Aller au contenu principal

14 novembre 2018

Un nouveau Président pour Allizé Plasturgie Grand Est

« Une des forces d’Allizé-Plasturgie est de s’appuyer sur des professionnels en activité afin d’animer le conseil d’administration de ses entités régionales. Cette force a malheureusement son revers avec les évolutions professionnelles de ses membres. Je n’échappe pas à la règle et je me vois contraint de renoncer à mon mandat de Président d’Allizé-Plasturgie Grand-Est à la suite d’une opportunité professionnelle dans un autre secteur que celui de la plasturgie. Fort Heureusement, les forces vives ne manquent pas et c’est avec un immense plaisir que j’accueille la candidature et la nomination de Gilles Istin à ma succession ».

C’est avec ces mots d’introduction qu’Antony Prissette, DG de Lindal France et Président d’Allizé-Plasturgie Grand-Est a passé le flambeau à Gilles Istin.

En effet, l’organisation professionnelle Allizé-Plasturgie Grand-Est a élu pour nouveau Président, Gilles Istin, Directeur Commercial, Marketing & Innovation du Groupe KNAUF Industries. Pour découvrir Gilles Istin, nous vous proposons une interview réalisée par Aurélia Le Roux, Déléguée Régionale d’Allizé- Plasturgie Grand Est.

POUR MIEUX CONNAÎTRE GILLES ISTIN

Gilles Istin

AP : Gilles Istin, vous êtes maintenant Président d’Allizé-Plasturgie Grand-Est, racontes-nous ton parcours :

GI : " Je suis ingénieur des industries agroalimentaires, diplômé d’ONIRIS Nantes. J’ai principalement travaillé au sein de secteurs fournisseurs de l’industrie agroalimentaire, plus spécifiquement l’industrie chimique et la plasturgie. Les groupes Canadien Diversey puis Anglo- Néerlandais Unilever au sein desquels j’ai oeuvré pendant une douzaine d’années, m’ont permis de mettre en application différentes facettes de la technique et du développement commercial. L’objectif était simple : améliorer l’hygiène des surfaces et des locaux en industrie alimentaire ou restauration collective, grâce à la mise en oeuvre de formulations nettoyantes et désinfectantes et des méthodes associées.

La problématique est d’ailleurs toujours d’actualité puisque la sécurité sanitaire des aliments est une préoccupation constante des acteurs de cette filière. J’y reste moimême particulièrement sensible.J’ai exercé dans différents pays d’Europe et d’Afrique, ce qui m’a ouvert l’esprit, formé à la culture de la diversité, aux rencontres inédites, au potentiel des équipes, aux richesses humaines et culturelles. La vie professionnelle est souvent faite d’opportunités ! Ce fût l’une d’elles, en suivant l’un de mes mentors particulièrement convaincant, qui m’a fait, il y a 20 ans maintenant, découvrir la plasturgie. J’en suis très heureux, je ne le regrette pas un instant ! Au fil des années, je suis donc devenu plasturgiste et « plastophile » raisonné. J’ai cheminé et progressé au sein de belles entreprises du secteur, souvent leaders sur leurs marchés, telles qu’Allibert Manutention, Amcor Packaging Europe ou Graham Packaging. Je me suis immergé dans les nombreuses technologies utilisées en plasturgie, pour en découvrir les problématiques et les avantages (l’oeil de l’ingénieur), pour en valoriser les productions (l’oeil du développeur d’affaires) sur des marchés tels que les pièces techniques, la logistique, l’automobile, la santé, la cosmétique, le bâtiment, bien sûr l’agroalimentaire, pour n’en citer que quelques-uns. Comme vous l’aurez compris, je suis un ingénieur épris de développement commercial et de marketing, en n’oubliant jamais ce que le développement économique d’une filière doit aux progrès de l’ingénierie et aux innovations en matières et procédés. En 2010, je rejoins KNAUF Industries, filiale du groupe industriel familial allemand KNAUF. D’abord Directeur Commercial, j’évolue ensuite vers les fonctions de Directeur Général France, avant de devenir Directeur Commercial, Marketing & Innovation pour l’ensemble du groupe, avec de nouveaux challenges au sein d’un groupe familial aux potentialités multiples et à la culture empreinte de pragmatisme et d’exigence."

