Aller au contenu principal

30 juillet 2019

AG Allizé-Plasturgie PACA et Corse - Les challenges industriels de demain, du biomimétisme à l'intelligence artificielle

Ce 17 mai 2019, une cinquantaine d’industriels, de professionnels et d’institutionnels se sont rencontrés au sein de la Team Henri Fabre à Marignane, un lieu propice aux innovations du futur, àl’occasion de l’Assemblée Générale et la Rencontre Annuelle d’Allizé-Plasturgie Provence Alpes Côte d’Azur & Corse.

La TEAM Henri-Fabre est un pôle d’innovation mutualisée, dédié aux Industries du Futur. C’est un accélérateur de technologie, un accélérateur de compétitivité, un accélérateur de business. La TEAM accompagne les entreprises du secteur industriel dans la création de richesse avec une méthodologie collaborative et originale. Cette méthodologie basée sur l’open innovation facilite l’émergence rapide de projets d’innovation à coûts maîtrisés. La Team Henri FABRE est membre du syndicat Allizé-Plasturgie PACA & CORSE.

La première partie de la journée a été l’occasion d’exposer aux adhérents les actions menées en 2018. Le Président, Bruno Feuillère a développé les grands axes en lien avec les attentes des industriels de la Région au travers du rapport moral ainsi que du rapport financier de notre organisation et procéde aux votes des résolutions. Il a tenu à souligner auprès des membres de l’importance de la feuille de route de l’organisation qui permet : « d’offrir les services qui répondent aux besoins de vous tous, préparer l’avenir en formant nos compétences de demain, maintenir l’offre d’apprentissage sur la région et la montée des compétences de nos équipes, défendre les intérêts de la plasturgie et s’inscrire dans la continuité au niveau des actions menées pour contribuer à votre développement de demain ».

Puis Bruno Feuillère a souhaité vivement remercier Jean Martin, Délégué Général de la Fédération de la Plasturgie et des Composites de sa présence et de sa participation à notre rencontre annuelle. Pendant plus d’une heure, Jean Martin a exposé l’ensemble des actions auprès des membres de l’assemblée sur les dossiers importants du moment. Huit axes ont été développés comprenant : - Les affaires publiques pour défendre les intérêts de la profession auprès des décideurs politiques et économiques (suivi institutionnel renforcé de 5 projets de loi pour assurer une meilleure compréhension de l’industrie de la plasturgie et de ses enjeux par les décideurs publics ainsi qu’auprès de plus de 50 parlementaires et responsables ministériels, de la réalisation et la diffusion d’un kit affaires publiques aux entreprises adhérentes).

  • La communication pour impulser une image valorisante de la Plasturgie (190 journées PUXI pour sensibiliser plus de 10 000 jeunes à nos métiers), une présence renforcée jeunes à nos métiers), une présence renforcée sur le web (140 000 pages du site vues et 6 000 abonnées sur les réseaux sociaux).
  • un budget de 290K€ pour promouvoir les métiers en coopération avec le ministère de l’Éducation Nationale). - Le social pour une politique de branche efficace et responsable (3,6 millions d’euros d’aides pour aider à mettre en place des projets d’amélioration des conditions de travail via une convention nationale avec la CNAM-TS).
  • La formation pour renforcer les filières de formation d’excellence (9 millions d’euros de taxe d’apprentissage pour soutenir les écoles de la plasturgie et 19 projets pour la formation des salariés dans le cadre d’un accord avec l’État (EDEC)).
  • La prospective pour consolider la filière (publication d’un panorama programme de 24 mois Accélérateur Plasturgie & Composites).
  • L’économie pour avoir une vision des marchés et éclairer la stratégie « matière » (outil Web Plastinforme- diffusion de 12 fiches matières actualisées chaque mois).
  • L’innovation pour une meilleure rentabilité et durabilité (30% du budget du CTI IPC consacré à l’économie circulaire).
  • Le développement durable (réunions sur la feuille de route de l’économie circulaire organisées par le Ministère de la transition écologique- outil d’autodiagnostic mise en ligne proposé aux industriels).

La seconde partie de la journée concernant la Rencontre annuelle a été l’occasion de visiter la plateforme technologique de la Team Henri Fabre conduite par Stéphane Magana, Directeur de la Team Henri Fabre et tout particulièrement le département Matériaux avec les installations de laboratoires et d’expérimentation ainsi que le département fabrication additive.

Les échanges et les partages sur les enjeux de la filière se sont poursuivis avec l’organisation d’une table ronde traitant cette année des challenges de demain : du biomimétisme à l’intelligence artificielle. Comment intégrer ces deux innovations au sein de notre filière Plasturgie & Composites demain ? Quels programmes existent au sein du CTI IPC ? Quels exemples opérationnels sont à ce jour proposés aux entreprises ?

Mme Luce Marie Petit (Ingénieur au CEEBIOS - (Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis), nous a exposé le contexte, les enjeux et les opportunités du biomimétisme. On regroupe sous le terme de Biomimétisme, toutes les ingénieries inspirées du vivant. D'où également, la qualification de bio-inspiration. Il s'agit ainsi non pas de copier mais bien de s'inspirer des solutions inventées par la nature, et sélectionnées au cours de milliards d'années d'évolution, pour répondre à une problématique qui se pose à notre société humaine. Le tout avec des coûts environnementaux et énergétiques bien moindre que ceux proposés par d'autres types d'ingénieries. Le velcro est l’un des exemples les plus connus de biomimétisme. Utilisé pour les vêtements, il est inspiré de plantes munies de crochets qui leur permettent de faire transporter leurs graines par des animaux.

