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a société ECP a su tirer son épingle du jeu

26 février 2019

Entre innovation & dépassement de soi la société ECP a su tirer son épingle du jeu

Depuis sa création en 1996, l’entreprise ECP est spécialisée dans le nettoyage ultra-propre des pièces de précision plastiques, métalliques et en verre. D’abord filiale du groupe SNEF pendant huit années, la société passe ensuite sous le giron du groupe américain Entegris. Toutefois, en 2018, ce rôle de prestataire de service n’est plus suffisant pour Olivier Prioux, dirigeant historique de la structure, qui décide alors de prendre son indépendance et de faire d’ECP une entreprise indépendante. Nous l’avons interviewé afin d’en savoir plus sur sa stratégie de développement, et sur l’apport de la plasturgie pour le secteur du médical.

Après 20 ans passés au service de groupes internationaux, pourquoi avoir fait le choix de vous lancer seul ?

Cette décision a été motivée par un constat simple, notre stratégie de développement n’était plus en accord avec celle du groupe Entegris. Le groupe américain souhaitait se recentrer sur son cœur de métier, à savoir la fourniture de produits et systèmes qui purifient, protègent et transportent les matériaux critiques utilisés dans la fabrication des semi-conducteurs. De notre côté, au sein d’ECP nous souhaitions nous développer de manière homogène sur nos 4 secteurs d’activité que sont le médical, le pharmaceutique, le semi-conducteur et l’industrie. Tout au long de notre histoire, l’entreprise ECP a toujours eu une activité marginale, très éloignée du cœur de métier des groupes auxquels nous avons appartenu. Sortir du groupe Entegris nous a ainsi permis d’accroitre notre activité sur certains marchés, et nous cherchons désormais à nous implanter sur des pays européens tels que l’Allemagne ou les Pays Bas. Avec 20% de notre chiffre d’affaires réalisé en Europe, nous avons d’ores et déjà noué des relations de travail intéressantes avec des clients implantés sur ces territoires.

Ce changement de trajectoire n’aurait pu voir le jour sans l’audace de mes collaborateurs de l’époque, qui m’ont suivi dans cette folle aventure. De même, sans le soutien d’InnovaFonds, actionnaire majoritaire d’ECP, nous n’aurions pu prendre notre autonomie et développer notre activité comme nous le faisons aujourd’hui. Notre partenaire nous a permis d’obtenir le capital nécessaire pour faire grossir la société. Alors qu’à nos débuts nous comptabilisions 3 salariés, aujourd’hui l’entreprise emploie pas moins de 85 personnes.

Pourriez-vous nous expliquer les spécificités de votre activité ?

Notre société est spécialisée dans le nettoyage de précision des pièces et surfaces pour quatre secteurs d’activité (médical, pharmaceutique, semi-conducteur & industrie). L’activité majeure se développe dans le médical, nous travaillons notamment sur le nettoyage et le conditionnement en salle propre d’implants (genoux, hanche, colonne vertébrale, dentaire…). Une fois les pièces nettoyées, elles sont emballées de façon hermétique afin de subir par la suite l’étape de stérilisation (généralement par rayonnement Gamma). L’emballage des pièces devra rester intègre jusqu’à l’ouverture par le client final, ceci afin d’éviter une contamination des produits. Une activité sensible qui nécessite de la rigueur, on se doit d’amener les pièces des clients dans des spécifications de propreté très strictes. Le secteur de l’industrie est notre dernier domaine d’activité, et nous travaillons plus spécifiquement sur les marchés de l’automobile, de l’aéronautique ou encore du spatial.

Nous tirons ainsi avantage de toutes les technologies de nettoyage développées dans nos autres secteurs, et les adaptons pour le secteur de l’industrie. Nos clients peuvent ainsi bénéficier d’un nettoyage de leurs pièces et surfaces, avec le plus haut niveau de propreté requis. En parallèle de notre activité principale, nous sommes très attentifs à proposer des solutions et technologies à la pointe de l’innovation. Nous participons d’ailleurs à des projets de recherche afin de trouver de nouvelles techniques permettant d’améliorer le nettoyage ainsi que la mesure du niveau de propreté. La société ECP est constituée d’une équipe R&D qualifiée, qui travaille en collaboration avec des laboratoires et centres de recherche dans une optique d’optimisation continue de nos pratiques de travail. Au sein de l’entreprise on s’attache à rester informé des dernières évolutions scientifiques et innovations développées sur nos différents secteurs d’activité.

ecp - secteur médical ecp - secteur médical

L’innovation semble être au centre de vos préoccupations, expliquez-nous pourquoi ?