AP : Du coup, quand votre chemin a-t-il croisé celui d’Allizé-Plasturgie ?

GI : " Pour faire simple : « Merci Benoit » ! En 2012, un collègue me vantait les mérites d’Allizé-Plasturgie et m’a présenté Benoit Dorsemaine, alors Délégué Régional en Rhône-Alpes. J’ai été séduit par l’offre de services multiples, qui permet d’être utilement conseillé quant aux questions que tout entrepreneur se pose un jour : ressources humaines, droit des affaires, hygiène sécurité environnement, veille concurrentielle et marketing, veille technologique et économique, ou encore interrogations relatives aux matières, à l’innovation. Ce qui m’a frappé, c’est la facilité du travail en symbiose, la qualité des contacts avec les permanents d’Allizé-Plasturgie. Peu d’associations professionnelles territoriales apportent à leurs adhérents ce lien de proximité, cette expertise, ce pragmatisme, cette réactivité dans l’action. La structure d’Allizé-Plasturgie peut paraitre complexe au premier abord. Il n’en est rien et ce malgré la taille de l’organisation, les multiples départements et pôles de compétences. En tant qu’adhérent, la seule image que nous voyons, c’est le bénéfice de la réponse, c’est la facilité d’accès à la connaissance, quelle qu’elle soit. Nos interlocuteurs Allizé-Plasturgie sont là pour répondre à nos besoins, et s’ils n’ont pas compétence sur certains sujets, ils s’efforcent toujours de nous mettre en lien avec l’expert adéquat. Pour moi, c’est ce type de service de qualité que je recherche. D’ailleurs, KNAUF Industries, en tant qu’adhérent, est un utilisateur des ressources et des services d’Allizé-Plasturgie, pour le plus grand bénéfice de nos équipes et de nos affaires".

AP : Vous avez donc vécu la création d’Allizé-Plasturgie Grand-Est ?

GI " J’aime particulièrement un proverbe africain qui illustre parfaitement ma pensée et mes lignes d’actions managériales : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». En l’occurrence, ce qui m’intéresse le plus, c’est la dynamique de groupe et ses résultantes. Effet levier d’un collectif de dirigeants qui ont décidé de travailler ensemble, au bénéfice de la profession. Visibilité accrue, par la consolidation de notre organisation régionale, par le regroupement sur un périmètre pertinent. Les régions me semblent être le bon niveau d’agrégation, pour peser davantage sur les orientations et les décisions, aux plans régionaux, nationaux et européens. Néanmoins, il est tout à fait essentiel de garder un oeil attentif à la culture et aux spécificités locales, qui apportent également beaucoup à notre richesse collective".

AP : A quoi tient cette réussite d’après vous ?

GI Evitons l’autosatisfaction et utilisons à bon escient, temps et énergie, au service d’actions orientées vers nos adhérents, pour le développement de notre industrie. De façon générale, montrer des réalisations, du développement, du dynamisme, a beaucoup de sens. Une organisation professionnelle doit être représentative et augmenter son influence, notamment par l’apport de nouveaux adhérents. Elle doit renforcer sa visibilité auprès des parties prenantes et partenaires de la filière, interagir avec eux. En 2015, les dirigeants de différentes associations locales ont travaillé de concert pour faire émerger un syndicat fort, attractif. Aujourd’hui, je suis ravi de constater qu’Allizé- Plasturgie Grand Est continue de se développer. C’est une belle construction qu’il faut pérenniser. Nos succès reposent également sur les femmes et les hommes qui oeuvrent au développement de notre organisation. Les administrateurs sont proches du terrain, avec des responsabilités opérationnelles, en lien avec les défis majeurs de l’évolution des entreprises et de la plasturgie en particulier. Ils savent de quoi ils parlent ! Allizé-Plasturgie, ce sont aussi des équipes, tant locales qu’interrégionales, qui associent compétences et dynamisme au service de leurs membres. Cet ensemble, la capacité de chacun à construire et à agir de concert, perpétuera une filière forte en région. C’est aussi cela le développement durable, même si cette assertion a pris un autre sens, porteur d’enjeux mais aussi de transformations positives pour notre industrie des plastiques.

