Aller au contenu principal

12 juin 2020

3 questions à David Anger, Directeur général de Microplast/Ecom

Créée en 1984, la société Microplast s'est développée pour devenir un groupe de compétences maîtrisant en interne conception, réalisation de moules, moulage et parachèvement, rassemblés en un seul lieu basé dans le Val de Marne en Ile-de-France. David Anger nous explique comment ils font face à la crise du Covid-19.

Depuis l'entrée en vigueur des mesures de confinement le 17 mars 2020, comment vous êtes-vous organisé(s) en interne pour maintenir l'activité de Microplast ? 

Nous avons mis en place du télétravail pour les équipes de l'ADV, les chefs de projets, les groupes d'études. Nous organisons des points réguliers avec les équipes en télétravail. Puis nous avons rapidement mis du gel hydroalcoolique en place et des masques, laissé les portes ouvertes pour éviter d'avoir à toucher les poignées de portes. Nous avons communiqué sur les gestes barrières à effectuer pour tous les salariés qui continuaient de se rendre sur place avec des affichages, réorganisé le réfectoire, les espaces communs. Nous avons demandé aux salariés à risque de rester chez eux. 

De quelle manière la crise sanitaire impacte-t-elle votre environnement ? 

Actuellement, nous avons une dizaine de salariés en télétravail et une quinzaine en arrêt de travail. Certains de nos clients ont fermé notamment dans l'électronique et le bâtiment. Nous avons arrêté la production du Gobi qui était notre produit phare. La première bouteille d'eau réutilisable, lavable au lave-vaisselle et personnalisable fabriquée en France. Au total, c'est une perte de 30 à 35 % de notre chiffre d'affaires. 

Comment vous êtes-vous mobilisés pour que l'entreprise participe à "l'industrie de guerre" ? 

Nous avons vu sur les réseaux sociaux que Anthony Seddiki avait monté la fabrication d'un masque visière avec l'association visières solidaires. Nous sommes allés à sa rencontre pour savoir si nous pouvions l'aider. A la suite de notre échange nous avons décidé de fabriquer un moule pour en produire 3 à 4000 par jour. Nous avons dessiné le plan de pièce au bureau d'étude, fabriqué le moule et débuté la production il y a une semaine. Nous en avons déjà 3600 qui partent du côté de Metz à destination des soignants pour alimenter les hôpitaux. Notre objectif était de soutenir la démarche en réalisant un moule d'injection qui permettrait de produire de façon industrielle et donc en plus grand nombre. 

Nous avons mis 10 jours à fabriquer le moule. Nous avions moins de production sur les Gobi donc les salariés ont été mobilisés sur ce projet. On est sur un budget de 25 000 euros pour le moule. Aujourd'hui, nous en faisons don. De plus, nous avons des demandes de devis de la part de sociétés de nettoyage, de la grande distribution qui souhaiteraient être équipées pour protéger leur salarié. Je pense que demain, nous irons faire nos courses avec un masque et cela pendant un certain temps et nous voulons pouvoir répondre à cette demande. Aujourd'hui, nous n'avons pas regardé les coûts pour aider et fournir les hôpitaux. Nous regarderons tout cela dans un second temps et espérons qu'à ce moment-là, les pouvoirs publics seront à nos côtés. 

Nous tirons aussi les conclusions de ce genre d'initiative. Nous avons senti que les salariés étaient très motivés, on a fabriqué le moule en un temps record. Il y a eu une mobilisation des équipes qui a été véritablement exceptionnelle et nous réfléchissons déjà à ce que nous pourrions faire post confinement pour remercier les salariés porteurs du projet et tous ceux qui ont travaillé dessus. 

Microplast / Ecom

  • Localisation : 94520 Périgny sur Yerres 
  • Date de création : 1978 pour Ecom et 1984 pour Microplast
  • Date d'arrivée de David Anger : mars 1994
  • Nombre de salariés : 15 sur Ecom et 40 sur Microplast
  • Marchés : automobile, industrie électronique, bâtiment, sécurité, médical. 

À lire aussi