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02 octobre 2019

[Fier d'être plasturgiste] Interview d'Alain Palisse, Président du groupe ORIGE (AdduXi)

Et si en cette rentrée, nous consacrions de la visibilité à celles et ceux qui incarnent notre filière au quotidien : dirigeant(e)s, collaborateurs, apprenants ? Fier d'être plasturgiste... Une passion industrielle et humaine.

A l’heure du « plastic bashing », je pense que nous devons répéter sans cesse qu’il s’agit d’une filière industrielle très technologique, éco-friendly et pionnière en matière de protection de l’environnement

Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours professionnel ?

J’ai 66 ans et je suis juriste de formation. Pendant ma carrière, j’ai été dirigeant de sociétés et cadre commercial en Afrique (Gabon). De 1985 à 1991, j’ai été Secrétaire général puis Directeur général adjoint de la société Mercier Plastiques à Oyonnax. C’est ainsi que je suis arrivé dans le Haut Bugey.

En 1991, j’ai créé, ex nihilo, associé au Groupe DTP Holding la société SR2P à Bellignat que j’ai dirigée jusqu’en 1996. Je suis également Président fondateur du Groupe ORIGE (AdduXi) depuis Septembre 1996. Nous avons une filiale suisse installée à Martigny (Valais) depuis 2001, une filiale commerciale avec 5 personnes installée à Balingen (Baden Wurtemberg) créée en 2002, et une filiale commerciale à Madrid créée en 2007 avec un ingénieur commercial, responsable également des clients hispanophones.

Nous avons ouvert une unité de production aux USA qui est opérationnelle depuis 2014 et une filiale à Shanghai en 2017. Par ailleurs, j’ai été juge consulaire, vice- Président du Tribunal de Commerce de Bourg en Bresse pendant 6 ans et Président du Medef de l’Ain de 2015 à 2018. Je suis également Conseiller du Commerce Extérieur de la France depuis 2007 et Président du Forum Économique Rhodanien depuis 2014.

Qu’est-ce-qui vous a conduit vers la filière plasturgie et composites ?

J’ai quitté le Gabon début 1985 pour rejoindre une société allemande basée à Münich spécialisée dans les produits dérivés du caoutchouc (réparations de bandes transporteuses, de pneumatiques VL, PL et Génie Civil) puis je suis arrivé à Oyonnax fin 1985 à la demande du Président du groupe pour redresser la situation de Mercier Plastiques créée en 1952, et pionnière de la transformation de thermoplastiques à hautes caractéristiques mécaniques et thermiques.

Quelles sont les spécificités de votre métier / activité de votre entreprise qui vous enthousiasment le plus au quotidien ?

J’ai une passion pour l’observation des marchés automobiles et pour le management d’équipes très différentes des profils côtoyés pendant mon parcours académique. Ce qui me motive c’est la quête constante de la nouveauté. J’ai aussi le goût et un engagement fort et constant pour l’international. L’esprit d’équipe dans une entreprise performante, c’est la capacité à agréger les talents, à soigner le recrutement et le management des collaborateurs à tous les niveaux. L’international est une nécessité. Il est notoire que les entreprises qui performent le plus sont soit exportatrices, soit implantées à l’international, soit les deux.

Encore faut-il avoir un intérêt à agir, une clientèle internationale, qu’il faut prospecter, et une solidité financière apparente pour réussir. L’Hexagone ne suffit plus, en termes de taille de marchés, à permettre un développement important et harmonieux. Il faut donc se préparer soigneusement à ce qui devient une révolution culturelle dans l’entreprise. Pour une PME ou une jeune ETI, cette préparation peut représenter 5 ans d’efforts ou plus. C’est encore plus vrai pour la qualification de fournisseur global que notre groupe s’attache à construire au quotidien.

Au-delà de l’implantation les difficultés seront de même nature et de forme différente en fonction des spécificités des pays, de la formation des équipes, de l’antériorité du tissu industriel et de son mode de fonctionnement . L’International est tout sauf une routine. Relever ce challenge quotidien est en soi un sacré défi.

Quel est votre prochain objectif professionnel et votre ambition pour notre filière ?

L’objectif de notre pays de relocaliser en Occident une partie de nos savoir-faire et de nos activités, est d’être en phase avec les attentes de nos salariés et notamment les plus jeunes d’entre eux

L’objectif de notre pays de relocaliser en Occident une partie de nos savoir-faire et de nos activités, est d’être en phase avec les attentes de nos salariés et notamment les plus jeunes d’entre eux. Je suis toujours étonné par la rapidité des mutations sociétales que nous vivons depuis 10 ans dans nos entreprises à l’ère de la transition numérique. Ces mutations sont brutales et souvent mal assimilées en raison du fait qu’elles sont mal comprises car mal expliquées. Un effort réel de pédagogie et de communication doit être la mission de ceux qui sont « initiés » pour ne pas donner l’impression d’une verticalité de la décision. Dans toutes les filières, y compris les plus scientifiques, réaffirmer dès l’école primaire la place de l’humain dans le quotidien, stigmatiser les objectifs de courte vue, les postures et les peurs sans fondement. Enfin adapter la nouvelle industrie à la réalité de nos vies quotidiennes.

Fier d’être plasturgiste, qu’est-ce-que cela évoque pour vous ?

Cela fait écho à mon admiration pour les entrepreneurs de notre région longtemps à l’écart des grands axes, mais qui ont su inventer, innover et franchir les frontières du département. A l’heure du « plastic bashing » du « diesel bashing » (etc.), je pense que nous devons répéter sans cesse qu’il s’agit d’une filière industrielle très technologique, éco-friendly et pionnière en matière de protection de l’environnement. Il est navrant de constater une telle confusion des esprits doublée d’une certaine ignorance de nos métiers et de notre vraie contribution à l’industrie.

 

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285 Impasse des Peupliers
PI Sud Ouest
01100 Bellignat
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