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19 décembre 2018

Accélérer la transition malgré la tempête

2018 aura été une année tumultueuse pour notre filière plasturgie et composites. C’est le moins qu’on puisse dire ! Jamais, le plastique n’a subi autant d’attaques en si peu de temps. Entre polémiques médiatiques à répétition, publications d’ouvrages à charge, ONG à la manœuvre et projets de loi où taxes, interdictions, quotas s’empilent, la matière plastique devient brutalement une mal-aimée de nos sociétés de consommation là où elle était encore appréciée il y a peu de temps.

Qu’on s’en satisfasse ou qu’on s’en agace, ce virage sociétal est enclenché au niveau mondial. Il serait mortifère pour notre profession de vouloir l’ignorer et de passer outre même si les détracteurs du plastique avancent souvent des arguments très émotionnels, peu nuancés et simplifiés à l’excès.

A la Fédération de la Plasturgie et des Composites, nous avons immédiatement pris conscience de cette redistribution des cartes où l’image du plastique et la réputation de nos métiers sont chahutées. Ce challenge a été au cœur de nos discussions lors de notre séminaire administrateurs en juillet 2018 à Paris. Nous avons d’ailleurs organisé des ateliers avec nos adhérents pour réfléchir collectivement à la façon de se positionner pertinemment dans le débat et de ne pas subir ce « plastic bashing » qui confine parfois à l’irrationnel.

D’autant plus que nous n’avons pas attendu celui-ci pour entreprendre quantité d’actions autour du recyclage et de l’économie circulaire. Pour mémoire, rappelez-vous les engagements volontaires que, nous les industriels de la plasturgie à travers 40 entreprises signataires, avons annoncé au début de l’été. Ceux-ci vont permettre d’incorporer plus de 600 kt de matières plastiques recyclées (MPR) en 2025. Cela contribuera aussi à réduire encore plus l’empreinte carbone des produits en les intégrant complètement dans la boucle de l’économie circulaire.

Pour autant, nous sommes en train d’intensifier en parallèle notre stratégie de communication. Nos actions sont citoyennes et vertueuses mais cela doit se savoir et ne pas être occulté par un brouhaha activiste qui biaise et brouille la compréhension des vrais enjeux autour du plastique. Avec le concours d’experts externes, nous sommes sur le point d’achever un audit qui vise à repenser nos canaux de communication. D’abord en interne et parmi nous afin que nous disposions des informations fondamentales sur nos activités et que chacun se sente accompagné et puisse répercuter à son niveau auprès de ces différents interlocuteurs. La réussite de notre mobilisation et de transformation de nos métiers passe impérativement par cette capacité à échanger en permanence plutôt que rester éloignés les uns des autres.

De même, nous augmentons progressivement notre présence auprès de tous les acteurs qui gravitent autour notre industrie. Les donneurs d’ordre et les fournisseurs en font évidemment partie mais nous entendons aussi resserrer encore plus le dialogue avec les pouvoirs publics, le gouvernement, les élus en expliquant nos métiers qui créent de l’emploi, l’importance économique de nos entreprises dans l’ancrage territorial et notre apport à la réduction des impacts sur l’environnement. Cela implique également un dispositif de communication et des actions qui s’adresseront à des publics plus larges incluant des journalistes, des consommateurs, des associations. Nous sommes effectivement dans une période complexe de mutation qui va exiger de nous, des efforts et des adaptations. Tout va encore plus vite que ce que nous avons connu. Pourtant, nous sommes une jeune industrie mais la donne s’accélère.

Nous avons de fantastiques atouts à faire valoir tant au niveau économique, technologique, social et environnemental. C’est à nous de faire sorte que le « plastic bashing » ne soit pas une fatalité mais l’occasion de nous engager encore plus fortement pour demeurer cet acteur innovant et responsable que nous avons toujours été.

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