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Créer son entreprise de conseil après une carrière en plasturgie ?

21 juillet 2020

Créer son entreprise de conseil après une carrière en plasturgie ?

Virginie Durand, ingénieure consultante, nous raconte. Forte de ses années d'expériences en plasturgie et direction de laboratoire, Virginie Durand prend un virage dans son projet professionnel et se tourne vers le création d'entreprise. C'est en qualité d'ingénieure consultante qu'elle prend la parole pour présenter son parcours et partager avec nous les étapes de sa création d'entreprise.

Pouvez-vous vous présenter et nous en dire un plus sur votre parcours ? Pourquoi avez-vous fait le choix de la filière plasturgie ? 

J'ai 54 ans et suis "jeune" entrepreneur en tant qu'ingénieure consultante. Mon parcours de plasturgistes a débuté à l'université de Saint-Etienne, ville où j'habitais, et qui proposait une maîtrise des sciences et techniques "Technologie et Transformation des Matières Plastiques". Cela m'a plu et j'ai complété cette formation en devenant ingénieur à l'EAHP de Strasbourg. Ayant pris le goût de la rhéologie expérimentale et, parce que j'adore apprendre, j'ai ensuite passé un doctorat au CEMEF (thèse sur les défauts d'extrusion). Mon intérêt pour ce métier ne s'est jamais démenti. J'ai beaucoup exercé ma vie professionnelle à l'interface entre le monde académique et le monde industriel. 

En parallèle à l'enseignement de la rhéologie aux futurs ingénieurs, au Pôle Européen de Plasturgie, j'ai travaillé avec l'équipe de développement pour des groupes multi-clients sur l'amélioration de la maîtrise des procédés essentiellement en injection. A Plastform 71, j'ai pris en charge et développé le laboratoire de caractérisation en restant en contact avec des étudiants via une vacation en rhéologie à l'IUT. Je lançais une activité de modélisation de l'extrusion lorsque malheureusement, nous avons déposé le bilan. Grâce aux contacts avec l'IUT et la cellule de valorisation de la recherche, j'ai alors rejoint la filiale de l'université de Bourgogne et monté le pôle de caractérisation des matières plastiques. Mon profil de plasturgiste "généraliste" -si j'ose dire- c'est-à-dire connaissant la transformation, le bureau d'étude et le laboratoire m'a permis d'avoir le plus de pertinence possible pour les prestations proposées, et j'ai rajouté un aspect qualité à mon arc. Le leitmotiv du "savoir comprendre" au service du "savoir-faire" me porte aujourd'hui dans mon projet d'entreprise. 

Pourquoi avoir fait le choix de lancer votre entreprise ? Comment a débuté votre projet et de quelle manière avez-vous été accompagnée ? 

Pour ce choix de création, déjà une inspiration familiale : mon grand-père et mon père avaient créé chacun une entreprise de tissage éponge, ma mère un commerce. Le fait d'entreprendre était donc dans mon champ des possibles. Il m'a fallu du temps avant de sauter le pas. Mes filles grandissant me laissant un peu plus de liberté, le besoin de sortir du laboratoire et d'aller plus sur le terrain, le désir de définir moi-même ma stratégie sont devenus de plus en plus impérieux : je me mets donc à mon compte pour exercer mon métier différemment et avoir toute la latitude de décider moi-même. 

Pour construire ce projet et en cerner le contour, j'ai suivi une formation "Demain je crée" chez BGE (ndlr : organisme de soutien à la création d'entreprise). En 6 semaines courtes et intenses, j'ai parcouru le b.a.ba du chef d'entreprise : travail sur la posture, étude de marché, business plan, statuts, communication, marketing, etc.

Je suis accompagnée dans cette création : j'ai bénéficié d'un CAPE (Contrat d'appui au projet d'entreprise) avec la couveuse Potientiel à Chalon-sur-Saône puis maintenant avec l'Envol. Cela me permet de sécuriser mon parcours, de pouvoir échanger avec des professionnels de la création d'entreprise et de nouveaux entrepreneurs comme moi qui traversent les mêmes interrogations et la même solitude. Cela me dégage aussi de la gestion comptable de mon activité. 

Je peux me concentrer sur mes prestations et prendre à bras le corps mes nouveaux métiers (communication, commercial,...) que j'apprends "sur le tas". 

Comment la crise sanitaire liée au Covid-19 a-t-elle impacté votre activité ? Comment envisagez-vous la reprise d'activités ? 

La crise du Covid-19 m'a immobilisée : j'étais dans une belle dynamique de prospection et, à l'annonce du confinement, il m'a semblé inopportun de solliciter les entreprises pour des rendez-vous dans cette période difficile. Je me suis donc auto-censurée, sûrement un travers d'entrepreneur débutant qui cherche encore sa légitimité, il me faut maintenant relancer la machine ! 

Le leitmotiv du "savoir comprendre" au service du "savoir-faire" me porte aujourd'hui dans mon projet d'entreprise.

Aujourd’hui, comment pouvez-vous accompagner les entreprises de la plasturgie  ?

Après 15 ans de direction de laboratoire avec études et caractérisations tous azimuts de matières plastiques, j’ai défini trois axes d’accompagnement . Les entreprises s’adressent à moi pour la réalisation d’études sur les matériaux plastiques  : faire un choix matière ou une analyse de concurrence, comprendre des causes de défaillance, analyser l’incidence de recyclé sur les propriétés … Ce premier axe concerne aussi des entreprises d’autres secteurs.

J’interviens également sur l’axe « process et matière » pour l’optimisation de la transformation. Ayant été auditrice interne, j’ai un regard « qualité » qui s’additionne à l’œil plasturgiste. Ensuite, les entreprises peuvent utiliser mes compétences laboratoire pour définir du matériel de contrôle ou des analyses pertinentes, mettre en place de bonnes pratiques.

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

Pour les prochains mois, il me faut développer mon chiffre d’affaires pour pouvoir vivre de mon entreprise. Je vais aussi rechercher des partenaires pour inscrire dans mon axe « process » des « mesures online ». J’avais travaillé sur ce sujet dans mon premier poste  : nous instrumentions tout ce que nous pouvions - presses, moules, unités de plastification, etc. - pour comprendre, démontrer, améliorer et j’analysais toutes ces données. Aujourd’hui, nombre d’entreprises ne sont toujours pas équipées. Mettre un « œil » dans une empreinte ou une filière est un vrai saut qualitatif, je souhaite donc le proposer aux PME

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