L'intelligence artificielle va révolutionner les industries, que ce soit pour remplacer l'homme dans ses tâches rébarbatives par l'automatisation ou lui venir en aide dans le diagnostic mécanique ou médical. IA consiste à mettre en oeuvre un certain nombre de techniques visant à permettre aux machines d'imiter une forme d'intelligence réelle. L'IA se retrouve implémentée dans un nombre grandissant de domaines d'application.

Au fil des années, les entreprises entraînent leurs algorithmes pour les rendre plus performants. Leur progrès est notamment dû à l’évolution de l’électronique leur offrant des puissances de calculs toujours plus importantes, ou des systèmes optimisés pour pouvoir faire tourner les algorithmes au plus proche de l’objet.

Jacques Pain, Président du Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse, nous présente une vision globale de l’IA. Alors qu'en 2015 le marché de l'intelligence artificielle pesait 200 millions de dollars, on estime qu'en 2025, il s'élèvera à près de 90 milliards de dollars.

L’intelligence artificielle nécessite une grande quantité de données et, ainsi, une grande puissance de calcul pour réaliser son apprentissage par renforcement (deep learning). Les fabricants d’électronique ont alors mis au point des puces dédiées au supercalculateurs, comme c’est le cas de Nvidia, Intel ou AMD, mais développent également des puces d’inférence pour les datacenters permettant de faire tourner rapidement des algorithmes de deep learning préentraînés.

L’objectif est d’avoir une intelligence artificielle déportée (sur le cloud) plus performante. Des géants du web, comme Facebook (partenariat avec Intel), Amazon Web Services ou encore Google Cloud, sont également sur le coup.

L’intelligence embarquée : dans les systèmes cyberphysiques basés sur l’intelligence artificielle, la question d’embarquer la puissance de calcul ou de la déporter sur le cloud revient régulièrement. Par souci de connectivité ou de sécurité des données, des entreprises ont développé de l’intelligence artificielle embarquée. Cet IA «on the edge » réalise les calculs et son apprentissage sur l’objet grâce à l’optimisation des algorithmes pour ne pas nécessiter de grande puissance de calcul.

C’est le cas notamment en industrie pour Cartesiam IA. La startup, basée à Toulon Var Technologies, développe des logiciels spécialisés dans l’intelligence artificielle embarquée. Un milieu qui offre de multiples chemins que la jeune entreprise compte bien emprunter pour devenir la référence du secteur. Proposant de faire de la maintenance prédictive que nous expose Edouard Dulau (Directeur Délégué de Cartesiam) en nous présentant son produit BOB.

Le premier assistant de maintenance autonome à intégrer une intelligence artificielle embarquée directement dans des capteurs. Fort des retours d’expériences sur les difficultés des entreprises pour déployer chez elles l’industrie 4.0, les équipes d’Eolane ont imaginé une solution disruptive de maintenance prédictive.

Yves Schmitt (Directeur des Relations Clients du CTI IPC- Le Centre Technique Industriel de la Plasturgie et des Composites) explique que dans le cadre du programme général de recherche (PGR) de la profession, ce sont 29 actions mises en place en faveur de l'innovation plastique et composites.

Ce Plan Général de Recherche a été coconstruit par des experts et avec les industriels pour les soutenir dans leur transition vers l’usine 4.0. Il va accompagner les choix technologiques du futur. IPC va assurer la promotion des résultats auprès des entreprises bénéficiaires. IPC fournit ainsi un support recherche et développement à toutes les entreprises, y compris les PME et TPE.

IPC s’appuie sur une veille mondiale large et ancre son Programme Général de Recherche dans la stratégie de la profession définie par la Fédération de la Plasturgie et des Composites et les grands enjeux mondiaux, les besoins marchés identifiés dans la vision du pôle de compétitivité Plastipolis. L’objectif du Plan Général de Recherche, c’est de travailler à rendre intelligents les procédés, les matériaux, la combinaison procédés/matériaux pour aller vers l’usine du futur en restant proche des marchés-clefs. Le Plan Général de Recherche se matérialise dans 14 actions de ressourcement, et 15 actions collectives. Les actions de ressourcement préparent le futur et les actions collectives préparent le transfert industriel des innovations d'IPC.

« Il s’agit de générer de l’intelligence grâce à l’interaction matériaux/ procédés. Les plastiques représentent des possibilités infinies pour continuer à innover. Et si nous étions capables de combiner 3D et l'électronique plastique ? D’avoir des matériaux biosourcés intelligents ? C’est en travaillant en collaboration avec les meilleurs partenaires, ceux qui ont une avance technologique, que nous allons pouvoir relever ces challenges. » poursuit Yves Schmitt.

Nos Remerciements pour leur participation à Luce Marie Petit (CEEBIOS Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis), Jacques Pain (Président du Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse), Yves Schmitt (Directeur des Relations Clients du CTI IPC. Le Centre Technique Industriel de la Plasturgie et des Composites) Edouard Dulau, (Directeur Délégué de CARTESIAM). Nos Remerciements pour leur soutien à nos partenaires : EDF à M. Antony Jullian & M.Cyril Montoni Advance Solutions à M. Jérôme Stivin Billon, M.Benvenuto Rossi, M.Michel Goury APICIL, Mme Sylvie Lacommare et à Mme Sandra Costa.

Merci à l’ensemble des adhérents, à nos invités, à nos partenaires de leur présence, ainsi qu’à Stéphane Magana et son équipe de la Team Henri Fabre et Monsieur Frédéric Dubessy : rédacteur en chef d’Éconostrum pour son professionnalisme durant l’animation de la table ronde.

À lire aussi