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Apprentissage

23 avril 2018

Apprentissage : Et si c'était le secret du recrutement dans notre filière ?

L’apprentissage connaît aujourd’hui une mutation importante sur le territoire français. Les mots d’ordre de l’exécutif sont clairs : il faut développer l’apprentissage car cette filière affiche de bons résultats en termes d’accès à l’emploi. Sept jeunes sur dix qui vont au bout de leur contrat trouvent un poste six mois après.

La plasturgie n’a jamais autant souffert d’une pénurie de main d’oeuvre. Selon l’Observatoire Paritaire des Métiers de la Plasturgie, 45% des entreprises déclarent des difficultés sur leur dernier recrutement, principalement en raison d’une pénurie de main d’oeuvre formée. Dévalorisation de l’image de l’industrie, manque de candidats et méfiance durable des employeurs.

Mais, avec l’apprentissage, il y a des patrons heureux ! Quels sont les secrets de cette formule gagnante pour les entreprises de notre filière ? Quels sont les points positifs de l’apprentissage pour les employeurs ?

Tout d’abord, L’apprentissage donne à l’entreprise, l’opportunité d’opérer un réel transfert de ses compétences. En effet, cela permet de former un apprenti à la spécificité de ses métiers, méthodes et process industriels ainsi qu’à sa culture et ses valeurs.

Ce transfert de compétences peut être d’autant plus valorisé si le personnel formateur est proche de la retraite. L’objectif dans ce cas de figure, va être de conserver en interne un savoir-faire, en transmettant à l’apprenti l’expérience solide de son maître d’apprentissage tout en puisant dans ses connaissances théoriques vues en formation. Ici, l’apprentissage a pour objectif de pérenniser la profession.

Le recrutement d’un apprenti peut également permettre à l’entité de renforcer ses équipes en interne durant le temps effectif du contrat. Les rythmes des alternances varient mais les apprentis sont au moins présents 50% de la formation en entreprise. En ce sens, ils renforcent les équipes sur une partie du temps et peuvent constituer un levier pour assurer la compétitivité ou faire face à un accroissement d’activité. Ces ressources supplémentaires peuvent intégrer les équipes déjà en place ou travailler sur le développement d’un projet spécifique. L’apprenti va alors mettre à profit ses connaissances apprises en formation et apporter un regard nouveau sur un sujet qui peut être stratégique pour l’entreprise : une nouvelle technologie, par exemple.

Les apprentis représentent aussi un avantage pour notre filière industrielle car ils peuvent aider les entreprises à se renouveler. Beaucoup d’employeurs apprécient la capacité d’adaptation, l’énergie, la curiosité et la motivation des jeunes qui entrent en apprentissage. Ils assimilent très vite les connaissances et apportent un nouveau regard sur les méthodes de travail. Un alternant apporte une méthodologie, un cadre et une culture pouvant être génératrice de nouveaux projets.

Enfin, un grand nombre d’entreprises recrutent des collaborateurs en apprentissage pour anticiper les besoins en ressources humaines. L’apprentissage va représenter un « pré-recrutement » permettant de valider le projet professionnel du jeune, son intégration dans l’entreprise et pour l’employeur, le savoir-être, les compétences et l’investissement de cette ressource au sein de sa structure.

« ARaymond est une société industrielle française de dimension internationale, créée en 1865. Cette société fabrique et propose des produits pour la fixation dans les domaines de l'automobile, la santé, l'agriculture, les énergies renouvelables et l'industrie. Son siège social se situe à Grenoble dans l'Isère.

L’apprentissage, je connais bien ! J’ai moi-même un BEP et BAC PRO Plasturgie que j’ai effectué au lycée Vaucanson à
Grenoble. J’ai par la suite réalisé un BTS en Plasturgie en alternance au CIRFAP Lyon dans une entreprise à Ruy (38). Pour compléter ma formation dans ce domaine, j’ai effectué une licence professionnelle en alternance dans l’ingénierie produit
process à l’université de Grenoble dans une entreprise de Saint Marcellin (38).

J’ai fait le choix de l’apprentissage car cela m’a apporté une grande ouverture vers le monde professionnel et une connaissance de l’entreprise en termes de productivité, de technicité, d’organisation, de qualité… Mais également mes « papas de la plasturgie » (R et H pour ne pas les citer), mes tuteurs très techniques ont su me motiver et prendre du temps pour me guider. C’est grâce à eux que j’en suis là aujourd’hui et je les côtoie très régulièrement encore 15 ans après.

En tant que Responsable adjoint de production, j’ai moimême, eu l’occasion d’accueillir 2 apprentis du CIRFAP et de reproduire le modèle dans lequel j’ai évolué ! En effet, l’apprentissage apporte de la jeunesse au groupe Araymond mais surtout un élan de nouvelles personnes formées en plasturgie car notre secteur n’est malheureusement pas une filière très courtisée contrairement à l’informatique ou autre…

Il ne faut toutefois pas se tromper car l’Industrie d’aujourd’hui est une véritable Industrie 2.0. Dans le cadre de mes fonctions, je suis constamment connecté à la production depuis mon bureau et je vois tout ce qu’il s’y passe ! La plasturgie a bien changé depuis ma première année de BEP.

Mon rôle de tuteur me permet aujourd’hui de montrer, former, guider, faire confiance, collaborer. Un jeune qui arrive dans la filière est comme un nouveau-né. Je suis papa aujourd’hui de deux magnifiques enfants que je vais également guider dans la vie. Si prochainement j’ai un apprenti, je ferai de mon mieux pour le pousser à l’excellence un peu comme moi il y a 15 ans avec mes « papas de la plasturgie ».

Ce type de formation constitue un véritable vivier contre la pénurie de main d’oeuvre actuelle. Il est vrai qu’il est de plus en
plus difficile de trouver du personnel formé, sur le marché de l’emploi pour répondre à nos besoins. Je pense vraiment qu’il
ne faut pas hésiter à communiquer sur ce secteur innovant et en pleine évolution, mais je sais que les différents acteurs de notre filière ne relâchent pas leurs efforts à ce sujet.

Une fois entré dans la filière plasturgie, on ne veut plus la quitter ! »


Guillaume Bouget Lavigne
Responsable Adjoint de production Chez Araymond life