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20 décembre 2018

Allizé'day 2018 entre prise de conscience & action, la profession se met à nu

Le jeudi 25 octobre dernier se tenait l’Allizé Day 2018, l’événement a rassemblé 600 industriels autour de la thématique de l’économie circulaire. Une journée rythmée par deux temps forts historiques : la matinale technologique et la plénière, mais avec une nouveauté cette année, l’organisation de la cérémonie de remise de diplômes aux apprentis du Cirfap au sein du nouveau siège. Au vue des résultats de notre enquête de satisfaction et des retours positifs de nos industriels, nous pouvons affirmer que cette édition 2018 a été une réussite.

L’Allizé'Day c’est LE rendez-vous incontournable des acteurs de la filière plasturgie et composites, et chaque année l’ensembledes équipes Allizé-Plasturgie travaillent sans relâche pour offrir aux participants un événement marquant. A chaque temps fort son identité, et cette année encore l’organisation a été attentive à la diversité des sujets abordés ainsi que des intervenants. Cette rencontre annuelle est l’occasion de découvrir les dernières innovations techniques et technologiques tout en bénéficiant, en seconde partie de journée, d’un éclairage multiple sur les grands sujets d’actualité qui rythment le quotidien de notre profession.

Cette année, la matinale technologique a donné la parole à 14 intervenants, sur des sujets aussi variés que l’extrusion, l’industrie 4.0, l’instrumentation des moules, le procédé d’injection sandwich ou encore la fabrication additive. Des conférences complétées par quelques démonstrations sur machine et un format qui rencontre toujours autant de succès. Ainsi, plus de 88% des participants estiment que la matinale technologique, alliant conférences et démonstrations en atelier, répond globalement à leurs attentes. Les conférences ont également été jugées pertinentes et adaptées aux préoccupations actuelles des industriels, par plus de 85% des participants à la suite de notre enquête de satisfaction.

Une édition 2018 qui a quelque peu évolué, puisque cette année l’événement intégrait la cérémonie de remise des diplômes aux apprentis du Cirfap, au sein du nouveau siège social d’Allizé-Plasturgie. Ainsi, juste avant la pause déjeuner, nos 178 apprentis des promotions 2018 ont reçu leur diplôme en présence des administrateurs d’Allizé-Plasturgie, de leurs professeurs, de leur tuteur et de leurs proches. Un moment privilégié pour valoriser la réussite de cette future génération d’industriels, mais également pour initier des échanges entre les jeunes professionnels et les chefs d’entreprises présents.

La plénière est le dernier volet de cette journée événementielle qui, pour la seconde année consécutive, s’est déroulée au MatMut Stadium de Gerland.Un après-midi de confrontation des points de vue autour de la question de l’économie circulaire. Les intervenants se sont questionnés sur les leviers à disposition des industriels pour réussir à intégrer leur activité au sein de cette économie. Des conférences variées et complémentaires qui ont été jugées pertinentes par 95% des participants, estimant que les sujets abordés lors des interventions étaient en lien avec leurs préoccupations actuelles. Les participants repartent avec de nouvelles perspectives pour le développement de leur activité. Des résultats prometteurs au vu du défi que représente l’économie circulaire pour la filière plasturgie & composites.

Comme l’a souligné Sylvain Raux, Président d'Allizé-Plasturgie lors de son discours d’ouverture :

 L’économie circulaire est un projet de société. Faire cohabiter le monde de l’entreprise et celui de la société civile en logique, en harmonie et non en opposition, c’est l’enjeu ! » De nombreux points clés ont été soulignés durant les conférences de l’Allizé Day, et notamment la nécessité pour la filière d’évoluer et d’aller de l’avant.

Sébastien Petithuguenin, vice-président Environnement de la Fédération de la plasturgie et des composites, le résume assez bien en disant : « Bougeons-nous ! La filière Plasturgie & Composites doit agir, valoriser ses actions, et promouvoir les démarches des entreprises qui interviennent en faveur d’une économie circulaire ». Des propos forts mais à la hauteur du défi que représente la feuille de route française de l’économie circulaire (Frec) pour notre filière. En effet, la France va devoir décliner les grandes étapes des directives européennes, incluant notamment la réduction des plastiques à usage unique, il va donc être nécessaire de repenser nos pratiques.

