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Bénédicte Delorme, Chef de projet chez Astra Plastiques

22 octobre 2020

[Fier d'être plasturgiste] Bénédicte Delorme, Chef de projet chez Astra Plastiques

Pour la deuxième année consécutive, nous sommes allés à la rencontre de professionnels pour vous en proposer les portraits. Un focus pour ce numéro plus particulièrement sur les plus jeunes qui parlent avec passion de leur métier.

Bénédicte delorme

 

 

Je vois toute l'évolution que nous sommes capables de faire, de réaliser et cela me rend fière ! 

Bénédicte Delorme, Chef de projet chez Astra Plastiques.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?

J'ai 33 ans, j'ai réalisé un BEP plasturgie après le collège et j'ai poursuivi en bac pro, pui en BTS en alternance dans la même entreprise. J'ai eu l'opportunité de faire mon stage de BTS Europlastic (Cirfap) l'été 2008 en Allemagne. Ce fût une expérience enrichissante à la sortie de l'école de me retrouver dans un pays que je ne connaissais, avec une langue que je ne maitrisais pas. Cela m'a donné envie de naviguer en plasturgie. Pendant deux ans, j'ai accompli différentes missions CDD dans différentes entreprises, de la petite entreprise micro-technique à l'entreprise de cosmétique, en tant que technicienne-régleuse.

J'ai alors décidé de reprendre ma formation avec une licence en industrialisation et amélioration de process. Je souhaitais me rapprocher de l'expertise méthodes. Dans le cadre d'un contrat de professionnalisation, je suis devenue assistante ingénieur industrialisation. Cela fait maintenant 7 ans que je suis dans la R&D. J'ai évolué vers un poste de chef de projet pour les nouveaux produits. Je travaille pour Astra Plastiques qui produit des bouchons pour l'emballage à destination de plusieurs secteurs : eaux minérales, pharmacie, alimentaire, détergents.

Qu'est-ce qui a été déterminant pour vous dans le choix de la plasturgie ? 

Je suis tombée dedans quand j'étais petite ! Je cherchais une orientation après la 3ème et je ne voulais pas aller en seconde générale. Mon souhait était d'apprendre un métier. En participant aux événements dédiés à l'orientation à Chalon-sur-Saône, j'ai découvert la plasturgie et j'ai été attirée par la perspective de fabriquer des produits du quotidien. J'ai visité le lycée et j'ai trouvé mon bonheur ! A la fois la dimension manuelle et intellectuelle, un métier très complet avec tout ce que l'on peut fabriquer et toutes les technologies que l'on peut utiliser. Pour moi en plasturgie, on ne pourra jamais s'ennuyer. 

Qu'est-ce qui vous stimule le plus dans votre métier ? 

C'est le fait de suivre des projets, pendant des mois parfois pendant des années comme dans le médical par exemple. On travaille dessus, on cherche à tenir tous les objectifs pour parvenir à la satisfaction du client. Il y a l'adrénaline du démarrage et toutes les phases où il ne faut pas "se louper" jusqu'au lancement chez le client. Et puis parfois, il m'arrive de voir "mes" produits dans les magasins. C'est très gratifiant. Ce qui me plaît, c'est aussi toute la phase études, le travail sur les propositions à faire aux clients pour répondre à leurs demandes. Et participer à l'obtention d'un nouveau marché. 

Comment vivez-vous la crise sanitaire du covid-19 ?

Je suis en télétravail. Evidemment, je ne peux pas aller chez les clients et les fournisseurs pour les rencontrer. J'ai donc le sentiment de perdre tout les aspects humains et sociaux qui gravitent autour d'un projet. Dans mon poste, je travaille avec tous les services de l'usine, alors forcément ce n'est plus vraiment pareil lorsque l'on ne peut plus se rencontrer. Pour moi qui aime voir beaucoup de monde, je dois m'adapter. Au niveau de mon entreprise, nous n'avons rien arrêté. Ce n'est pas envisageable lorsque l'on fournit les bouchons de détergents, de médicaments ou pour l'alimentaire. Nous avons mis en place une organisation spécifique. Certains sont en télétravail, d'autres sont répartis sur le site et puis en production nous sommes déjà habitués à appliquer des mesures d'hygiène.

Nous avons mis en place des solutions pour préserver la santé des salariés afin de pouvoir travailler le plus sereinement et notre direction est à l'écoute et nous pouvons échanger. Dès le début de la crise, le comité de direction a été très mobilisé. C'est vraiment complexe de prévoir ou prédire les situations à risque et chacun doit prendre sa part de responsabilité. Au fil des semaines les choses se sont mises en place. Nous avions un stock de produit désinfectant pour nos lignes de production, cela nous a aidés. Et chaque poste était déjà équipé de distributeur de gel hydroalcoolique. Notre mairie a également distribué des masques lavables aux entreprises locales. Bien sûr toutes ces mesures ne remplacent pas les gestes barrières qui restent les gestes les plus appropriés pour lutter efficacement contre ce virus. 

Quelle est votre vision des perspectives pour notre filière ?

Le plastic bashing, cela m’atteint car on dévalorise l’industrie de la plasturgie qui est une industrie assez propre selon moi. Nous consommons l’eau en circuit fermé, nos presses consomment de moins en moins d’énergie et sont de plus en plus toutes électriques. Oui, c’est vrai la matière plastique vient du pétrole, mais la transformation de ce matériau est propre. Néanmoins, c’est aussi l’occasion de nous pousser dans nos retranchements, pour trouver des solutions alternatives, explorer d’autres pistes. Je pense que cela va varier nos activités et faire naître de nouveaux modes de travail.

Nous allons voir arriver de nouveaux métiers, de nouvelles manières de travailler. Par exemple en conception nous cherchons à atteindre les performances du produit en allégeant au maximum. Nous nous tournons aussi vers le recyclage chimique ou mécanique. Je crois que cela peut nous faire grandir professionnellement. On sent qu’il peut y avoir des résistances à la modification de nos habitudes de consommation et donc de production. Mais les qualités des plastiques ne doivent pas être oubliées.

Alors, fière d’être plasturgiste  ?

Oui, je suis fière d’être plasturgiste. Je suis heureuse d’être dans la plasturgie et je suis très intéressée par mon travail. Pour certaines applications je ne pense pas que d’autres matériaux pourraient être privilégiés aux plastiques car ils n’en ont pas toutes les propriétés. Au fil des années, on fait de plus en plus de choses avec les plastiques. Des choses très techniques dans le sport ou l’automobile par exemple. Je vois toute l’évolution que nous sommes capables de faire, de réaliser. Et cela me rend fière.

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