts d’ingénierie ont créé de nombreux matériaux plastiques. Leurs caractéristiques uniques leur permettent d’offrir une large palette de formes, de textures, de couleurs, de performance… proposant ainsi aux artistes et designers des matériaux correspondant pleinement à leurs projets de création. C’est cette multitude de possibilités que nous avons voulu illustrer à travers l’exposition « Matières à créations ».
 

Les plastiques comme outil d’expérimentation

Chaise Panton / Panton Verner

La Panton Chair est un classique de l’histoire du mobilier. Conçue par Verner Panton en 1960, elle fut la première chaise en plastique moulée d’une seule pièce. Il n’a été possible de la produire, conformément à sa conception originale, que depuis 1999 en matière plastique durable, teintée dans la masse, avec une finition mate. La structure en porte-à-faux alliée à une forme adaptée au corps et à un matériau souple confère à la chaise un grand confort d’assise. La Panton Chair a obtenu de nombreux prix de design internationaux, et fait aujourd’hui partie des collections permanentes de nombreux musées célèbres. Sa forme expressive en a fait l’une des icônes du design du XXe siècle.

Fauteuil II / Philipp Aduatz

Les structures naturelles, telles que les os, ont la propriété d’être de faible densité et de pouvoir supporter une charge importante. C’est ce principe qui a inspiré Philipp Aduatz, designer autrichien. Son travail résulte de l’étude de la structure de fossiles et d’anciens squelettes d’animaux. L’artiste a ainsi dessiné un réseau complexe de cellules et connexions pour composer le Fauteuil II. L’oeuvre est le fruit d’un process de design réfléchi. Un premier prototype, Fauteuil I, en mousse de polystyrène et lacque polyurethane, a permis à Philipp Adduatz de préciser son projet pour aboutir à un objet aux caractéristiques optimisées. Fauteuill II est composé d’un polymère renforcé de fibre de verre, lui permettant ainsi de supporter une charge élevée tout en restant très léger.

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La production en série grâce à l’injection plastique

Algues / Ronan et Erwan Bouroullec

Créés en 2004, les Algues de Ronan et Erwan Bouroullec sont des modules en polypropylène qui ressemblent à des plantes. Connectables à l’infini, les modules s’attachent entre eux pour créer des cloisons légères, des éléments de séparation ou de décoration. Chaque module (environ 20 cm) est réalisé dans un moule par injection plastique. Le choix de cette technique se justifie par la capacité à reproduire à grande échelle des pièces plastiques. Editées par Vitra, les Algues sont commercialisées auprès du grand public.

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Les plastiques, matières premières pour un travail artisanal

Diamètres standards / Thibault Perrin

Diamètres standards est le fruit d’une recherche expérimentale menée sur le potentiel des tubes PVC. En considérant le tube PVC comme une matière première disponible en grande quantité et à bas prix, Thibault Perrin, jeune designer et étudiant à l’ENSCI, a cherché à exploiter la facilité de travail des tubes pour les transformer de manière artisanale. A la bonne température, les tubes peuvent être mis en forme à la main, avec un minimum d’outillage. Ainsi, est née la collection d’objets nommée Diamètres standards, réunissant un porte-manteau, une lampe de poche et un arrosoir.

Textile abaca et plastiques / Parsi

La société lyonnaise Parsi allie le savoir-faire du tissage traditionnel philippin de la fibre d’abaca et la modernisation du textile par l’insertion de fils en plastiques recyclés. 
Les fibres d’abaca sont extraites, nouées et tissées entièrement manuellement, la fibre étant conique et ne supportant pas la tension du moulinage et du bobinage.
La fibre plastique utilisée est extraite de filets de pêche usagés pour la transparence ou de bouteilles de plastique recyclées en billes, teintes et extrudées pour obtenir un fil opaque et brillant.
Les fils obtenus sont tissés pour aboutir à des tissus utilisés dans le secteur du luxe pour la décoration et l’ameublement.