AP : Mais qui est l’homme, Gilles Istin ?

GI Après de longues années passées en région parisienne, je me suis établi avec ma famille à Colmar en 2010. Ce fut un réel changement de vie, positif pour mes proches et moi-même. Avec un job passionnant et prenant, j’ai besoin de m’aménager des temps de décompression, des moments qui ressourcent. Physiquement et intellectuellement. C’est vital pour le corps et la santé, c’est indispensable pour l’esprit et l’imagination, la génération de nouvelles idées. La marche ? Mon terrain de jeu est à proximité avec le Massif Vosgien, à quelques encablures de Colmar. L’unité de décompression physique ? 20 – 25 km, une ou deux fois dans la semaine. Je pratique épisodiquement le vélo. Ma fille m’a récemment impliqué dans un traquenard consistant en une balade de santé sur 4 jours, entre Vienne et Budapest, 360 Km le long du Danube. Je ne pense pas me replonger dans les richesses culturelles de l’Empire austro hongrois dans un avenir proche … ou je choisirai une autre forme de mobilité ! La lecture ? Je dois dire que je n’ai pas d’auteur favori et mes goûts sont fort éclectiques. Biographies, romans issus des grands auteurs classiques, contemporains qui me réservent souvent d’agréables surprises, thrillers ou policiers, romans d’aventures ou d’épopées narrant l’exploration des limites de la résistance humaine. L’important pour moi, c’est l’évasion et l’élaboration d’un cadre propice à la réflexion. Mes lectures sont toujours des sources d’idées et de créativité. Evidemment, pour mes proches, la question lancinante est : trop de livres ou pas assez d’étagères ? .

AP : En résumé, qu’est-ce qui vous a amené à accepter cette nouvelle mission de Président ?

Les enjeux auxquels doit faire face notre filière sont nombreux. Les réformes engagées sur la formation professionnelle, l’évolution des métiers, l’axe clé du développement de l’innovation, le recyclage, la Stratégie Plastique Européenne, la Feuille de Route de l’Economie Circulaire du gouvernement français, et surtout l’image du plastique et de la Plasturgie, sont autant de sujets qui font l’actualité de notre profession. Depuis que je travaille au sein de cette industrie, je suis profondément intéressé par les technologies et les matériaux, mais aussi par les possibilités presque infinies offertes par ceux-ci. Il est important de débattre sur l’intérêt des matières plastiques, des produits issus de nos centres de recherche et de production, en toute transparence, en toute rationalité, en déminant les procès d’intention. Depuis quelque temps, les discours se radicalisent, en opposition aux matières plastiques, occultant complètement les avantages des matériaux considérés. Il est important d’être honnête intellectuellement, d’identifier les sources des problématiques existantes afin de mener des actions efficaces, intégrant également des activités éducatives. Nous ne sommes pas responsables de tout et nous devons expliquer. C’est pour cela que je m’engage aux côtés de nos entreprises adhérentes et des permanents experts d’Allizé-Plasturgie. Devenir Président d’Allizé-Plasturgie Grand Est est un moyen de répondre collectivement à ces enjeux et ce, dans la continuité du travail de mes prédécesseurs, et notamment, Jean-Loup Sergent, David Leleu ou Hubert Schaff. Ce n’est pas une mission solitaire. La force d’Allizé-Plasturgie est de s’appuyer sur un Conseil d’Administration constitué de dirigeants impliqués et moteurs pour agir et d’une équipe qui réalise un travail formidable au quotidien, le rôle de Président est alors d’essayer de mettre en valeur tout le travail réalisé. En résumé, continuons l’aventure, il y a tant encore à faire !