L’innovation a toujours été une des valeurs clés de l’entreprise, et cela depuis sa création. Au sein d’ECP nous avons toujours eu l’envie d’innover, et nous restons attentifs à développer de nouvelles technologies pour nettoyer mais aussi mesurer le niveau de propreté. Une volonté qui, depuis 1996, se traduit par un partenariat entre l’entreprise et le CEA de Grenoble.

Comme je l’expliquais précédemment, le caractère multi sectoriel de notre entreprise nous permet d’adapter des technologies créées initialement pour un marché tel que le médical, afin qu’elles puissent être utilisées pour des applications dans l’aéronautique, par exemple. Notre positionnement aux croisements de quatre secteurs d’activité permet à ECP de renforcer son expertise et de nourrir sa capacité d’innovation. D’ailleurs, notre responsable R&D, David Cheung, fait partie du conseil scientifique de l’ASPEC, le réseau francophone multi-filières pour la maîtrise de la contamination particulaire, chimique et microbiologique dans les salles propres. Il joue un rôle clé pour l’entreprise puisqu’il nous fait bénéficier des connaissances et informations acquises lors de ces rencontres, nous permettant de rester à la pointe de la technologie.

L’innovation est l’un de nos leitmotivs, ce qui explique le fait que nous ayons lancé cette année deux projets innovants en interne. Le premier projet concerne la numérisation de nos dossiers de fabrication et de nos instructions de travail, car nous souhaiterions réussir à dématérialiser un maximum de nos supports. Et le second projet concerne la création d’un centre de compétences techniques autour des thématiques de nettoyage ultra-propre, intégrant notamment des technologies avancées telles que le laser, le plasma ou le CO2 supercritique. Nous souhaitons que cet espace soit collaboratif, il sera donc ouvert aux clients qui souhaitent mener des tests sur leurs produits. Une équipe dédiée sera présente à leurs côtés pour les accompagner et leur prodiguer des conseils personnalisés. La dimension collaborative de cet espace, est pour nous le moyen d’encourager les évolutions scientifiques et ainsi de booster l’innovation et le développement de solutions avancées.

Pouvez-vous nous donner votre avis quant à l’apport de la plasturgie pour le secteur du médical ?

Je constate au fil des années un apport de la plasturgie de plus en plus important sur le secteur du médical, notamment avec l’essor des procédés de fabrication additive. Cette technique offre désormais la possibilité de fabriquer des pièces pour des applications diverses et notamment la conception d’implants médicaux. Derrière la grande liberté et facilité de création qu’offre l’impression 3D, se cache également une grande technicité du procédé, qui permet de développer rapidement des pièces complexes. J’ai cependant conscience qu’il reste encore beaucoup de travail, notamment autour des questions de nettoyage de ces surfaces, et de leur spécification. En effet, aujourd’hui les matières sont telles que certains polymères peuvent engendrer des problématiques de contamination.

Actuellement, des matériaux comme le polycarbonate ont la particularité d’adsorber de la contamination moléculaire et de relarguer cette contamination ultérieurement. Ce phénomène de sorption-dégazage, très connu dans l’industrie semi-conducteur, est représentatif des problématiques de contaminations croisées qui peuvent être rencontrées lors du stockage de tranches de silicium dans les boitiers en polycarbonate. D’où la nécessité de mettre en place un processus spécifique pour extraire cette contamination "piégée" dans la matière. Dans certains cas, la mise au point d’un procédé de nettoyage adapté permet de résoudre la problématique du client. Ainsi, nous avons à cœur d’échanger régulièrement avec eux pour être en capacité de leur proposer des solutions innovantes, répondant à leurs besoins. Cette relation de proximité est essentielle pour notre travail, cela explique que nous ayons des clients fidèles avec lesquels nous travaillons depuis des années. Notre capacité à rester informés et à obtenir les informations à la source nous permet d’avoir une bonne vision de notre métier et de nos secteurs d’activité. Un recul nécessaire pour continuer à innover et à faire avancer notre profession

 
Plastilien - Janvier-février 2019
Plastilien - Janvier/février 2019

Ce témoignage est extrait du dossier sur les dispositifs médicaux