Flip the Flop / Ocean Sole
Lophelia Pertusa / Olivia d’Aboville

Le collectif Ocean Sole et l’artiste Olivia d’Aboville partagent la même volonté de sensibiliser à la pollution des mers en collectant les objets plastiques jetés pour les transformer en sculptures. A travers leurs réalisations, ils invitent à une prise de conscience des enjeux environnementaux.
Basé au Kenya, le collectif Ocean Sole collecte les tongs échouées sur les plages pour les sculpter. Les plastiques souples et multicolores des tongs permettent de donner naissance à des animaux. Chaque sculpture est taillée manuellement par un artisan local, chaque modèle est ainsi unique.
Olivia d’Aboville, installée aux Philippes, transforme les bouteilles, cuillères et touilleurs abandonnés sur les côtes de l’archipel philippin. Les plastiques sont chauffés pour pouvoir leur donner des formes plus organiques, inspirées des créatures marines.
 

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Quand l’impression 3D se démocratise

Print your Duralex / Le Studio collectif 5.5

A l’occasion des 70 ans de la marque Duralex, le Studio 5.5 a célébré le verre iconique « Picardie » (grand incontournable des cantines scolaires) en imaginant une collection de 70 compléments d’objets. Conçus grâce à l’impression 3D, ces accessoires viennent se fixer sur le verre pour lui conférer de nouveaux usages. Cette flexibilité de design est rendue possible grâce à l’expansion de l’impression 3D. Pour rendre le design accessible au plus grand nombre, les fichiers 3D ont été mis à disposition du grand public. Les modèles exposés au sein d’Allizé-Plasturgie ont été réalisés par notre plateforme de fabrication additive.

Tabouret OneShot / Patrick Jouin

OneShot est un tabouret pliant créé par le designer Patrick Jouin. La particularité de ce tabouret : il ne contient ni axe, ni vis, ni ressort ou charnière visible. Pourtant, juste par gravité, un simple faisceau vertical de tiges en polyamide se déploie avec fluidité jusqu'à devenir une assise. Le miracle dans tout cela, c'est la technique du frittage de poudre qui autorise en une seule opération la fabrication de l'assise, des pieds et des articulations dissimulées et inextricables. OneShot est fabriqué en position fermée, ce qui permet d'en fabriquer quinze simultanément dans le volume d'une machine où normalement deux tabourets ouverts tiendraient à peine.

Jupe Virus / Anastasia Ruiz

La collection de prêt-à-porter intitulée « Virus » est le fruit d’une collaboration entre Anastasia Ruiz, designer parisienne, et Sculpteo, spécialiste de l’impression 3D. « Virus » constitue une métaphore de la société en constante évolution, changeante, à l’instar d’un virus. La jupe Virus s’inspire de l'univers de la biologie et des éléments passés au microscope. Après plusieurs tests, Anastasia Ruiz a associé le textile à des éléments imprimés en 3D avec des matériaux plastiques souples (polyuréthane thermoplastique) spécifiquement élaborés par Sculpteo. La flexibilité du plastique souple permet de créer des vêtements avec des formes inhabituelles, tout en conservant la souplesse du tissu.

Impression 3D grand format / Agence Métropole

Depuis janvier 2019, des personnes de bande-dessinée en grandeur nature, accueillent les voyageurs en gare d’Angoulême. Ces œuvres XXL, réalisées grâce à une imprimante 3D dotée d’un grand volume d’impression (les pièces pouvant atteindre 1,5 m x 1,2 m x 1,8 m), sont l’œuvre de l’agence évènementielle Métropole. Les créations ont ensuite été polies, laquées et peintes dans l’atelier de Métropole à Paris. L’impression 3D offre une multitude de possibilités de création.

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Les plastiques sont la seule famille de matériaux qui peut revendiquer une telle diversité de formes, textures, nuances de couleur. Ils permettent de défier les usages classiques, de favoriser la création avec pour seule limite l’imagination des artistes.

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