Olivier Vilcot, vice-président du syndicat des régénérateurs de matières plastiques (SRP) & directeur général division recyclables plastiques Suez le confirme également : « Si on n’utilise pas de recyclés, c’est toute l’industrie qui est menacée ». Leurs interventions sont d’autant plus marquantes que le public de l’Allizé Day est constitué de dirigeants. Des hommes et des femmes qui, par leurs décisions et leurs actions, participeront à l’évolution de la profession. Conscients des changements qui nous attendent, certains industriels ont déjà entrepris des démarches en interne afin de favoriser la mise en place de démarches éco-responsables. Cette plénière a été l’occasion de mettre en lumière leurs actions, et surtout de rappeler l’importance de les valoriser auprès des clients. A l’image d’Yvan Riva, PDG d’AG PLAST, qui lors de l’achat de son entreprise il y a dix ans, a souhaité donner du sens à son action en orientant son activité sur la production de grandes pièces en matières recyclées (composteurs, dalles de sol, palettes McDonald's…).Par conviction, il a fait le choix de n’utiliser au sein de ses produits que 30% de matière vierge, au profit de matières plastiques recyclées auxquelles il donne une visibilité nouvelle. Yvan Riva constate que ces dernières années, les clients sont devenus très sensibles aux questions d’éco-conception et d’économie circulaire. L’utilisation de matières recyclées devient ainsi un argument marketing important pour son entreprise et il n’hésite pas à s’en servir. Xavier Croisille de Citec Environnement reconnait également que : « les clients nous poussent à aller plus loin dans l’utilisation de matières recyclées ».

Une prise de conscience sociétale perçue par les donneurs d’ordre, qui constatent cette évolution des attentes consommateurs. Comme le souligne Arnaud Rolland, directeur associé RSE de Coca-Cola European Partners : « on assiste à un changement des usages et des attentes des consommateurs, c’est un signal fort pour la filière ». Malgré la nécessité d’agir, le sujet reste encore sensible car comme l’indique Arnaud Rolland « les plastiques deviennent un sujet émotionnel ». Lors de cette plénière, les intervenants se sont tous accordés à dire qu’il est essentiel, dans le contexte actuel, de revenir aux faits et aux chiffres lorsque l’on veut parler de plastiques de manière objective.

Pour Bertrand Fillon, directeur général de recherche IPC : « la problématique actuelle - l’image négative des plastiques - est globale. Nous devons travailler tous ensemble afin de démontrer aux utilisateurs finaux toutes les possibilités qu’offrent les matériaux plastiques. » Il insiste également sur l’importance d’éclaircir notre communication et nos messages afin d’éviter tout abus de langage. Un avis partagé par Vincent Pluquet, Président de Végéplast, qui au travers de son expérience constate qu’un travail de communication est inévitable si l’on veut donner une vision plus juste de notre profession. Fabricant de granules en plastique bio sourcé d’origine végétale, il s’attache à rappeler régulièrement que : « une matière bio dégradable n’est pas forcément bio sourcée ». Le grand public a une vision incomplète de la filière Plasturgie & Composites, une situation qui nécessite une action collective ainsi qu’une remise en cause et une réflexion sur l’ensemble de nos pratiques.

La plénière de l’Allizé Day, c’est un après-midi de conférences intense mais riches d’échanges et d’enseignements. La succession des 14 intervenants, aux parcours variés, a permis d’aborder la question de l’économie circulaire sous plusieurs angles, en intégrant notamment le point de vue de la jeune génération. Une jeunesse que les employeurs ont parfois du mal à cerner, mais qui représente pourtant les professionnels de demain. Les industriels sont conscients que la filière a encore des progrès à faire en termes d’attractivité jeunes. Ils constatent que l’attention des jeunes professionnels est plus facile à captée, lorsque l’on parle de développement durable ou d’innovation. Bertrand Fillon le confirme : « On a des mots clés pour attirer les jeunes : éco conception, intelligence artificielle ». Un avis partagé par Justine Fleutelot, chef de projet junior éco-conception Rovip, qui explique que c’est son attrait premier pour l’environnement qui lui a permis de découvrir et de s’intéresser à l’univers de la plasturgie. Pour elle, il faut « [faire] confiance aux jeunes ! », car ils ont la volonté de travailler et d’agir différemment. Cette nouvelle génération ne représenterait-elle pas la clé pour la mise en place d’un processus de développement responsable et respectueux de l’environnement réussi ?

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