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Trophée Andros : Benoît Cornillac à la rencontre des jeunes

16 janvier 2019

Trophée Andros : Benoît Cornillac à la rencontre des jeunes

Benoit Cornillac, Chef d'Entreprise chez APIRA Plasturgie a participé à la première épreuve du trophée Andros 2018-2019 à Val Thorens.

Cela fait plusieurs années que vous êtes présent sur le trophée Andros, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Benoit Cornillac

D’abord, je dirais que cela m’évoque des souvenirs. J’ai travaillé pendant un temps pour Opel, qui avait notamment le pilote référent de ce Championnat, Yvan Muller, qui a remporté 10 fois le Trophée Andros en 11 participations. Je suis heureux de voir Aurélien Panis suivre ses traces.

 

Le trophée Andros, c’est également l’occasion de donner une vision dynamique et moderne de la Plasturgie. Le sport automobile permet d’attirer les jeunes et de nous rapprocher d’eux. Nous pouvons alors valoriser les métiers de la plasturgie. J’ajouterais qu’étant de Savoie, c’est une fierté de montrer le savoir-faire de mon département, ici à Val Thorens, et de mettre en avant les entreprises de plasturgie de Savoie (bien qu’en petit nombre).

Pourquoi vous êtes-vous impliqué dans cette démarche ?

Parce que comme tous les industriels, et je parle de l’industrie en général et pas que la plasturgie, nous avons besoin de jeunes pour assurer la pérennité de notre industrie. C’est important que les jeunes connaissent notre univers, nos métiers. Ils apportent avec eux une vision fraiche, nouvelle, qui permet de faire évoluer nos domaines d'activité.

Pourquoi à vos yeux est-il important aujourd’hui de renforcer l’attractivité la filière plasturgie ?

Aujourd’hui, notre filière souffre d’une image dégradée. Nous, industriels, chefs d’entreprise, nous nous devons de faire changer les états d’esprit. Trop souvent, le choix des filières « technologiques » est un choix par défaut. Nous sommes ravis d’avoir des jeunes que nous allons accompagner, former, à qui l’on va transmettre notre passion, notre métier. Mais nous avons aussi besoin de « bons élèves », de passionnés. Notre métier est de plus en plus pointu, avec des machines très techniques, et des paramétrages de plus en plus compliqués. C’est pourquoi il faut redorer le blason de ces filières, que les jeunes soient fiers de les avoir choisies.

Avez-vous mis en place au sein de votre entreprise des actions spécifiques pour développer l’attractivité de votre entreprise ? Si oui lesquelles ?

Oui, j’organise régulièrement des visites de mon entreprise (APIRA Plasturgie) auprès d’écoles et de lycées. Par exemple, les jeunes ingénieurs de Polytech Chambéry sont venus 2 fois. Je souhaite leur faire découvrir la plasturgie, qu’elle fasse partie des choix possibles pour les spécialisations après leur formation initiale d’ingénieur, au même titre que l’électronique, la métallurgie, …

Nous accueillons également régulièrement des jeunes du Lycée Pravaz (Pont de Beauvoisin) qui sont en « maintenance industrielle ». Les lycéens sont souvent surpris. Ils ne réalisent pas à quel point le plastique fait partie de leur quotidien, au-delà des « Tupperware » et autres plastiques bien connus. Ils n’ont également aucune idée de la manière dont les objets en plastiques sont fabriqués. Mon job est donc de les sensibiliser à cela, de susciter un intérêt, d’enlever un nombre important de préjugés. Les plastiques permettent des économies d’énergie importantes, ont des propriétés uniques, il est aujourd’hui impossible de s’en passer. J’essaye de leur faire comprendre que le problème n’est pas la matière, mais le comportement de tous. Faire les bons gestes au quotidien, en faisant le tri et permettant le recyclage, doit être notre priorité actuelle. Nous avons une matière magnifique qui se recycle facilement, il faut en profiter.

Ces visites sont également l’occasion pour les lycéens de toucher du doigt le concret de nos métiers. Ils échangent avec mes collaborateurs, sont curieux, et découvrent le quotidien d’une personne travaillant dans la plasturgie.

Trophée Andros : Benoît Cornillac à la rencontre des jeunes

Qu’est-ce qui vous a surpris lors de vos échanges avec les jeunes ?

C’est à quel point ils peuvent être curieux, avides d’apprendre. On a su susciter l’intérêt pour nos métiers. Je pense aujourd’hui que les jeunes sont livrés à eux-mêmes dans le choix de leur future profession. Ces expériences permettent de toucher le concret d’un métier. Ils peuvent se projeter et s’imaginer travailler dans nos entreprises. C’est pourquoi ces rencontres sont si importantes. 

Que leur dites-vous ? Les jeunes ont-ils beaucoup d’aprioris sur la filière plasturgie ?

Comme je l’ai dit auparavant, les jeunes ont avant tout une méconnaissance de notre filière et beaucoup d’a priori sur le « plastoque ». Je m’attache donc à leur présenter les différentes techniques de fabrication. Je leur apprends également que le plastique vient bien évidement du pétrole, mais aussi de matières végétales. Ce point est important, notamment pour ceux qui se destineront aux filières de conception, afin qu’ils intègrent les plastiques et composites biosourcés dès la conception de leur pièce, notamment car ceux-ci ont des propriétés différentes. Cela permettra également à des fabricants de matières premières de se positionner pour l’approvisionnement.

Ont-ils une idée de ce qu’ils vont faire plus tard ?

Comme je l’ai dit plus tôt, de plus en plus, les jeunes sont souvent orientés dans des filières par défaut, et non par choix. Aujourd’hui les jeunes ne savent pas ce qu’ils vont faire plus tard. C’est à nous de mettre en avant notre filière, de leur montrer en quoi pourrait consister leur métier plus tard, de leur donner un but, une vision. C’est pourquoi les visites d’entreprises sont un formidable outil pour les sensibiliser et leur montrer notre quotidien.

Sur les étapes du trophée Andros, vous avez le camion Puxi avec vous, en quoi est-ce un plus ?

Je dirais déjà que cela nous permet d’avoir un lieu chaud au cœur du trophée Andros ! Plus sérieusement, Puxi est un superbe outil. Il nous permet d’emmener une petite usine avec des presses n’importe où en France, même en pleine tempête à 2500m d’altitude. J’en reviens au concret et à notre quotidien. Nous pouvons le montrer aux élèves, les surprendre, susciter l’intérêt, éveiller la curiosité et chasser les stéréotypes. 

Pour conclure, comment résumeriez-vous ces rencontres ?

Je dirais que c’est un plaisir de partager notre quotidien de plasturgiste avec les jeunes. On en ressort avec le sentiment de les avoir aidés, éclairés sur notre filière, nos savoir-faire. Si l’on a pu contribuer, à notre échelle, à leur permettre de faire un choix éclairé pour leur formation, alors je peux dire que notre contrat est rempli. C’est une fierté pour nous que de leur donner des clés, des outils pour les aider à avancer dans leur vie professionnelle et personnelle.

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